vendredi 1 mai 2026

Mensuel Mai 2026 - N°401

 Mensuel de diffusion d’informations sur l’oralité,

les conteurs et les raconteurs.       

Mai 2026 – N°401

 

P 912122 Bureau de dépôt OUPEYE 4680  

Editeur responsable : Marie-Claire Desmette, av. E. Ysaÿe, 32/224 4053 Embourg

 

Au sommaire, ce mois-ci:

- Articles

- Spectacles – Veillées – Balades

   Repas - Emission

- Formations – Atelier

- 7 histoires !!!   

 

 


 

 

Maison du Conte de Liège

 

La 401ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes

 

quand ? le vendredi 8 mai 2026 à 20h         où ? Théâtre à Denis, 302, rue Ste Marguerite, 4000 Liège

combien ? 4€                                                pour qui ? tout public

infos, inscription pour conter : reservation maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83

           pas d’inscription pour assister.

Inspiration non obligatoire : maison, cabane, refuge.  Votre inspiration à vous sera la bienvenue.

 

Maison du Conte de Liège

 

La 402ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes

 

quand ? le vendredi 12 juin 2026 à 20h         où ? Parc de Colonster, avenue des Erables, 4000 Liège

combien ? 4€                                                  pour qui ? tout public

infos, inscription pour conter : reservation maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83

           pas d’inscription pour assister.

Inspiration non obligatoire : Contes créoles.  Votre inspiration à vous sera la bienvenue.

 

Maison du Conte de Liège

 

Atelier Conte – Voix – Rythme – Présence par Valer’Egouy et Suzel Barabaroux

 

quand ? les 13 et 14 juin, de 9h30 à 16h30                     où ?  Beaumur, rue du Beaumur, 4030 Grivegnée

combien ? 140€                                                               pour qui ? à partir de 16 ans.  Pas de prérequis

Infos, inscription : 0476/653.783 ; cdidelot@hotmal.be

Entrer dans l’art du conte en Martinique.  Explorer l’art de raconter.  Faire vivre une histoire. Capter l’écoute.  Faire résonner la parole.

  

Maison du Conte de Liège

 

Krik ? Krak ! par  Valer’Egouy

 

quand ? le 13 juin à 19h30                où ? Auditoire du CRIE, parc du Jardin Botanique, rue Fusch, 3, 4000 Liège

combien ? prévente : 15€/18€/étudient : 12€                pour qui ? Tout public

Contes vivants de Martinique

                    

Souvenir, souvenirs

 

Edito


La veillée scène ouverte de la Maison du Conte de Liège. C’est ce soir la 400ième veillée.

 

C’est une conterie à mots ouverts.

A date plic et ploc, puis le 7, d’autres dates naîtront.

Des endroits différents, des ambiances, des rencontres, des moments, des paroles, des souvenirs à foison. 

On se gare, on presse le pas, pour ne pas être en retard d’histoire. On pousse la porte, on entend la rumeur du public qui bruisse. L’accordéon de Philippe guide l’entrée dans le théâtre, abri d’imaginaire, sauvegarde de mondes parallèles.

Les légendes diront la langue des mots, langue de chat pour langue de mots.

En français, en néerlandais, en espagnol, en wallon de Tournai, en wallon d’ailleurs, en langages divers, dix vers certes !

Simples instants remplis de silence et de chant de parole, au souffle d’accordéon, en corde de guitare, en chanson de Gaëtane, en mélodie de Cécile.

La soirée sera longue, étirée d’univers, 8 conteurs et une Carte Blanche. On se couchera tard ce soir. On en n’est pas encore là !

Le temps morcelé s’arrête de fuir. On se parle, on suspend l’horloge, on patiente le dire.

“Il était une fois". 

Chut, le récit s’invite.  Michelle Troupin.

? Lorsque je raconte des histoires à mes enfants, peu importe que ce soit vrai ou pas, l’important est que je partage avec eux un moment joyeux et que je leur transmette une partie de ma vie, enjolivée ou pas.

Saphia Azzeddine.

 

400 Encore !

 


La Symbolique Hébraïque (La Gematria)

Dans l'alphabet hébreu, chaque lettre possède une valeur numérique. Le 400 correspond à la lettre Tav (ת), qui est la toute dernière lettre de l'alphabet.

L'Achèvement : Comme c'est la dernière lettre, elle symbolise la fin d'un cycle, la perfection ou le sceau de la Création.

La Vérité : Le mot hébreu pour "Vérité" (Emet) se termine par Tav. Le 400 représente donc l'ancrage final d'une idée dans la réalité physique.

Les Références Bibliques et Historiques

Le chiffre 400 revient souvent pour marquer des périodes de transition ou d'épreuve :

L'Exil : Dans la Genèse, Dieu annonce à Abraham que ses descendants seront étrangers et opprimés pendant 400 ans avant d'être libérés.

Le "Silence" : On parle souvent des "400 ans de silence" entre le dernier livre de l'Ancien Testament et la naissance de Jean le Baptiste/Jésus dans le Nouveau Testament.

Géométrie et Astronomie

C'est ici que le 400 devient presque "magique" par une coïncidence cosmique assez troublante :

L'Éclipse Totale : Le Soleil est environ 400 fois plus grand que la Lune, mais il se trouve aussi environ 400 fois plus loin de la Terre. C'est grâce à ce rapport précis que, vus depuis notre sol, les deux astres semblent avoir la même taille, permettant aux éclipses solaires totales d'exister.

Le Calendrier : Le calendrier grégorien (le nôtre) suit un cycle complet de 400 ans. Le nombre de jours sur cette période est exactement de 146 097, soit un nombre entier de semaines. Le calendrier se "réinitialise" donc parfaitement tous les 4 siècles.

Particularités Mathématiques

Si vous aimez les chiffres pour leur structure, le 400 est un carré parfait :

$$20 \times 20 = 400$$

En numérologie, on le réduit souvent à 4 ($4 + 0 + 0 = 4$). Le 4 est le chiffre de la stabilité, de la structure (les 4 points cardinaux, les 4 éléments, les 4 saisons). Le 400 serait alors une version "amplifiée" de cette stabilité, une fondation inébranlable.

 

En résumé :

Le 400 est le chiffre de la clôture, du passage du temps et de l'équilibre parfait entre le ciel et la terre. C’est un nombre qui dit : "Le cycle est terminé, la structure est en place."

 

 Par Sylvianne Mahieu. Mais ce n'est pas de moi, c'est de Gemini qui vous félicite pour vos 400 numéros. On peut être (parfois) une intelligence artificielle et ne pas être tout à fait artificiel. 

Grottes

Le thème de ce numéro étant : caverne, maison, abri, asile, je me suis interrogée sur tous ces mots.

Qui n’a pas visité au moins une grotte ? Chez nous, en Belgique, nous sommes gâtés mais rien à voir avec nos voisins français !

Qui n’a pas lu une histoire où une caverne sert de repaire, d’asile, de refuge, d’endroit pour y déposer un trésor, un butin ?

Nos premiers livres d’histoire nous ont appris que les premiers hommes, dits « homme des cavernes » résidaient dans des grottes. Affirmation qui s’est révélée, au fil des découvertes, fausse. Nos ancêtres ne résidaient pas dans des grottes mais ils y passaient notamment pour y peindre de merveilleuses fresques, animalières pour la plupart.

Grottes ou cavernes, ces endroits étaient très prisés par les ours, les tigres à dents de sabre et autres animaux de notre préhistoire.

En revanche, pour nos ancêtres, leurs « maisons » se situaient à l’entrée d’une grotte (sans occupant dangereux) ou au pied d’un encorbellement de falaise ; c’est ainsi que les scientifiques les nomment « abris sous roche ». 

Mais au fait, quelle est la différence entre grotte et caverne ?

Le mot grotte est réservé pour désigner des cavités naturelles, creusées par le ruissellement d’eau acide dans des terrains calcaires par exemple.

Une caverne est aussi une cavité naturelle ou originellement naturelle, mais comportant une connotation liée à l’activité humaine, à une présence animale ou encore associée à un mythe. On parle ainsi d’homme des cavernes, d’ours des cavernes ou encore de la caverne du cyclope Polyphème dans l’Odyssée.

Dans la Grèce antique, l’allégorie de la caverne de Platon est célèbre ainsi que l’épisode vécu par Ulysse et ses compagnons dans la caverne du cyclope. (Ulysse crève l’œil du cyclope Polyphème ; celui-ci lui demande son nom et Ulysse lui répond : personne. Ses compagnons cyclopes lui demandent qui est l’auteur, mais entendant que ce n’est personne, se désintéressent de son sort…).

 

L’homme a toujours eu besoin d’un abri, d’un endroit pour se reposer, manger, dormir, etc… et il a fait preuve au fil des siècles d’une inventivité à nulle autre pareille, sachant tirer profit de ce que la nature lui offrait ainsi que de son intelligence pour se créer cet espace indispensable.

Le mot asile, lui, est évocateur de plusieurs choses.

 

Il y a, bien sûr, l’asile pour les fous, les « insanes » comme on disait auparavant et aussi : « chercher asile » ce qui nous amène à ces cohortes de réfugiés de tout bord qui fuient la guerre, la famine, les persécutions et autres avanies pour nous demander asile…

 

Rien de tel que la chaleur d’un foyer accueillant. Home sweet home comme disent nos voisins britanniques.

 

 HERBIET Marie-Noëlle.  D’après diverses sources


Nouvelles du monde du conte

Palmarès du Concours d’écriture de conte du Centre Culturel de Philippeville :

Encore un immense bravo et un grand merci à celles et ceux qui ont « construit » la finale de Passe-moi l’expression !

Arnaud Demuynck, Prix de l’Expression consacrée ! avec Le veilleur du toit

Lucie Bauduin, Prix  « C’est un beau moment… c’est une belle histoire ! » avec Nos abris

Finalistes également… :

Joannie Thys (Chapeau suspendu)

Luciano Panepinto (Rien ne change)

Morgane Moriau (Le toit de mes rêves)

Luc De Meester (Un toit pour nouer nous)

…sans oublier, les aînés de

La Résidence Vauban (Ne m’oublie pas)

 

 

Spectacles – Veillées – Balades – Repas – Emission

 

 

Racontance

 

- le jeudi 30 avril à 19h30. Les Zapéro-contes Charleroi 

      au Livre ou Verre, 6, passage de la Bourse - 6000 Charleroi.   Participation au chapeau.

      Infos au 0477/22.89.39. Inscriptions pour conter : zaperocontes.carolos@gmail.com

Cette soirée scène ouverte aux conteurs est animée par Ahmed Hafiz.  Réservations non obligatoires.

 

- le vendredi 8 mai à 20h, Tout feu tout femmes, avec Morgane Moriau et Pascale Veldeman.

     à l'Ultieme Hallucinatie, 316 Rue Royale -1210 Bruxelles. Participation au chapeau.

     Réservations uniquement par mail : racontance@hotmail.com

Dans un voyage vibrant et inattendu, découvrez comment les femmes peuvent changer la musique du monde : à travers des récits teintés de mystère, de transmission et d’audace.

 

- le vendredi 15 mai à 20h Les Zapéro-contes Bruxelles

     à l' Ultieme Hallucinatie, Au 316 Rue Royale – 1210 Bruxelles. Participation au chapeau.

     Infos et Inscriptions pour conter  : racontance@hotmail.com 

     Pour le public infos et réservations vivement conseillées via le site : www.racontance.be ou par mail. 

Cette soirée scène ouverte aux conteurs est animée par Dominique Brynaert.

  

Maison du Conte de Liège

 

La 401ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes

 

quand ? le vendredi 8 mai 2026 à 20h         où ? Théâtre à Denis, 302, rue Ste Marguerite, 4000 Liège

combien ? 4€                                                pour qui ? tout public

infos, inscription pour conter : reservation maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83

           pas d’inscription pour assister.

Inspiration non obligatoire : maison, cabane, refuge, asile.  Votre inspiration à vous sera la bienvenue.

 

- Le 9 mai à 14h., Contes venus d’Afrique par Jeann Godenne

     La Scène, B3 Centre de ressources. Place des Arts, 1 – 4020 Liège 04 / 279.54.00
     Renseignements :
jeanne.godenne@provincedeliege.be    04/279.52.73

Dans les pays d’Afrique, la tradition orale a longtemps survécu.  Le patrimoine est riche. Les histoires, les proverbes font encore partie de la vie quotidienne, et les contes sont savoureux, subtils, profonds ou amusants.

Le système de réservation depuis novembre est informatisé, via le site du B3. Pas de stress, si ce système ne vous convient pas, venez tout simplement : en fin de séance, je compterai les personnes non inscrites et voilà tout.

 

Maison du Conte de Charleroi

 

SPÉCIAL ENFANTS/FAMILLES – AU POCHE THÉÂTRE :

 

- le samedi 16 mai à16h00, Le violon vagabond par Cécile Blondeel.  Goûter conté

     Poche Théâtre de Charleroi. Public : enfants à partir de 6 ans. 8 €/enfants et 10 €/adultes (collation incluse)

Un voyage conté plein d’imagination. Du bout de son archet, les histoires s’envoleront et la musique des mots dansera au son du violon.

 

- le dimanche 17 mai à 10h30, À dos de tortue avec Raphaëlle Bouillon et Piwi Leman,

     Poche Théâtre de Charleroi. Public : enfants de 1-5 ans. 8 €/enfants et 10 €/adultes. Doux dimanche conté

Au son de cordes, d’accordéon ou de percussions, 2 voix s’accordent pour conter, chanter et murmurer de petites histoires qui vous feront rire, danser, rêver.

 

SPÉCIAL ENFANTS/FAMILLES – AVEC NOS PARTENAIRES :

 

- le dimanche 03 mai à 16h30, Déclinaisons maison, cocons… avec Pascalou

      Parcours conté des crèches à Saint Gilles Crèche Ketje 2

 

- le samedi 09 mai à11h00, Contes, éveil musical, lecture vivante, Avec Pascalou

      Bibliothèque de Pont à Celles

Gratuit sur réservation auprès de la bibliothèque : bibliotheque@pontacelles.be  ou par téléphone 071 84 79 74

 

- du 28 au 31 mai, 4e Festival de Contes et de Menteries : laissez-vous transporter !

Préparez-vous à vivre un week-end hors du temps...  le Château de Trazegnies se transformera en un lieu magique où conteurs, artistes et rêveurs partageront leurs histoires, leurs menteries et leur imaginaire.  Tout public.

Au programme : Scène ouverte & cabaret contes, Concours de menteries, Improviconte & spectacles de rue,

Balade contée avec les chèvres, Jeux et spectacles pour enfants, Animations musicales

Infos & Billetterie : Restez connectés ! Le programme détaillé et les modalités arrivent très bientôt.

 

Sans oublier notre émission Raconte & Nous sur Buzz Radio 94.3 & 97.8 FM ou sur www.buzzradio.be :

Lundi 11 mai 18h00 - au programme : prochain Festival de Conte et de Menteries au Château de Trazegnies du 29 au 30 mai, et... notre invité surprise.

 Graine de conte

Une petite sieste

Non pas dans une maison, une cabane ou une caverne ou un quelconque asile.  Mais quand même dans un endroit confortable. 

L’histoire se passe en Australie, sans doute près de la mer.  Un phoque dort au soleil, sur une route, étalé sur l’asphalte bien chaude.  La circulation est interrompue.

L’histoire ne dit pas si le phoque revient régulièrement sur sa portion de route.  S’il y a amené ses copines et ses copains phoques.

 

Divers médias ont relayé l’information.

 

Formation – Atelier

 

Théâtre de la Parole

 

- Les 23, 24, 25 mai 2026, Dire l'écrit par Odile Burley.

     Théâtre de la parole – 7d rue du Rouge-Cloître – 1160 Auderghem

     Infos et inscriptions : ecoleduconte@theatredelaparole.be. Prix : 180€.

Il est demandé aux participants de venir avec deux textes de leur choix, de nature différente et de tous genres littéraires.  Les qualités positives de ces œuvres littéraires sont d’un apport précieux pour des conteuses et conteurs ayant déjà acquis les bases de l’oralité. Ils pourront, dans un va-et-vient entre la littérature écrite et la littérature orale, apprécier davantage la liberté créative dont ils sont les maîtres d’œuvre.

 

 Les 17 et 18 juin 2026, le répertoire du conte à la lumière de l’éthologie par Roxane Ca’Zorzi.              Maison du Prieur (Théâtre de la parole) – 8 rue du Rouge-Cloître – 1160 Auderghem

Infos et inscriptions : ecoleduconte@theatredelaparole.be  Prix : 120€.

Cerner brièvement l’éthologie. Essayer de voir si celle-ci se reflète dans certains « contes d’animaux ». Observer des comportements animaux individuels et collectifs. Construction d’un imaginaire parfois au service de certaines idéologies. Répertoire de contes mettant en scène des animaux, Symbolique.
La matière étant tellement vaste, c’est autour des mammifères et plus précisément de quelques canidés (le renard et le loup) et mustélidés (blaireau, belette, hermine) que nous concentrerons le propos. 

 

Maison du Conte de Liège

 

Atelier Conte – Voix – Rythme – Présence par Valer’Egouy et Suzel Barabaroux

 

quand ? les 13 et 14 juin, de 9h30 à 16h30                     où ?  Beaumur, rue du Beaumur, 4030 Grivegnée

combien ? 140€                                                               pour qui ? à partir de 16 ans.  Pas de prérequis

Infos, inscription : 0476/653.783 ; cdidelot@hotmal.be

Entrer dans l’art du conte en Martinique.  Explorer l’art de raconter.  Faire vivre une histoire. Capter l’écoute. 

Faire résonner la parole.

                       

Un conte pour les enfants.  Un conte aussi pour les grands, un conte philosophique.

 

Le petit chien qui n’aboyait pas

 

 Il était une fois un petit chien tout rond.  Le petit chien tout rond cherche une maison, cherche un ami.  Il arrive près d’une ferme.

Une belle maison, des animaux qui patrouillent dans la cour.  Le fermier décharge du foin avec une fourche.

- Bonjour Monsieur.  Je chercher une maison, je cherche un ami.  Puis-je habiter chez toi ?  Veux-tu être mon ami ?

- Oh ! Oui ! Sais-tu aboyer pour chasser les voleurs ? 

- Aboyer ?  Qu’est-ce que c’est que ça ?

- Tu ne sais pas aboyer ? Alors je n’ai pas besoin de toi.  Ne me fais pas perdre mon temps.  Ouste !

Le petit chien tout rond s’en va tout triste.

- Meuh ! Meuh !  Où va le petit chien tout rond tout triste ?

- Bonjour Madame la Vache.  Je cherche une maison, je cherche un ami.  Le fermier ne veut pas de moi parce que je ne sais pas aboyer.

- Aboyer ?  C’est facile.  Ecoute : meuh, meuh.

- Meuh, meuh.

- Exerce-toi, tu deviendras un aboyeur de première force.

Le petit chien tout rond s’en va meuh meuh.  C’est difficile.

- Quoi ?  Quoi ?  Où va le petit chien tout rond qui meugle comme une vache ?

- Je ne meugle pas comme une vache, Madame la Grenouille, j’aboie.

- On n’aboie pas comme ça !  Ecoute : croa, croa.

- Croa, croa !

- Exerce-toi, tu deviendras un aboyeur de première force.

Croa, croa, c’est difficile.

- Mama mia, où va le petit chien tout rond qui coasse comme une grenouille ?

- Je ne coasse pas, Madame la Chatte, j’aboie.

- Ce n’est pas comme ça qu’on aboie.  Ecoute : miaou, miaou.

- Miaou, miaou.

- Exerce-toi, tu deviendras un aboyeur de première force.

- Miaou, miaou, c’est difficile.

La vielle chienne dort sur la terrasse.

- Un chat ! Où va le petit chien tout rond qui miaule comme un chat ?

- Je ne miaule pas, Madame la Chienne, j’aboie.

- Ce n’est pas comme ça qu’on aboie.  Ecoute : ouah, ouah.

- Ouah, ouah !  Comme c’est facile !  Cela va tout seul.  J’aboie.  Je vais retourner chez le fermier ?  Il n’est pas très gentil.  Madame la chienne, je cherche un ami, je cherche une maison.  Vous ne connaissez pas un ami, une maison pour moi ?

- Le petit voisin Gustave a demandé un chien pour son anniversaire.  Attends-moi ici, je vais m’informer.

La chienne revient :

- Voilà, c’est arrangé.

Le petit chien tout rond a trouvé une maison, a trouvé un ami.

 

M-Cl Desmette. Entendu lors d’un spectacle de conte au Festival de Chiny. Suivi de mon apport personnel

Je vous ai promis un conte philosophique.  La philosophie, la voici :  Il est important de chanter sa propre chanson.

 

L’ immeuble qui déménage.

 

Dans la banlieue chic de la ville, les gratte-étoiles poussent comme des champignons. Toujours une grue, toujours du béton à tourner, toujours plus d’ouvriers. La modernité rugit sa puissance, impose sa présence.

Près du dernier lopin de terre enjolivé d’un étang assoiffé, une construction de haut standing,” pour riche”, est sur le point d’émerger.

Jolie architecture, avec balcon, lumière à profusion, jardinet décoratif. 

“Un édifice qui s’élève doit avoir de solides fondations. “

C’est le mantra que scande tous les matins l’architecte au promoteur, pressé d’engranger les dividendes.

Le bâtiment entend cela et se vexe.

“Un immeuble est …un immeuble. Quel rapport y a-t-il avec des fondations…de la terre collante et de rustres manœuvres. Je me dresse seul et unique !”

L’architecte recommence,” il n’y a pas d'édifice sans fondations solides.”

La résidence se vexe, prend la mouche et décide, sur un coup de tête, de s’en aller mener sa vie loin de ces casse-pieds chaussés de boue.

“Un immeuble est un immeuble, comme un chat est un chat.”

Et, par une nuit sans lune, à minuit précis, la bâtisse se met en route pour d’autres cieux.

Quand elle lève le pied, patatras, elle tombe en ruine.

C’est toujours une histoire de fondation !

 

Par Michelle Troupin, D'après le livre “Fables de la Chine contemporaine”. Editions en langues étrangères 1983.

Commentaire :

D'abord, version yoga, notre corps est un temple, nous nous efforçons d'en prendre soin, de le respecter.

Notre corps, notre esprit est connecté à la terre-mère, à son histoire familiale, patrimoniale, régionale.

Ainsi ancrée dans son terroir, la personne peut s'ouvrir au monde, accueillir le vivant sans perdre ses racines.

 

Mère lapine construit sa maison

 

Avec deux enfants en bas âge, plus question de squatter à droite et à gauche chez un copain ou une copine, de colocation ou autre formule pour jeune en quête de toit et d’aventure.

La maternité rend responsable d’autant que le père s’est fait la malle pour tâter de la biche ailleurs sur la planète.

Maman lapine doit assumer, doit assurer.

Elle dégote un petit coin de paradis entre village et forêt le long d’une rivière sympathique.

Elle amène du bois, des clous et beaucoup de patience. Cela prend forme, un peu désarticulé sur le côté, mais chacun fait ce qu’il peut, avec sa part de talent, même s’il n’en a pas.

 Dame Chèvre vient à passer par-là en allant au marché.

-“ Il vaudrait mieux d’abord établir un rempart au cas où le loup passerait.  Ils sont nombreux dans la région.”

-“ Ce serait vraiment un manque de chance qu’il en passe un. Ce sont toujours les défaitistes qui vous annoncent des catastrophes imaginaires. Mes enfants ont avant tout besoin d’un toit sinon nous serons dans l’embarras.

Après tout, les conseilleurs ne sont pas les payeurs. “

La Maison est construite, joliette, propre et sûre.

Maintenant, maman lapine prépare la terre pour faire un beau potager plein de légumes.

Dame Chèvre vient à passer par-là en allant au marché.

-“Il vaudrait mieux établir un rempart au cas où le loup passerait. Ils sont nombreux dans la région.”

-”Tout s’arrange avec le temps. Il ne faut pas prêter attention aux dires alarmistes des gens.

Il nous faut des légumes sinon mes petits n’auront rien à manger.”

Dame Chèvre s’en va, sans mot dire, un peu désespérée.

Les légumes poussent bien, les petits y goûtent à leur aise. Le printemps est si beau, si coloré.

 

Tout est abondant. La douceur de vivre fait oublier tout danger.

Un matin, entre soleil et chants d’oiseaux, un loup vient à passer.

Il voit le potager, la maison. Il se cache derrière un arbre. Il attend.

Quand la porte s’ouvre, il bondit, ravage le potager, dévore les deux petits.

Maman lapine se souvient alors des conseils de Dame Chèvre.

Il lui reste ses yeux pour pleurer.

 

Michelle Troupin, d'après les « Fables de la Chine contemporaine”. Editions en langues étrangères 1983

Mon interprétation du conte :

On est face à une maman solo, elle fait ce qu'elle peut. Ce qu'elle imagine être le mieux pour ses petits. Peut-être ne lui a-t-on jamais appris à quantifier les dangers de la vie.

Elle met son talent, son énergie dans le primordial, un toit sur la tête et à manger dans son assiette. Elle est complètement centrée sur son amour maternel.

Elle n'a pas conscience des règles de prudence. Elle ne conçoit pas qu'elle laisse de côté la plus élémentaire sécurité. Elle en sera bien punie. Et où est le père pendant ce temps-là ?

                           

Ne pas écouter aux portes.

Notre maison, ”at home”, c’est un lieu où on se sent bien, en sécurité, à l’abri. Un endroit pour manger, travailler, grandir, jouer, s’épanouir, se retrouver, un lieu d’ancrage.

Toit et murs protègent. Portes et fenêtres s'offrent à la lumière du monde extérieur.

Le Tonton est un petit animal à poils drus, aussi agressif que curieux.

Quand il ne dort pas, il passe son temps à écouter aux portes, à surveiller les allées et venues de tout un chacun, à guetter aux fenêtres. Il sait tout sur tout, toutes et tous.

Il tend l'oreille près du seuil, à proximité de la fenêtre entr’ouverte.

Si quelqu’un passe sur le chemin, il fait mine de s’être arrêter pour une pause pipi.

Depuis le temps qu’il espionne, il a fait provision de vraies et fausses vérités, rumeurs, commérages, commentaires, méchancetés.

Perroquet, quant à lui, ne commère point mais parle abondamment de ses affaires, de sa vie, de sa maison, de ses enfants. Il parle haut, il parle fort. Si bien que tout le village est au courant de ses moindres gestes et de toutes ses préoccupations.

Le Tonton adore épier Perroquet. Si l’histoire manque de piment, le Tonton en ajoute, en rajoute jusqu’à plus soif. Soif de commères, j’entends bien !

Perroquet, saturé de ces propos malveillants, s’enflamme et, à mots chuchotés, à mots cachés, prend la décision d'enclencher une terrible vengeance.

Un matin de surveillance ordinaire, le Tonton entend Dame Perroquet aiguiser son couteau.

- “ Chi chi, pas encore assez tranchant. Il faut continuer.”

-”Maman, que vas-tu faire quand il sera bien aiguisé ?”

-”Chut, c’est un secret ! Quand il sera assez coupant, je serai en mesure de savoir tout ce qui se passe chez les voisins, deviner ce qu’ils pensent, les persuader que ma parole est vérité. Allons les petits, voilà le coutelet prêt. Liez-moi avec cette corde afin que je ne puisse plus bouger.

 Couper moi la patte, une oreille et la langue.

Ainsi, la patte tranchée entrera partout, l’oreille tranchée entendra tout et la langue tranchée persuadera chacun que ma vérité est vérité.”

Elle cache sa petite oreille sous les plumes, replie sa patte sous elle.

Le Tonton est dehors concentré sur l'expérience.

-” Je sais que le Tonton est en train de nous observer, je sais ce qu’il pense, je suis capable de le persuader de se faire couper la patte, la langue et l’oreille sans avoir besoin de rien dire.”

Le Tonton est captivé. Il réfléchit. Il se dit que le jeu en vaut la chandelle.  Se faire couper la patte, l’oreille et la langue pour devenir Maître Paroles et Pensées. Un leader d'opinion sans risque de contradiction.

Il rentre chez lui retrouver sa famille.

-”'Ma femme aiguise le couteau, les enfants, liez- moi solidement que je puisse plus bouger. Couper moi la patte, la langue et l’oreille.”

Femme et enfants ne disent mot, femme et enfants s'exécutent. Avec le père, pas le droit à la contradiction. Tonton ordonne, on obéit.

Ils le lient et tranchent donc patte, oreille et langue.

Il apprit, un peu tard, qu’il vaut mieux s’occuper de ses propres affaires plutôt que de vouloir gâter la vie des autres par bêtises et méchanceté.

 

Michelle Troupin, d'après “Ce que content les Noirs”, Olivier de Bouveignes, Collection Durandal      1935

Mon interprétation :

Il y a la rumeur qui court de maison en maison, celle qui abime, qui détruit.

Il y a la méchanceté gratuite, qui fait mal, dont il est bien difficile de se préserver.

Veiller sur les siens, à l'heure des réseaux sociaux, est une gageure. Un souci, une faiblesse, voilà que quelqu'un de malveillant pénètre votre espace intime, votre foyer. On lui accorde plus de crédit qu'à n'importe qui de la famille. Cette dérive peut amener à la catastrophe.

 

Giulia et Kama

  Giulia arrive tout de suite.  Pour Kama, vous devrez un peu attendre.

            Dans une ruelle d’un faubourg de Palerme, il y a un atelier nommé cascatura.  On y rassemble les cheveux tombés, restés accrochés au peigne, coupés.  Tous les matins, Pietro Lanfredi, le patron-propriétaire fait la tournée des femmes des environs à vélo.  Il prend leurs cheveux, paie une petite somme.

            L’atelier est le dernier de la ville, troisième génération.

            A l’atelier, les six ouvrières démêlent les cheveux, en font des mèches, les lavent, sèchent. Sur la terrasse, le patron les teint.  A la fin de la journée, il les porte au perruquier.  A l’atelier, il y a aussi Giulia, sa deuxième fille.  Elle y est à la fois ouvrière et bras-droit du patron.  Elle connaît la procédure de teinture.

            La famille habite une belle maison en ville.  La femme de Pietro, la mama, ne travaille pas à l’atelier.  La fille aînée est mariée, mal mariée à un ivrogne qui boit tout ce qu’elle gagne.  La famille doit l’aider pour que les petits-enfants n’aient pas faim.  La troisième fille est encore aux études.

            Pendant la pause de midi, Giulia va à la bibliothèque communale.  Elle est passionnée de littérature, surtout de poésie.  Elle lit à la bibliothèque.  Pour être plus tranquille, elle va aussi dans une caverne au bord de la mer, où personne ne va.

            Depuis quelque temps, Giulia voit dans la salle de lecture de la bibliothèque un homme jeune, à la peau foncée, avec un grand turban.  Il lit avec application.  Un jour :

- Bonjour, Mademoiselle.  Je suis réfugié.  Je m’appelle Kama. Je parle assez bien l’italien mais j’ai des difficultés avec la langue écrite.  Pourriez-vous me conseiller un livre pas trop difficile ?

Giulia va chercher dans les rayons le premier livre « adulte » qu’elle a lu.  La langue en est simple.

- Voici.  Vous me direz ce que vous en pensez.

            La semaine suivante, ils se revoient.

- J’ai tout compris.  Merci Mademoiselle.

Ils parlent livres, poésie.  Giulia voudrait le rencontrer ailleurs qu’à la bibliothèque.   Mais où ? Comment éviter les ragots, le scandale familial ?  Elle amène Kama dans son antre secrète.

Il est peu bavard. Il parle de son travail à la coopérative de fabrication de l’huile d’olive. Il parle surtout de son pays, le Cachemire, qu’il a dû quitter à cause de persécutions. 

- Je suis sikh.  Les sikhs ne peuvent pas se couper les cheveux et la barbe.  Nous avons un Dieu unique.  Il nous demande une vie intègre et pure.  Les femmes ont la même âme que les hommes.

Giulia parle de l’atelier, de sa famille, des livres qu’ils ont lus, de la poésie.

Un jour, Kama évoque ses parents.  Il se met à pleurer.  Sans se cacher.  Les larmes coulent sur son visage.  Giulia le serre contre elle, essuie ses larmes.  Elle l’embrasse.

- Je t’aime.

- Je t’aime.

Ils se le disent, ils se le montrent, ils le vivent.

            Kama est délicat.  Après l’amour, ils restent longtemps enlacés.  Giulia n’a jamais été si heureuse.  Regrette de devoir cacher son bonheur.  A l’atelier, les ouvrières la taquinent.

- Toi, tu as un amoureux.

            Un jour de malheur, Pietro, le patron, a un accident de Vespa.  Il est hospitalisé.  Giulia retrouve sa famille à son chevet.  Le père est dans le coma.

- Les médecins font ce qu’ils peuvent, ils ne sont pas tout-puissants.  Seul Dieu peut nous aider.

La mama prend son chapelet. 

Tout naturellement, Giulia prend la direction de l’atelier, s’occupe de la teinture, fait la collecte à vélo.

Tous les soirs, Giulia va à l’hôpital.  Les médecins lui ont dit que son père entend peut-être.  Elle lui parle de l’atelier, lui lit des livres.

            L’hôpital a besoin d’un document qui se trouve dans le bureau à l’atelier.  Giulia cherche, ouvre un tiroir après l’autre.  Découvre.  Découvre des reconnaissances de dettes, des rappels de la banque, des factures impayées.  L’atelier est au bord de la faillite.  Giulia est effarée.

            Elle passe une nuit de cauchemar.  Elle doit mettre la famille au courant.  Au matin, elle rassemble sa mère et ses sœurs.  Incrédulité d’abord.  Giulia montre les documents.  Impossible de nier.

- Il faudra vendre la maison pour payer les dettes les plus criardes.

- Qu’allons-nous devenir ?

Pleurs, lamentations.

- Il y a une solution.  Giulia, épouse le fils du coiffeur.  Tu nous sauveras.

Gino est amoureux d’elle depuis longtemps.  Elle n’en veut pas.  Il n’a pas d’idées, pas de délicatesse.  Impossible d’imaginer une vie en sa compagnie.  Nuits de cauchemar.  Giulia s’y résigne.  Elle écrit une lettre mouillée de larmes à Kama.  Je t’aimerai toujours.  Explique la situation, son devoir !  Adieu !  Elle met la lettre sur une pierre dans leur repaire caché.

            A l’aurore, de petits cailloux dans sa fenêtre.  Elle ouvre.  Kama est en bas, lui fait signe de descendre.  Ils vont à la grotte.

- J’ai une solution.  Aux Indes, les pèlerins apportent des offrandes à leur dieu.  Ceux qui n’ont pas d’argent, spécialement les intouchables, donnent ce qu’ils ont, leurs cheveux.  Les prêtres vendent ces cheveux à des hommes d’affaire qui en font des perruques pour le monde entier.  Les cheveux des Indoues sont les meilleurs au monde et font les perruques les plus recherchées.  Tu pourrais aller aux Indes, acheter les cheveux dont tu as besoin.

            Giulia encaisse l’information, réfléchit.  Réfléchit pendant plusieurs nuits.  Elle rassemble sa mère et ses sœurs, avec les ouvrières de l’atelier.  Celles-ci sont enfin au courant.

- Qu’allons-nous devenir ?  Nous ne retrouverons plus jamais du travail, nous sommes trop vieilles.  Et pas de pension !

Giulia explique le projet, argumente

- Jamais. Les Siciliennes veulent des cheveux de Siciliennes   C’est impossible.

- Nous allons voter, toutes.  La majorité l’emportera.

La mère est obstinément contre, la sœur aînée aussi.  La cadette et indifférente.  Quatre ouvrières sont pour.  Majorité pour le projet.  Giulia le maintien, s’occupe de le mettre en œuvre. 

            Elle va à l’hôpital, parle à son père du projet.  Elle lui tient la main.  Elle sent qu’il la serre.  Une illusion ?  Cette nuit-là le père meurt.

Elle prend l’avion pour l’Inde.  Kama a pris contact avec un ami qui sera son guide et son interprète. 

            Giulia va au temple conseillé par Kama.  Elle discute avec les moines, se découvre des qualités de femme d’affaires.  Elle obtient un contrat avantageux.

            Quelques semaines après son retour, arrive un paquet, les cheveux des Hindoues.  Les ouvrières se mettent au travail.  Le résultat est excellent.  Giulia trouve de nouveaux clients, agrandit l’atelier, embauche de nouvelles ouvrières.  L’atelier est devenu une affaire prospère.

            Giulia en a assez de céder aux préjugés.  Elle présente Kama à sa mère et à ses sœurs.

Ils se marièrent, furent heureux et eurent trois enfants.

 

M-Cl Desmette, d’après La Tresse, de Laetitia Colombani, Livre de Poche, Grasset, 2017.

Il paraît qu’il existait des ateliers de ce genre à Liège et ailleurs.

 

Cendrillon impro

 

Il existe au moins 600 versions de l'histoire type 105, pour les spécialistes.  Je choisis celle de Perrault.

Il était une fois un gentilhomme.  Ce gentilhomme a une fille, une jeune fille bonne et gentille.  La jeune fille s'appelle ? On ne sait, Perrault ne lui a pas donné de prénom.

 

Devenu veuf, le gentilhomme se remarie avec une veuve qui a elle-même deux filles.

La marâtre est maintenant maîtresse de la maison.

- Lave la vaisselle !  Récure les escaliers !  Mieux que la dernière fois !  Et …. ! et ! ….  A qui s'adresse-t-elle ?  A la fille de son mari !

Quand la jeune fille bonne et gentille a un moment de répit, elle se réfugie sous le manteau de la grande cheminée de la cuisine.  Dans les cendres.  Jamais pour longtemps.

- Cucendron, ravaude mes bas. La sœur ainée n'est pas très distinguée. 

La cadette est un peu moins méchante :

- Cendrillon, repasse mes manchettes.

Et le père là-dedans ?

La pauvre fille souffrait tout avec patience, et n'osait se plaindre à son père qui l'aurait grondée parce que sa femme le gouvernait entièrement.

 

Grande agitation à la ville et dans les demeures.  Le roi et la reine organisent une grande fête.  Les gens de qualité sont invités.

Les deux sœurs sont chacune devant leur garde-robe.

- Cucendron, viens m'aider à choisir une toilette.

- Mademoiselle, je vous conseille votre robe de velours rouge avec le col en dentelle d'Angleterre.

- Cendrillon, viens m'aider à choisir une toilette.

- Mademoiselle, votre manteau à fleurs d'or et votre barrette de diamant.

Le Jour ! Les sœurs sont habillées, bijoutées, parfumées.  Aux cheveux maintenant.

- Cucendron, viens me coiffer.

- Oui, Mademoiselle.

- Cendrillon, viens me coiffer.

- Oui, Mademoiselle.

 

Une autre que Cendrillon (Ah ! Perrault a choisi un des surnoms, Cendrillon.  Encore heureux que ce ne soit pas Cucendron !) Une autre que Cendrillon les aurait coiffées de travers ; mais elle était bonne et les coiffa parfaitement.

 

Mais dans le fond du fond du fond de son coeur, que pense-t-elle ?  Et si vous nous faisiez un contre-conte ?

 

Vous connaissez la suite. 

- Marraine, ma bonne marraine-fée, je voudrais tant aller à la fête.

- Je t'y ferai aller. D'abord deux promesses :  tu seras bonne fille, seras rentrée avant le premier coup de minuit.  Promis, promis.  La citrouille carrosse.  Les souris-chevaux.  Le rat– cocher.  Les lézards – laquais.  Les guenilles – habits de drap d'or et d'argent tout chamarrés de pierreries. 

Une merveilleuse princesse inconnue arrive à la fête.  Le prince l'accueille, danse avec elle.  Ils devisent agréablement.   A minuit moins le quart, la merveilleuse princesse inconnue s'esquive.

Le lendemain, même jeu.  Le prince est épris. La princesse ? Comme elle est bien avec lui !  Premier coup de minuit.  La princesse s'enfuit, laisse tomber une de ses pantoufles de verre. (à l'origine c'est une chaussure fine et élégante).

 

Le deuxième jour, si notre héroïne avait été docile et attentive, elle serait partie un quart d'heure avant minuit et l'histoire aurait fait flop.  Heureusement, toute à son plaisir d'être avec le prince, elle oublie sa promesse, elle n'est pas tout à fait "bonne fille" et elle épouse le prince. 

Donc, ils se marient

 

Leur vie n'est pas finie.  Et si vous nous faisiez un après-conte ?

 

M-Cl Desmette 

Ile des serpents

 Un minuscule îlot de la mer Noire, avec une garnison de douze hommes.  Une caserne rudimentaire.

Le 24 février, donc au premier jour de la guerre russo-ukrainienne, le Moskva, le navire amiral russe envoie le message : Ici un navire militaire russe. Rendez-vous. 

Roman Hrybov fait un doigt d’honneur et répond : Navire russe, va te faire foutre.

Une station radio ukrainienne capte l’échange, puis silence.  On suppose que les gardes de l’Ile aux Serpents ont été tués.  Roman Hrybov est nommé Héros de la Nation.

Le 24 avril 2022, un timbre est émis en son honneur, qui le représente, debout, de dos, doigt d’honneur, sur fond de mer, avec le bateau russe.  Les timbres ont été vendus en trois minutes.

L’histoire n’est pas finie.  En réalité, Roman Hrybov et ses compagnons ont été faits prisonniers.  Lors d’un échange de prisonniers, Roman Hrybov a été libéré.  Il est rentré chez lui.

Le Moskva, fleuron de la flotte militaire russe, a été détruit par un missile ukrainien.

Y a-t-il des serpents sur l’Ile aux serpents ?

 M-Cl d’après La guerre russo-ukrainienne, le retour de l’histoire par Serhii Plokhy, Galimard, 2023.383 pages.

Une caserne, un bateau, un bureau de poste, en retour à la maison, sommes-nous dans le thème ?

  

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