Mensuel de diffusion d’informations sur
l’oralité,
les conteurs et les raconteurs.
Avril 2026 – N°400
P
912122 Bureau de dépôt OUPEYE 4680
Editeur responsable : Marie-Claire Desmette,
av. E. Ysaÿe, 32/224 4053 Embourg
Au
sommaire, ce mois-ci:
-
Spectacles – Veillées – Balades
Repas - Emission
-
Formations – Atelier
- 11
histoires !!!
Maison du Conte de Liège
La 400ième Veillée du 7- Scène ouverte,
spectacle de contes
quand ? le vendredi 10 avril à 20h où ? Théâtre à Denis, 302, rue
Ste Marguerite, 4000 Liège
combien ? 4€ pour
qui ? tout public
infos, inscription pour conter : reservation
maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83
pas d’inscription pour assister.
Inspiration non obligatoire : l’amitié
entre humains et animaux dans les histoires et la vie. Mais surtout venez fêter
avec nous notre 400ième veillée dans la joie et la convivialité.
Maison du Conte de Liège
La 401ième Veillée du 7- Scène ouverte,
spectacle de contes
quand ? le vendredi 8 mai 2026 à
20h où ? Théâtre à Denis,
302, rue Ste Marguerite, 4000 Liège
combien ? 4€
pour qui ? tout public
infos, inscription pour conter : reservation
maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83
pas d’inscription pour assister.
Inspiration non obligatoire : maison,
cabane, refuge. Votre inspiration à vous
sera la bienvenue.
Chiffres ronds
édito
A
l’unanimité, nous avons décidé que le Mensuel n°1 sera la lettre d’invitation
lancée par Parole Active le 29 septembre 1992 à une veillée le 17octobre. Ce n’était pas un vrai Mensuel, nous sommes
d’accord mais tant pis, nous nous y tenons.
Pour
ne pas me perdre dans la foule de péripéties, j’ai choisi de me limiter aux
chiffres ronds de centaine.
Le
numéro 100 est celui d’avril 2001. Un
grand nombre de témoignages élogieux sur 24 pages.
Le
numéro 200 d’août 2009 affiche fièrement en première page Les 7 Heures du Conte
pour fêter le dixième anniversaire de la Maison du Conte de Liège, notre 200ième
Mensuel et notre 200ième Veillée.
7
Heures du Conte en coulée continue, de l’heure du thé à l’heure de Cendrillon, à la Tchicass, un lieu farfelu comme il ne
peut exister qu’à Liège.
Le
numéro 300 est celui de décembre 2017.
Nous le fêtons le 7 décembre au Théâtre à Denis, où nous sommes si bien,
un verre de mousseux à la main, en dégustant un morceau de gâteau au
chocolat. Ce Mensuel est riche de
témoignages d’amitié : Par exemple : « Conteurs et confrères du
Mensuel, un éternel merci pour vos talents. Merci d’être ce que vous
êtes. »
Le numéro 400, vous l’avez sous la main et je laisse la parole aux messages reçus. Merci aux amis qui ont pris la plume, Marie-Claire
400
On
a beau chercher, le nombre 400 n’est ni magique, ni ésotérique, ni même
symbolique.
L’histoire
retiendra que personne d’exceptionnel n’est né ou mort en 400 après
Jésus-Christ, mais qu’il y a 400 ans, en mars 1626, naquit tout de même un
certain Jean-Baptiste de La Quintinie qui allait créer le potager du Roi Louis
XIV à Versailles. Les légumes d'hier et les touristes d'aujourd'hui lui en sont
encore reconnaissants.
La
mathématique ne nous apprend rien de plus que le nombre 400 se trouve entre 399
et 401. Ce qui n’est pas exceptionnel en soi, mais reste tout de même
rassurant.
La
philosophie, elle, nous enseigne que « 400 secondes suffisent pour changer de
vie, mais qu’il faut parfois 400 jours pour s’en rendre compte. » (Socrate, un
jour d’ivresse)
Quant
à la psychologie, elle souligne que « Faire 400 fois la même erreur… c’est
commencer à se demander si ce n’est pas l’erreur qui nous fait. ».
L'Art
cinématographique retiendra que sans les 400 coups de Truffaut, nous n'aurions
jamais découvert Jean-Pierre Léaud, le plus énervant des comédiens
français.
On
signalera enfin que ce nombre peut être très négatif puisqu’il peut désigner
soudainement sur votre ordinateur une erreur HTTP "Bad Request" (requête
incorrecte) indiquant que « le serveur ne peut traiter la demande du
client."
Tout
cela, hélas, ne donne pas une aura exceptionnelle au 400.
Heureusement,
il apparaît désormais que le nombre 400 désigne, en ce mois d'avril 2026, le
nombre exact de parutions du Mensuel de diffusion d’informations sur l’oralité,
ce qui nous permet de dire merci 400 fois merci aux plumes bénédictines qui
l’anime bénévolement et de se rappeler que l’on a 400 bonnes raisons pour y
être abonné.
Ps :
merci de me prévenir un peu à l’avance lorsqu’arrivera le numéro 4000.
Dominique Brynaert, conteur, formateur, Coordinateur de l'Asbl Racontance.
Chère équipe scintillante,
400 numéros du Mensuel, cela équivaut à 33 ans, un chiffre sacré, un chiffre qui renvoie à l'éternité.
On dirait que ce mensuel a toujours existé, et c'est bien le cas. Qui pourrait nier qu'il a toujours été le gardien d'histoires porteuses de valeurs intemporelles ?
Au siècle dernier, le poète Lucebert écrivait :
« Alles van waarde is weerloos ».
C'est tellement vrai que « Tout ce qui a de la valeur est sans défense ».
À une époque où la rhétorique de la guerre fait
s'effondrer les principes qui unissent le monde, ce sont les histoires, ces
êtres fragiles, qui sont indestructibles et qui nous unissent.
Après tout, tout ce qui est sans défense a une valeur indestructible.
Un immense merci pour votre réconfort en ces temps sombres, pour votre humanisme en toutes circonstances. Merciii!!! Votre Don Fabulist, pour toujours dévoué.
Spectacles – Veillées – Balades – Repas –
Emission
Festival Brin d’causette
- le 2 avril à 19h Fils
de Bitche par Christian
Pierron et Véronique de Miomandre
le Châlet, 31, rue du chalet à 6983 La Roche-en-Ardenne -
Accessible aux personnes à mobilité réduite
10 € - 5 € - Art 21 (Apéro offert)
Réservation conseillée : Michel Defays - 084 /41 24 13 - bam.la.roche.info@gmail.com
Quand on parle de nos origines, des
frontières, de la guerre, avec de l’humour et des chansons, cela construit des
ponts par-dessus les murs.
- Le 9 avril à 19h, chansons
drôles mais pas trop par Dominique Bos
La Grange à Matthieu,-11, Tienne du
Bosquet, 6929 Porcheresse (Daverdisse)
Accessible aux personnes à mobilité réduite. 10 € - 5 € - Art 21 (Apéro
offert)
Réservation conseillée : Luc Vanommeslaeghe - 0476/23 94 85 - vernaterre@icloud.com
De délicieuses soupes maisons sont proposées après le spectacle.
- Le 16 avril à 19h Histoires
du Chapeau par Nicolas Popovic
rue de Bernifa, 7, 6880 Bertrix. Accessible aux personnes à mobilité
réduite
10 € - 5 € - Art 21 (Apéro offert) - (12 euros - l’assiette de fromages
sur réservation)
Réservation conseillée : Barbara : 061 /53.54.35 -Labergeriedacremont@gmail.com
- Le 30 avril à 19h, Jour de
tempête par Bernadette
Heinrich et Benjamin Francart
l’Hors-Lieu, 10 D sur le Foy, 6950 Harsin ( Nassogne)- Accessible aux
personnes à mobilité réduite
10 € - 5 € - Art 21 (Apéro offert)
Réservations : Juliette Antoine - 0499/ 37 54 71 – info@lhors-lieu.be
Naufrage, résilience, enfance, quête
avec une fraicheur et une douceur salvatrice. Une parole forte et poétique qui
fait du bien en mots et en musique.
Racontance
le vendredi 3 avril à 19h30, Les Zapéro-contes Charleroi. Participation au chapeau.
au Livre ou
Verre, 6, passage de la Bourse - 6000 Charleroi. Infos au
0477/22.89.39
Cette soirée scène ouverte aux conteurs est animée par
Ahmed Hafiz.
Réservations non obligatoires. Infos et Inscriptions pour
conter : zapérocontes.carolos@gmail.com
- le jeudi 9 avril à 20h Les Zapéro-contes Brabant Wallon. Participation au chapeau.
à L'Espace
Marionnettes de Saintes/Tubize, au 14 rue de l'Ecole - 1480 Tubize
Inscriptions
pour conter et réservations : zaperocontesbw@gmail.com ou 0494 56 72 66
Cette soirée scène ouverte est animée par Guillaume
François.
- le vendredi 17 avril à 20h Les Zapéro-contes Bruxelles Participation au
chapeau.
à l' Ultieme
Hallucinatie Au 316 Rue Royale – 1210 Bruxelles.
Infos et Inscriptions pour conter : racontance@hotmail.com
Pour le public infos et réservations
vivement conseillées via le site : www.racontance.be ou
par mail.
Cette soirée scène ouverte aux conteurs est animée par
Dominique Brynaert.
Le Courlieu
- le samedi 4 avril à 20 h, Accordéons-nous par Marie Thys et Julie Gaudier
Au Courlieu, 4,
rue du Grand Philippe, 1490 Court-Saint-Etienne. Paf : au chapeau.
Réservations : lecourlieu@gmail.com info :
lecourlieu.eklablog.com
Pour cette soirée, cap sur l'amour avec un duo
musicomagique. Elles effleureront les boutons de l'accordéon et
caresseront de la voix les oreilles tendues pour vous dire non seulement
l'amour, mais LES amours.
- le mardi 7 avril à 19h30 : Scène Spaghetti du 7eme jour. 10 euros.
- le samedi 18 avril à 20h: Histoires de Bossu-e-s et autres corps tordus
par Christine
Horman et Evelyne Devuyst. En partenariat avec Conte et Littérature.
Info et
réservations : https://conteetlitterature.be/evenement/prog-histoires-de-bossus-18-04-2026-cse/
Maison du Conte de Liège
La 400ième Veillée du 7- Scène ouverte,
spectacle de contes
quand ? le vendredi 10 avril à 20h où ? Théâtre à Denis, 302, rue
Ste Marguerite, 4000 Liège
combien ? 4€ pour
qui ? tout public
infos, inscription pour conter : reservation
maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05,
0476/65.37.83
pas d’inscription pour assister.
Inspiration non obligatoire : l’amitié
entre humains et animaux dans les histoires et la vie. Mais surtout venez fêter
avec nous notre 400ième veillée dans la joie et la convivialité.
Dimanches du conte
- le dimanche 12 avril à 15h, Dimanche du Conte à la Maison
avec Muriel
Durant, Adrien Lociuro, Don Fabulist et Khaled El-Naanaa
à la Maison de la Création MC-Bockstael,
place Emile Bockstael, 1020 Bruxelles.
Public
familial, dès 6 ans. Prix libre.
Un archipel d’histoires où les mots sonnent comme des notes de musique, un
carrousel de contes en français, néerlandais, arabe et grec. Un dimanche à
passer en famille, autour d’un goûter.
- le dimanche 26 avril à 15h, Guewenn et le berceau de la rivière par Cindy Sneessens
au centre culturel Bruegel, rue des renards 1F, 1000
Bruxelles. Tous publics à partir de 7 ans.
Billetterie : https://ccbruegel.be/programme/guewenn-et-le-berceau-de-la-riviere/
Tarifs : 12 euros (tarif plein) - 8 euros (tarif
réduit) — 6 euros (enfant) - 1,25 euros (article 27)
L’Eau, déesse enragée haïssant les humains, se cache sous
la terre. Les hommes deviennent fous. Le roi ordonne de jeter grand-mère et
grand-père dans le gouffre. Guewenn refuse d’obéir et cache les vieillards dans
la forêt.
- le dimanche 26 avril à 18h, Ouroboros, par la compagnie « L’Appétit des
Indigestes »
Billetterie : https://ccbruegel.be/programme/ouroboros/ Tous publics à partir de 10 ans.
Tarifs : 12 euros (tarif plein) - 8 euros (tarif réduit) — 6 euros
(enfant) - 1,25 euros (article 27) Ouroboros, Notre rapport à la vie, à la
mort, à la perte, à la vieillesse, à la folie, à la vulnérabilité. Sur
scène, 26 acteurs Un moment unique, toujours sur le fil… autour d’un sujet
souvent tabou et qui nous concerne tous : le suicide.
- le 18 avril à 14h. Contes de diables et de magie par Jeanne Godenne
La
Scène, B3 Centre de ressources. Place des Arts, 1 – 4020 Liège 04 /
279.54.00
Renseignements : jeanne.godenne@provincedeliege.be
04/279.52.73
On n’y croit pas au diable, Alors, juste pour le cas où
il y aurait un fond de vérité, voici quelques contes qui vous aideront à faire
face au surnaturel, si vous rencontrez une sorcière, un nuton ou un démon.
Le système de réservation depuis novembre est
informatisé, via le site du B3. Pas de stress, si ce système ne vous convient
pas, venez tout simplement : en fin de séance, je compterai les personnes non
inscrites et voilà tout.
Maison du Conte de Charleroi
Spécial enfants et famille au Poche Charleroi
- le samedi 18 avril à 16h00, Poulette coquette et compagnie par Sylvianne Piéfort
Goûter conté
au Poche Théâtre de Charleroi. Enfants 6 ans et +
8 €/enfants et 10 €/adultes (collation incluse)
Infos & rés. : 0475/64.95.38 ou
www.contecharleroi.be/contes-en-poche/
Un spectacle de contes, marionnettes et masques pendant
lequel tu devras aider Poulette Coquette à retrouver ses œufs en résolvant des
énigmes, en réalisant des épreuves et en relevant des défis... Cap ou pas cap ?
- le dimanche 19 avril à 10h30, Mimi chez les tout-petits par Kyung Wilputte
Poche Théâtre
de Charleroi. Enfants 1-5 ans. 8 €/enfants et 10 €/adultes.
Infos &
rés. : 0475/64.95.38 ou www.contecharleroi.be/contes-en-poche/
Mimi est une petite coccinelle un peu timide, parfois
farceuse. Mimi adore les enfants. Elle les emmène tout en douceur dans son
univers de petites histoires, de comptines, de chansons et de jeux de doigts.
Spécial enfants/famille avec nos partenaires
- les samedi 4 et dimanche 5 avril à11h00 ou 13h00,
Train de Pâques - Chemin de fer à vapeur des
3 vallées, Balade contée.
Rés. :
info@cfv3v.eu (en indiquant le nombre de participants) ou +32 60 31 24 40.
Laissez-vous transporter par de magnifiques histoires de
Pâques et de trains. Une activité idéale pour les enfants… mais aussi pour les
adultes qui souhaitent retrouver leur âme d’enfant !
le samedi 11 avril
à 10h et 11h, Kiliri. Pour les 2,5/5 ans.
Gratuit.
Bibliothèque
de Courcelles.
Rés. : 071/46.38.60
ou bibliotheques@courcelles.be
- le lundi 13 avril à 11h, Livrerie. Pour les 0/2,5 ans.
Gratuit.
Bibliothèque
de Courcelles.
Rés. : 071/46.38.60
ou bibliotheques@courcelles.be
- le mercredi 15 avril 16h Les petits 4 heures. Pour les
4/ 10 ans. Gratuit.
Bibloux
Gembloux.
- le samedi 18 avril, Les petits biberons. Pour les 0/4 ans.
Gratuit.
Bibloux
Gembloux.
Sans oublier notre émission Raconte & Nous sur Buzz
Radio 94.3 & 97.8 FM ou sur www.buzzradio.be :
13 avril : Thomas
Léodet nous présente son nouveau roman, la malédiction d’An Kust. Enquête journalistique, thriller fantastique,
ce roman est inspiré d’un voyage au Mexique et d’une visite chez les Mayas.
27 avril : Stéphanie
Leclef, conteuse, comédienne, animatrice, nous présente Pescalune : une équipe
d’artistes polyvalents (conte, théâtre, animation, musique), partenaire de
l'ONE et de l'AVIQ depuis de nombreuses années travaillant en liens étroits
avec les écoles, les crèches, les bibliothèques, les villes et les communes,
...
- le mercredi 22 avril à14h, La clé de l’eau, conte emmusiqué,
par Julie
Renson, conte et le Duo Las Meninas (Géraldine Fastré-clarinette et
Geneviève Lonnoy-guitare).
en partenariat
avec Quart de ton asbl et La Phila Namur. Familial, enfants dès 5 ans.
Centre
d’accueil Croix-Rouge de Belgrade, Chemin de la plaine 15, 5001 Namur.
Infos/réservations
: bonjour@volubilisasbl.be et 0474/434152
- le vendredi 24 avril à 19h L'heure du conte adulte avec Maria Estalayo Vega
La Tortue qui
Lit, Rue de l’Église 88, 4032 Liège.
Prix :
participation libre et consciente.
Inscription
obligatoire : info@latortuequilit.be ou 04 371 37 06 ou en passant directement en l
Une soirée hors du temps : voyagez à travers les contes
d’une conteuse espagnole.
Formation – Atelier
Racontance
- les 4-5-6 avril
de 9h30 à 17h30, Formation-initiation par Dominique Brynaert.
A 1030 Bruxelles. Près de la Place Dailly. 150
euros.
Renseignements et inscriptions : https://www.racontance.be/formation_conte.html
via mail
: racontance@hotmail.com.
Une initiation au conte qui permet de découvrir dans la
joie et la bienveillance, les spécificités du conte et de l’art de raconter.
- les samedis 4 et 18 avril à 13h30 à 15h30, Ateliers Conte
Poche Théâtre de Charleroi. infos : 0475/64.95.38 ou
www.contecharleroi.be/ateliers-conte/
Niveau débutant, initiation et niveau avancé
Ecole du Conte
Les 18 et 19 avril 2026 et les 9 et 10 mai 2026, de 10h à
17h, Entre
écriture et oralité,
par Luisa Bevilacqua et Anne Romain.
accessible à
toute personne désireuse de s’initier au conte, sans aucun prérequis.
Théâtre de la
Parole et Maison du Prieur, 7D Rue du Rouge-Cloître 1160 AUDERGHEM
Infos et réservation : 02 736 69
50, ecoleduconte@theatredelaparole.be 240€.
Axée sur la pratique, les rapports entre écriture et
oralité en explorant la particularité de la langue parlée, ainsi que les
différences fondamentales qui la séparent de l’écriture.
- le lundi 27 avril à 15h, Sabir
par Sophie Muselle et la compagnie « L’Appétit des
Indigestes »
aux Riches-Claires, rue des Riches-Claires 24, 1000 Bruxelles. Tous
publics. Gratuit.
En quoi une démarche artistique croisant psychologie et
récits de vie peut-elle nourrir de nouvelles formes de narratives ? Le regard
qu’une société porte sur la normalité.
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L’homme au manteau vide
Quand on descend la route qui va de Trois Bœufs les
Charrues à Bellurette les Trompettes : un moment, une croix de pierre.
Tout juste après la croix de pierre, le sentier du
Calvaire.
Le long du sentier, d’un côté, la forêt partout. De
l’autre, un champ, un pré. Au fond du pré,
une rivière.
Au milieu du pré, assis dans l’herbe, un homme sans corps
et sans visage. Oui, vous avez bien lu, un homme sans corps et sans
visage ! Il a l’air assis. Il a le dos voûté. On ne voit de lui que son
manteau et sa capuche. On le craint un peu bien sûr mais, comme on l’a toujours
connu là et qu’il n’a jamais fait de mal à personne, avec le temps, les gens
là-bas s’y sont habitués.
Jeanne a huit ans. C’est la fille des Mathurins.
Les Mathurins ce sont les derniers exploitants de la
dernière ferme de Trois Bœufs les Charrues. Ils cultivent leurs terres, ils
soignent leurs bêtes. Ils travaillent dur du matin au soir et du soir au matin.
Ils ne sont pas bien riches. Ils ont juste assez d’argent pour vivre. Rien de
plus.
Quand Jeanne n’est pas à l’école, elle aide ses parents.
Elle nourrit les bêtes.
Ce matin-là, elle entre dans le poulailler. Elle découvre Cocotte, sa poule
préférée : morte ! Autour de Cocotte, ses dix poussins tout frêles, tout
fragiles. Des oiseaux pour le chat !
Jeanne : « Qui va s’occuper d’eux
maintenant ? Mes parents, ils n’ont pas le temps. Les voisins travaillent
à la ville et moi je vais à l’école ! Mais … l’homme sans corps et sans
visage, depuis le temps qu’il est assis là à ne rien faire, il pourrait
peut-être les sauver ? »
Jeanne ne dit rien à ses parents. Elle les sait trop
préoccupés à rentabiliser les heures.
Le lendemain matin, elle prend son panier en osier. Elle
y pose ses poussins. Elle se met en route vers l’homme sans corps et sans
visage.
Avant d’entrer dans le pré, pour se rassurer, Jeanne reprend son souffle.
À petits pas, elle marche vers lui. Elle pose, tout près du manteau qui bouge
un peu sous le vent, ses dix poussins tout frêles, tout fragiles. Elle s’assied
à ses côtés. Elle ne dit rien. Elle écoute le bruit de l’eau.
Le silence, longtemps … Au bout du silence, une
voix.
L’homme sans corps et sans visage : « Que me
veux-tu ? »
Jeanne : « Rien, sauf que peut-être vous
pourriez m’aider ? »
Le silence encore, longtemps ... Si longtemps que Jeanne
entend au loin sonner les heures.
Si longtemps que la présence de cet homme sans corps et sans visage finit par
lui paraître prodigieusement rassurante.
Au bout du silence, une voix.
L’homme sans corps et sans visage : « Pose tes
poussins sous mon manteau. Reviens dans une semaine, j’ai aimé que tu viennes
auprès de moi ! »
Jeanne : « Oh moi aussi, j’ai aimé être assise
auprès de vous ! »
Jeanne pose ses poussins sous le manteau. Elle prend son
panier sous son bras. Elle s’en va.
Le sentier, la croix de pierre, la route, la ferme, sa
mère !
La mère : « Mais enfin Jeanne où
étais-tu ? Ton père et moi on te cherche depuis des heures !Tu ne
nous dis pas où tu es, tu ne nous dis pas ce que tu fais. On s’inquiète sais-tu !
On n’a pas que ça à faire ! Monte dans ta chambre ! »
Jeanne ne dit rien. Son panier vide sous son bras, elle
monte dans sa chambre.
Six jours, six nuits à dormir peu. Au septième matin,
Jeanne, son panier sous son bras, se met en route vers l’homme sans corps et
sans visage.
Avant d’entrer dans le pré, elle reprend son souffle. À
petits pas, elle marche vers lui.
Elle voit ses poussins tout ragaillardis ! Ils piaillent, ils
gambadent !
Jeanne : « Rhô ! Qu’est-ce que vous leur
avez fait pour qu’ils soient aussi en forme ? »
L’homme sans corps et sans visage :
« Rien ! Je les ai laissé vivre. Je les ai laissé aller là où ils
voulaient aller ! »
Jeanne : « Mais c’est dangereux ça ! Si un
renard était venu, il les aurait mangés ! »
L’homme sans corps et sans visage :
« Écoute ! »
Le silence encore, longtemps … Si longtemps que Jeanne
entend au loin sonner les heures.
Jeanne : « Mais je ne saurai comment leur
dire ! »
L’homme sans corps et sans visage : « Ne
t’inquiète pas. Va, vis, reviens, je serai là ! »
Jeanne pose ses poussins dans son panier. Elle remercie
l’homme sans corps et sans visage.
Elle s’en va.
Le sentier, la croix, la route, la ferme.
Jeanne libère ses poussins dans le poulailler. Ils piaillent, ils gambadent,
ils sont plein de vie !
Jeanne rentre à la maison.
La mère : « Mais enfin Jeanne où
étais-tu ? Ton père et moi on te cherche depuis des heures Tu ne
nous dis pas où tu es, tu ne nous dis pas ce que tu fais. On s’inquiète
sais-tu ! On n’a pas que ça à faire ! Monte dans ta
chambre ! »
Jeanne ne dit rien. Son panier vide sous son bras, elle
monte dans sa chambre.
Ah le silence de ce rien, se dit Jeanne. Elle a le cœur au chaud !
« Ne t’inquiète pas. Va, vis, reviens, je serai
là ! »
Carine Chavanne, d’après L’homme au manteau vide in Le Livre des Chemins d’Henri Gougaud.
Androclès et le lion
Dans
le monde antique et bien plus longtemps après, hélas, l’activité économique
était basée sur l’esclavage. Sur
l’exploitation d’hommes, de femmes et d’enfants qualifiés de « res »,
choses.
Androclès est esclave.
Androclès n’a pas toujours été
esclave. Jeune adulte, il vivait avec sa
famille en Grèce, à la campagne. Son
père était l’homme le plus riche, le plus important du village. Le plus grand troupeau de moutons et de
chèvres. Les plus grands champs
d’olivier. Androclès travaillait avec
son père, s’initiait à la gestion du domaine, lui l’héritier. La famille avait des esclaves. C’était normal. Esclaves à la cuisine, esclaves à la ferme. Androclès n’aurait jamais imaginé
s’intéresser à ce que ressentaient ces esclaves.
Un jour maudit, des soldats se sont
abattus sur le village. Ils ont tué, ils
ont volé, violé. Androclès a été
assommé, ligoté, vendu. Avec d’autres,
il a été envoyé dans une villa, une importante exploitation agricole romaine,
près de El Jem, en Afrique du Nord.
Aide-berger. Le berger en titre
était aussi esclave. Toujours le
reproche, l’invective à la bouche, le fouet à la main.
-
Tout plutôt que supporter cela plus longtemps.
La
villa était entourée de nature sauvage.
Tout, c’étaient les animaux dangereux, les insectes piqueurs, les fauves
et d’autres périls inconnus.
Androclès
rassemble de la nourriture non périssable dans une cachette, vole un
couteau. Une nuit sans lune, il part
sans donner l’alerte. Les gardiens
jouent aux dés, boivent plus qu’un coup, ils comptent sur la peur des dangers
environnants pour faire le travail à leur place.
Androclès s’éloigne autant qu’il
peut, trébuche, se fait mal. S’endort
sous un arbre. Soleil levé, désespoir pour désespoir, il reprend sa difficile
marche, traverse un ruisseau. Avise une
caverne.
-
M’y reposer, à l’abri, un instant.
L’espoir
est une plante qui s’accroche.
Androclès
escalade des pierres, s’enfonce dans la pénombre. Devine, oui, devine un animal. C’est un lion. Périr entre ses dents, entre ses
griffes ? Androclès reste
immobile. Faire marche arrière sans
donner l’éveil. Le lion ne bouge pas.
Androclès regarde mieux. Le lion
est couché, maigre à faire peur, la patte avant droit monstrueusement
gonflée. On dirait, on pourrait croire
qu’il lui présente sa patte blessée.
Androclès s’avance lentement.
Le
lion a croqué l’épine autant qu’il a pu, n’a pas pu extirper le morceau restant
dans sa patte. Androclès s’approche,
s’approche. Le voici tout près du lion. Oui, le lion lui présente sa patte, c’est
indéniable.
Androclès
prend son couteau, perce l’abcès. Le
lion soupire, couche sa tête sur sa bonne patte. Androclès ramène de l’eau dans son bonnet,
lave la plaie.
-
Je vais te faire mal.
Androclès
élargit la plaie, extirpe l’épine. Le
lion est resté impassible.
Avec l’extraordinaire vitalité des
animaux sauvages, le lion guérit.
L’homme et le lion vivent ensemble, chassent ensemble, dorment blottis
l’un contre l’autre. Androclès parle au
lion, s’efforce de le comprendre.
Le maître de la villa organise une
grande chasse. Un magnifique lion a été
repéré par ses garde-chasses. La chasse
au lion, la plus noble de toutes les chasses.
Le
lion est pris. Sous un grand filet. Il ne faut pas l’abimer. Ce sera un présent de choix à envoyer à
l’empereur Titus pour l’inauguration du nouvel amphithéâtre, le Colisée. Androclès est pris, esclave fugitif, condamné
à mort automatiquement. Son exécution
pourra avoir lieu dans l’arène. Le lion
et Androclès sont envoyés à Rome.
Jour de fête. Romains et romaines se pressent dans les
gradins du Colisée. Titus et sa suite
sont dans la loge impériale. Les jeux
commencent. En hors-d’œuvre, quelques
exécutions de condamnés, en attendant le cœur du spectacle, les combats de
gladiateurs.
Androclès est mené dans
l’arène. Il a un poignard à la
main. Il devra livrer un simulacre de
combat contre un lion affamé, pour être ensuite dévoré par lui. Venant de
l’obscurité des étages inférieurs, le lion et lui sont éblouis par le grand
soleil. Ils finissent par se
regarder. Le lion se couche aux pieds
d’Androclès. Stupéfaction dans le
public. Titus veut savoir.
-
Amenez-moi cet homme.
Androclès
approche, la main sur la tête du lion.
Il raconte. L’histoire court dans
le public, attendri. Titus lève le
pouce. Androclès a la vie sauve.
Plus
tard l’empereur libère Androclès de l’esclavage, lui donne le lion.
On
pouvait voir Androclès se promener dans les rues de Rome avec le lion. Beaucoup de passants s’intéressaient, à
distance prudente. Plusieurs avaient un
cadeau pour les amis.
Quel
nom Androclès a-t-il donné à son ami lion ? Il ne l’a dit à personne et nous ne le
saurons pas.
Réécriture
de Marie-Claire Desmette d’après un texte d’Esope et une émission Arte.
Cette légende a inspiré un grand nombre d’œuvres littéraires, théâtrales, picturales.
P'tit Jean, l'accoucheur de chat
P'tit Jean s'est levé de bon matin pour nourrir poules,
cochons, vaches, brebis, enfin toute la ménagerie. Il a pour projet une journée
en ville à discutailler de bétail, de prix, de fenaisons, de temps qui passe,
de pluie et de gel tardif en fumant la pipe à l'étal du boucher.
Les oiseaux agitent le printemps. Le soleil rappelle le
temps, l'herbe soupire d'aise, le vent s'accorde au temps.
Il déjeune de bons lardons sautillant dans la poêle et se
rase de frais.
Il est pressé de rejoindre le Paris ardennais, Bastogne
l'historique.
« -Bonne journée ; ma douce »
« -Oui mon bon, ramène du café et une douceur pour
le cœur »
« -Je t'apporterai des caramels »
Il marche d'un bon pas, le sourire aux lèvres et la joie
dans le cœur.
Voilà au loin ses 3 compères voisins qui aiment à se rire
de tous et à faire des paris imbéciles.
« -Il faut l'empêcher d'aller en ville »
L'idiotie est contagieuse, tout le monde approuve le
dessein.
Au détour suivant P'tit Jean croise François. Celui-ci le
dévisage
« -Tu n'as pas bonne mine, œil cerné, joue flasque,
teint cireux. Tu devrais prendre du repos et consulter un médecin.
« -Mais je vais très bien »
« -Si tu le dis »
Le François s'en va mais ses propos trouvent écho dans le
cerveau de P'tit Jean.
Au détour suivant c'est Colas qu'il rencontre. Ça discute
des champs, des bêtes, des femmes en fumant une bonne pipe. « -Tu n'as pas
bonne mine, œil cerné, joue flasque, teint cireux. Tu devrais prendre du repos
et consulter un médecin. »
« -Mais je vais très bien »
« -Si tu le dis » Colas s'en va mais la pipe
est moins bonne, moins odorante. Les propos des deux amis rampent dans la tête
de P'tit Jean.
« -Ma femme, elle n'a rien dit ce matin. Les femmes
savent toujours, bien avant les médecins »
Au détour suivant c'est le grand Florent qu'il découvre.
« - C'est toi mon ami, je ne t'avais pas reconnu.
C'est que tu vacilles, tu chancelles, tu n'es pas bien. Tu devrais t'aliter ou
consulter un médecin.
« -Mais je vais très bien »
« -Si tu le dis »
Son pas ralenti, sa respiration galope. Florent a parlé
de grippe, de pleurésie, de choléra et de peste porcine. Qu'est-ce donc que ce
charabia. N'empêche ! La journée de tourisme est gâchée, l'inquiétude
s'installe. Il rebrousse chemin.
C'est un vieillard asthmatique, courbé, tremblant qui
rentre dans la ferme.
« -Mais qu'as-tu mon mari, vite au lit avec un bon
grog et du lait chaud »
P'tit Jean dans le grand lit geint tremble, il se meurt à
petits points.
Le jour ignore l'angoisse. Le médecin tarde. La nuit
s'invite, il ne vient pas.
La femme prie tous les saints du paradis. Les voisines
viennent aux nouvelles. Elles conspirent sur l'agonie, l'enterrement, le temps
de veuvage (c’est qu’elle est encore fraiche)
Il est trempé comme une soupe, sur l'abdomen il sent un liquide,
des chatouilles, des bruits, un poids. Il enlève draps et couvertures. Il y a
là 4 beaux chatons nouveau-nés à la vie qui réclament pitance et protection.
« - Ma femme, quelle étrange maladie qui fait naître
de jolis chatons sur mon ventre rebondi. »
Est-ce la chatte de la maison qui a choisi son bon maitre
pour accoucher des petits ou une macrale sorcière en guise de plaisanterie.
Toujours est-il que P'tit Jean et ses chatons se portent à merveille.
Michelle Troupin d’après Conte et légende d'Ardenne Michel Elsdorf
La Cavalière d’Aberth
Pwyll, roi d’Aberth, est aimé de ses compagnons et de ses sujets. Il est courageux, s’est aventuré dans l’Autre Monde. Après un banquet, il décide :
-
J’irai m’asseoir sur le tertre d’Aberth.
-
Nul ne te surpasse en gloire. Pourquoi
veux-tu y ajouter ?
Le tertre d’Aberth est une petite colline qui recouvre un
tombeau antique. Il est devenu un lieu
sacré. Selon une prédiction venue du
fond des âges, celui qui s’assiéra au sommet assistera à un prodige s’il en est
digne. S’il est indigne, il recevra un
coup mortel.
Au
lendemain de son vœu, Pwyll s’assied sur le tertre. Il ne reçoit aucun coup, attend le prodige.
Au
bout d’un moment, sur le chemin qui passe au pied du tertre, passe une jeune
fille montée sur une jument. Cela ne lui
semble pas un grand prodige à Pwyll mais la jeune fille est fort belle. Il demande à un compagnon resté au pied du
tertre, de la rejoindre et de lui demander son nom. Malgré de vigoureux coups d’éperon, le
cavalier ne parvient pas à la rejoindre, alors que la cavalière paraît aller au
pas.
Le lendemain, Pwyll s’assied sur le tertre. La jeune cavalière paraît. Les compagnons de Pwyll ne parviennent pas à
la rejoindre.
Le troisième jour, Pwyll s’assied sur le tertre. La cavalière paraît.
-
Les hommes d’arme lui font peur.
Il
lui dit du ton le plus aimable qu’il peut :
-
Au nom de l’homme que tu aimes le plus, je t’en conjure, arrête-toi.
-
Je le veux bien car tu es cet homme.
Pwyll
tombe éperdument amoureux de la jeune fille qui se nomme Rhianon.
-
Je veux bien être ton épouse. Mais que
ce soit fait dans les règles. Dans un
an, tu te présenteras devant mon père, au Pays de l’Abîme, à côté du gué. Tu lui demanderas ma main, si tu veux
toujours m’épouser. En attendant,
occupe-toi de ton cheval, il est épuisé.
Un an plus tard, Pwyll se présente au Pays de
l’Abîme. Un grand festin est
préparé. Rhianon n’a pas douté de son
amour. Pwyll est le plus heureux des
hommes.
Vers
la fin du repas, un borgne se présente, richement habillé. Il se plante devant Pwyll :
-
Roi, je te demande un don !
-Parle ! Ce que tu me demanderas, je te l’accorderai
pourvu que ce ne soit pas mon cheval et mon épée.
Hélas,
Pwyll a encore des réflexes de célibataire.
Il ne pense pas à ajouter Rhianon.
-
Je veux ta fiancée.
-
Ce soir, ta naïveté nous perd. Je
connais ce borgne. Il s’appelle Gwawll.
Il me tourmente pour que je sois son épouse. Tu ne peux te déshonorer en me
refusant. N’aie crainte. J’exigerai des fiançailles d’un an. Dans un an, viens, déguisé en mendiant, avec
ce sac de peau que je te donne. Tu
exigeras qu’on le remplisse.
Un
an plus tard, Pwyll arrive vêtu de guenilles, avec le sac.
-
La charité, par pitié.
A
Gwawll, Rhianon déclare :
-
Jamais je n’épouserai un homme avare.
-
Que le mendiant entre, je remplirai son sac.
Le
borgne met de la nourriture dans le sac.
Le sac ne se remplit pas. Rhianon
intervient :
-
Je connais ce genre de sac. Il ne sera
rempli que quand un grand chef sera entré dedans et aura tassé la nourriture
avec ses pieds.
Le
borgne lui obéit. Pwyll referme le sac.
Les gens de la maison accourent. Frappent le sac avec de gros bâtons, heureux
de se venger d’un maître qu’ils détestent.
-
Pitié !
-
Soit ! Je te laisse la vie sauve à
condition que tu renonces à toute réclamation et à toute vengeance.
Le
borgne doit bien accepter. Il s’enfuit.
-
Et maintenant, je devrai encore patienter un an ?
-
Ce n’est pas la peine. J’ai assez
attendu, moi aussi.
Le
banquet était prêt. Les convives le
trouvent excellent.
M-Cl
Desmette D’après la cavalière d’Aberth, Christian
Lourier in Contes et légendes de la mythologie celtique, Nathan, 2000.
… une civilisation pour qui le rêve éveillé est un instrument de connaissance au même titre que la mémoire et la raison. Christian Lourier.
Le chien
Dès
que le chien fut créé, il lécha la main du Bon Dieu et le Bon Dieu le flatta
sur la tête :
-Que
veux-tu, chien ?
-
Seigneur Bon Dieu, je voudrais loger chez toi, au ciel, sur le paillasson
devant la porte.
-Bien
sûr que non je n’ai pas besoin de chiens, puisque je n’ai pas encore créé de
voleurs.
Quand
les créeras-tu Seigneur ?
-Jamais,
je suis fatigué, voilà cinq jours que je travaille. Il est temps que je me
repose. Te voilà fait, toi, chien, mon chef d’œuvre, mieux vaut m’en tenir là.
Il n’est pas bon qu’un artiste se surmène au-delà, de son inspiration ; si je
continuais à créer, je serais capable de rater mon affaire. Va chien, va vite
t’installer sur Terre et sois heureux.
Le
chien poussa un profond soupir :
-Que
ferai-je sur Terre, Seigneur ?
-Tu
mangeras, tu boiras, tu croiras et tu multiplieras.
Le
chien soupira plus tristement encore.
Que
te faut-il de plus ? ….
--Toi,
mon seigneur, Maître. Ne pourrais-tu pas, toi aussi t’installer sur Terre ?
-Non
chien, je t’assure, je ne peux pas m’installer sur Terre pour te tenir
compagnie. J’ai bien d’autres chats à fouetter… Ce ciel, ces anges, ces
étoiles, je t’assure c’est tout un tracas.
Alors le chien baissa la tête et commença à
s’en aller. Mais il revient :
-Ah,
si seulement, Seigneur Bon Dieu, il y avait là-bas une espèce de maître comme
toi ?
-Non,
il n’y en a pas….
Le
chien se fit tout petit, tout plat et supplia plus près encore :
-Si
tu voulais Seigneur Bon Dieu, tu pourrais toujours essayer…
-Impossible,
j’ai fait ce que j’ai fait, mon œuvre est achevée, jamais je ne créerai un être
meilleur que toi…Si j’en créais un autre aujourd’hui, je le sens dans ma main
droite, celui-là serait raté…
-Seigneur
Bon Dieu, ça ne fait rien qu’il soit raté, pourvu que je puisse le suivre
partout où il va et me coucher devant lui quand il s’arrête.
Alors
le Bon Dieu fut émerveillé d’avoir créé une créature aussi bonne
-Va,
qu’il en soit fait selon ton cœur.
Et,
rentrant dans son atelier, il créa l’homme…
L’homme
est raté naturellement, le Bon Dieu l’avait bien dit….
Mais
le chien est joliment content...
Réécriture d’Albert Thiry de L’œuvre du sixième jour de Marie Noël
Graine
de conte
Tomates cerises.
Elle
me détaille ses cultures et en vient aux tomates cerises.
- J’en ai acheté un plant. Les tomates se sont ressemées, j’en avais partout. J’ai donné des plants à tous mes voisins. Mon chien adore les tomates cerises. J’ai gardé un plant spécialement pour lui, contre la clôture, bien exposé. Mon chien le surveille. Quand les tomates sont bien rouges, il me regarde. Je fais oui. Il les mange toutes d’un coup.
Le gardien de la lune
Il y a bien longtemps on avait remarqué
l’influence de la lune sur le lait que donnaient les vaches.
-C’est
bien dommage que la lune ne soit pas présente tous les soirs.
Cette
remarque, dite distraitement à la veillée trotte menu dans les cervelles.
-Il
suffirait de s’en emparer. Elle n’est pas si grosse. On la garderait au chaud à
l’étable.
Un
verre de peket, ce soir-là clôt le débat.
A
quelque temps de là, une nuit parfaite. Il gèle à pierre fendre, un ciel sans
nuage et une lune ronde et pleine. Elle s’est posée sur la plus haute branche
du chêne centenaire. L’insouciante.
On
va chercher les échelles, on monte dessus. C’est pas assez haut.
Il
fait froid, on s’active, on rouspète, on se houspille, on s’énerve. On prend un
verre de peket, on va se coucher. C’est raté il manque juste un chouia. Enfin
c’est ce qu’on croit.
A
quelque temps de là, un soir, lune est dans le puits.
-Venez,
elle est tombée dans le puits. Ce sera facile de la récupérer.
On
amène un seau. Réussite totale. Lune est dans le récipient, ronde et pleine.
Mais
le seau s’accroche au rebord et la coquine en profite pour rejoindre le
firmament. La garce.
Maurice
possède un âne qui transporte tous les jours des charges lourdes et pénibles.
Maurice cogite, réfléchit, active tous ses neurones comme jamais. Un plan
d’action voit le jour. Il y pense nuit et jour.
Pompon
est un grand âne gris. Il porte la croix de St-André. Il ne connait que fardeaux
et coups de bâton.
Ce
matin-là, pas de bât qui blesse, pas de bâton, pas de cris, pas de colis.
Il
reste à l’étable avec une magnifique pierre de sel dont il se régale toute la
journée. Le soir arrive sans crier gare. Pompon a une soif à boire toutes les
oasis du désert. Heureusement, on le sort de l’étable et on l’amène à la mare.
Pompon prend peur. Tout le village est rassemblé. Que lui veut-on ?
Du
bien ou du mal ?
Dans
la mare, la lune. Pompon boit, boit tant et tant que la mare se vide. Dans le
ciel, les nuages se pressent. Plus de lune visible.
-C'est
sûr et certain, il a bu la lune. Vive Pompon !
Pompon
prend peur.
-Ils
vont m'ouvrir le ventre.
Voilà
les flancs de Pompon qui se contractent ;
-Regardez,
la lune tente de s'échapper.
-Ils
pensent que la lune est dans mon estomac.
Pompon,
âne intelligent provoque des contractions dans ses flancs.
-La
lune est bien au chaud dans son ventre. Bravo !
Pompon
est reconduit à l'étable avec du foin en abondance.
Jamais
plus il n'a porté de charge ou reçu le moindre coup de bâton.
Il est devenu gardien de lune.
Il
a gardé longtemps ce titre, peut-être même jusqu'à aujourd'hui.
Cherchez
la lune !
Michelle
Troupin d’après L'enfant loup et autres contes « de Geneviève
Laporte édition du rocher 2000.
Malin comme un chat
Dans la famille D., il y a toujours eu des chats. Et donc des histoires de chat.
Le
chat qui ouvrait le robinet. Le
robinet de l’évier de la cuisine était actionné par un bouton poussoir
horizontal. Je trouvais souvent ce
robinet ouvert avec un filet d’eau coulant.
J’ai dit aux enfants : bien de boire de l’eau mais il faut fermer
le robinet. Un jour, j’ai vu le chat
pousser le robinet avec sa tête et boire au filet d’eau. Il ne refermait pas le robinet !
Le
chat qui ouvrait la porte. A
Ecaussinnes, la porte entre la cuisine et la petite salle à manger se fermait
par un aimant. Un jour, j’ai vu le chat
pousser la porte entre cette petite salle à manger et la cuisine. La porte s’est ouverte. Peu de temps après, il a poussé la porte de
la cuisine à la salle à manger. La porte
ne s’est pas ouverte. Il a fait le tour,
s’est retrouvé dans la petite salle à manger, a poussé la porte, elle s’est
ouverte. Il est resté devant cette
porte. J’ai eu l’impression de voir la
perplexité faite chat. M.D.
Il
y avait aussi le chat qui s'invitait. Aywaille. La place du chat: couché sur la
table, à ma droite, sage, patient, pas du tout envahissant. J'étais assis à la
droite de Papa, en face de Patrick, lui assis à la gauche de Maman. Yves
présidait. Le menu du jour était du poulet en papillote. je ne me souviens pas
de l'accompagnement. Il y avait donc, rassemblés dans un plat, différents
morceaux de poulet emballés dans de l'alu. Maman venait de déposer ce plat au
milieu de la table, plutôt en face de Papa et Maman. Soudain, le chat s'est
levé. C'était plutôt étonnant. Il est passé au-dessus de mon assiette et s'est
vautré entre Papa et moi, l'air très concentré. Puis, il a commencé à
s'allonger face à nous. Son attitude devenait bizarre. Il a étendu de plus en
plus ses pattes autour de sa tête et puis, d'un mouvement brusque et en
aveugle, il a lancé une patte en arrière, il a chopé un morceau de poulet avec
ses griffes, l'a mis dans sa gueule, s'est levé et a bondi hors de la table
pour s'enfuir ailleurs, le tout en une seconde. Personne n'a eu le temps de
réagir. Nous étions pour le moins abasourdis.
C'est
quand même très révélateur, s'il fallait encore le souligner, de l'intelligence
et de la construction mentale qu'est capable de produire un animal pour arriver
à ses fins. Philippe D.
Sagesse
finale Quand les chats organiseront des universités
pour partager tous leurs trucs, ils seront définitivement les maîtres de
l'univers. Ce qui serait peut-être paradoxalement la meilleure solution pour
assurer la survie du genre humain. Les chats ne pouvant se résoudre à se passer
de serviteurs. Y.
Légende polonaise
Il y a beaucoup plus de temps
qu'avant le temps présent, le long d'une rivière polonaise qui chantait bon le
printemps trottinant, une chatte blanche cherche ses petits. Ils jouent à chat
perché. Ils cherchent à attraper des papillons. Ils tombent à l’eau. Ils vont
se noyer. C'est sûr et certain.
C'est ainsi, c'est la nature, le
monde est cruel. La mère n'était pas assez attentive.
Sauf, que cette rivière qui coule
doucement dans la forêt profonde est un lieu pas ordinaire.
Elle s'accompagne de saules tendres
et pleureurs qui ont gardé leur âme d'enfance.
Les saules penchent leurs longues
branches graciles vers l'eau pour que les petits les attrapent. L'une s'y
accroche, une autre plante ses minuscules griffailles, un plus hardi saute. Les
chatons sont sauvés.
La mère les rejoint. Elle les lèche
jusqu'à les user.
Elle a remercié la rivière, elle a
salué chaque arbre. Les chatons sont rentrés à temps à la ferme voisine pour se
blottir au chaud dans la paille contre leur maman.
Depuis lors, à chaque printemps, sur
les branches de saule poussent de petits bourgeons, comme des fourrures à leur
pointe là où les chatons se sont accrochés.
Et cela fait comme une aquarelle
japonaise.
Et cela fait un tableau joliment
dessiné.
Et cela est vérité vraie. On appelle
ces bourgeons des chatons. Les arbres aiment le vivant, plantes, animaux et
humains. C'est pour cela qu'ils travaillent tant.
Michelle Troupin. Découverte Facebook (comme quoi pour 1000 pubs, un
article intéressant)
Envoi de Julie De Tender
Maurice.
Un jour de novembre, un couple
apporte un chat dans un cabinet vétérinaire de la banlieue de Liège. Le chat
est en mauvais état : du sang, plusieurs plaies, incapable de se tenir sur
ses pattes. Le couple explique : nous l’avons trouvé en rue, sans doute a-t-il
été renversé par une voiture. Nous vous le confions. Ce couple qui restera
toujours inconnu, c’est la première chance de Maurice.
Sa deuxième chance, c’est Fanny,
jeune vétérinaire qui se spécialise en orthopédie. Maurice passe à la
radiographie. Verdict : une triple fracture du bassin contre lesquelles
aucun traitement n’est possible, les os devront se ressouder sans aide aucune.
Encore plus grave, l’humérus droit est cassé et déplacé. Les autres blessures
sont bénignes et demandent juste une désinfection. La radio permet de déduire
son âge : à peine adulte, à peine un an. Pudique, il n’avait pas voulu
avouer son âge.
Fanny voudrait profiter de Maurice
pour se faire la main en réduisant la fracture. Ses patrons vétérinaires sont
d’accord pour fournir le matériel et l’assistance nécessaire à l’opération.
C’est la troisième chance de Maurice. Il sera cobaye. Une broche remet
l’humérus en place, une plaque le consolide. La patte ne peut pas être plâtrée,
c’est le repos qui permettra la soudure de l’os.
Maurice est consigné dans une cage.
Manger, boire, dormir, sa litière. Son monde se résume à peu de choses. Si un
chat dort beaucoup, Maurice dort énormément mais le cobaye se porte bien,
l’opération est un succès. Comme cobaye, il frétillait du nez et rongeait des
carottes mais, rassurez-vous, très vite il a repris son comportement de vrai
chat de gouttière.
Maurice est un matou tigré gris
clair. Une tache blanche sous le menton, histoire de nous rappeler ou les chats
apprécient les chatouilles. C’est pourtant au sommet du crâne, entre les deux
oreilles qu’il préfère les chatouilles. Il a aussi du blanc au bout des pattes.
Un peu de blanc, cela fait toujours chic : les gants blancs, les
chaussures de tennis, les pneus à flancs blancs…
Convalescent modèle, Maurice a su attirer la sympathie du
personnel de la clinique. Son état s’améliorant, Fanny se mit en quête d’un
nouveau foyer pour Maurice. Fanny et Julie ont fait leurs études ensemble.
Elles se connaissant et s’apprécient. Entre vétérinaires on parle animaux puis
chat puis adoption mais Julie va bientôt partir en voyage. Tant que les parents
peuvent encore servir à quelque chose…
Notre maison étant sans chat,
pourquoi pas ? Serait-ce encore une chance pour Maurice ?
Maurice arrive avec la cage et tout le toutim. Dans un
premier temps apeuré, il continue sa convalescence incarcéré. La soudure de
l’os reste fragile. Ensuite, premières petites sorties. Sa patte glisse
lamentablement sur le sol trop lisse. Une simple marche est un obstacle. Monter
sur une chaise un exploit impossible.
Tout doucement, les sorties durent
plus longtemps. Il se remuscle, l’appétit est là. Il ose une première sortie.
L’envie de mouvement grandit mais ses premières explorations du jardin se
feront en laisse. Il faut modérer ses envies. Les premiers ronronnements sont
rassurants.
La cage doit retourner à la
clinique. De toute façon, il en avait marre de devoir y retourner. Enfin la
liberté ! Maurice garde une légère boiterie, il fauche en avançant sa
patte. La descente des escaliers lui reste un peu compliquée et sa réception
après un saut reste prudente. Il reporte son poids sur sa patte valide.
En janvier, visite chez sa vétérinaire Fanny pour
contrôle. Nouveaux examens et probablement retrait de la plaque. La broche au
centre de l’os restera en place. Quelques jours de convalescence et l’accident
de Maurice sera définitivement derrière lui.
Pourquoi Maurice ? Il n’en dira
rien, les chats ont leurs mystères et ils y tiennent
Envoi de Perle Adler : Kamara et Kilifi
Kamara,
ranger au Lewa Wildlife Concervancy of Kenya, a élevé Kilifi, rhinocéros
orphelin. Il a passé douze heures par jour à le veiller. Le bébé embrasse son ami avec sa lèvre
supérieure crochue.
Autrefois abondants dans toute l’Afrique, les rhinocéros noirs ont été chassés et tués sans relâche par des colons, des chasseurs de gros gibiers européens et américains. Entre1960 et 1995, la population de rhinocéros noirs a chuté de 95%. Depuis, de sérieux efforts de conservation ont été entrepris. Malheureusement, les braconniers et les trafiquants continuent à alimenter la demande de corne de l’Asie du Sud-est.
O
Ce rond est-il rouge ? Alors ceci vous
concerne :
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