Mensuel de diffusion d’informations sur l’oralité,
les
conteurs et les raconteurs.
Juillet
2026 – N°403
P 912122 Bureau de dépôt OUPEYE
4680
Editeur
responsable : Marie-Claire Desmette, av. E. Ysaÿe, 32/224 4053 Embourg
Au sommaire, ce mois-ci :
- 2 Articles
- Spectacles – Veillées –Balades
- Festival
- Formations
- 5 4istoires !!!

Maison
du Conte de Liège
La
403ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes
quand ?
le vendredi 10 juillet 2026 à 19h
où ? Parc de Colonster, avenue des Erables, 4000 Liège
combien ?
4€
pour qui ? tout public
infos,
inscription pour conter : reservation
maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83
pas d’inscription pour
assister.
Oui,
vous avez bien lu. La 403ième
veillée à Colonster commence à 19h.
Inspirations
non obligatoires : Parlons du conte. Votre inspiration à vous sera la
bienvenue.
Maison
du Conte de Liège
Festival du conte de Chiny
Potée
de contes à la liégeoise par les conteurs Maison et leurs
amis
quand ?
les 11 et 12 juillet, 13h30, 17h, 19h. où ? Chapiteau
de Potée
combien ?
gratuit.
Pour qui ? Tout public
infos :
0497/61.51.05, 0476/65.37.83 ; maisonconteliege@gmail.com
Apéritif
samedi à 18h. Décontraction, bonne humeur, émotion. Moments complices agrémentés de musique.
Festival
du Conte de Chiny
Histoire
d'un jardin d’été par Zia Marsiat
quand ?
les samedi 11 et dimanche 12 juillet à 11h où ? Verger (Espace Lorrène)
combien ?
pour
qui ? De 0 à 3 ans
Zia
invite les tout-petits à un voyage plein de douceur où se mêlent contes,
musique et marionnettes. Des histoires qui se déposent là où les petites
oreilles se tendent… Un spectacle à savourer avec les sens, le nez en l'air et
les orteils dans l'herbe. Un moment à partager pour s’émerveiller avec son
enfant.
Festival
du Conte de Chiny
Paella
de Contes
par Maria
Estalayo Vega
quand ?
dimanche 12 juillet à 11h où ? Salle
de la Maison du Village
combien ?
12/6€
pour qui ? Tout public dès 5 ans
Plongez
dans l’univers savoureux d’une conteuse espagnole. Avec des ingrédients
soigneusement choisis dans la tradition orale de l’Espagne, ces contes pour
toute la famille vous transporteront dans le pays où le riz devient jaune comme
le soleil. Découvrez des histoires qui éveilleront votre appétit pour
l’aventure, via un voyage partagé où l’humour, la poésie et la musique sont des
épices essentielles. Spectacle en français avec une touche d'espagnol !
Maison
du Conte de Liège
La
404ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes
quand ?
le vendredi 14 août 2026 à 19h
où ? Parc de Colonster, avenue des Erables, 4000 Liège
combien ?
4€
pour qui ? tout public
infos,
inscription pour conter : reservation
maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83
pas d’inscription pour assister.
Nous
sommes toujours à Colonster et la veillée commence à 19h.
Inspirations
non obligatoires : L’eau, la sécheresse, l’or bleu…. Votre inspiration à
vous sera la bienvenue.
Des
méchants
édito
Sorciers, sorcières, ogres,
méchants, voici le thème de ce mensuel.
Les contes regorgent de ces
personnages effrayants, cruels, sans scrupule, anthropophages et j’en passe.
Aujourd’hui, l’actualité regorge
elle aussi de personnages tout aussi effrayants, sans scrupule, méchants, (mais
pas anthropophages ou alors symboliquement).
Quand la sorcière offre des bonbons
à Hansel et Gretel, évidemment, ils se ruent dessus, ils ont tellement faim
mais en ignorant que rien n’est jamais gratuit.
Quand c’est gratuit, cela signifie
que vous êtes le produit (ce qui est le cas pour eux puisque la sorcière veut
les manger).
Aujourd’hui, comment ne pas faire
le parallèle entre l’histoire des enfants abandonnés au Portugal par leurs
parents et le Petit Poucet ?
Que dire du vol d’enfants,
endoctrinés, dressés à faire la guerre contre leur propre nation ?
Dans notre monde rempli de
violences, de guerres, de famines, etc… ne sommes-nous pas, ici aussi, les
victimes, non consentantes, de ces nouveaux ogres ?
Dans notre monde de consommation
effrénée, ne sommes-nous pas, parfois « à l’insu de notre plein gré »,
les victimes, d’une grande variété de nouveaux ogres ?
En général, tout se termine bien
dans les contes, grâce à l’intervention de fées, de bottes de sept lieues, de
personnages courageux et rusés mais qui viendra nous tirer des pattes de ces
nouveaux ogres ?
Marie-Noëlle Herbiet
Spectacles
– Veillées – Balades
- le vendredi 3
juillet à 19h30, Zapero-contes Charleroi.
Participation au chapeau.
au Livre ou Verre, 6, passage de la
Bourse - 6000 Charleroi. Scène ouverte
animée par Ahmed Hafiz.
Infos au 0477/22.89.39.
Réservations non obligatoires.
Infos et
Inscriptions pour conter : zapérocontes.carolos@gmail.com
- le samedi 4
juillet à 18h et le dimanche 5 juillet à 11h, Le
Mètre décolle,
conte illustré pour adultes
Rue Potiérue, 25, à Herve. Réservation
obligatoire : 0472/45.79.93, dominique.ranzy@gmail.com
Lecture spectacle.
Le mode d’emploi du bonheur tient peut-être à une lettre.
- le dimanche 5
juillet à 10h, Les bêtes ont la parole, balade contée
par Gaëlle Commas.
RV Gare d’Aywaille, place Marcellis. Au
chapeau
Infos, réservation indispensable :
0497/32.32.82 ; contes@1001nuits-aywaille.be
Bouquet
d’histoires animales
Maison du Conte de
Charleroi
- le 5 juillet à 14h et 16H, Parc Bivort,
Jumet, Balade contée.
- le 6 juillet
départ 14h, Contes et légendes du Bois d'Havré (Mons)
- les 11 et 12
juillet à 10h30, festival du Conte de Chiny,
Balade Historicontée
L'atelier conte de
Charleroi présentera ses interventions le samedi et le dimanche après-midi.
Conte en balade
- le 6 juillet 15h,
Rouge-Cloître avec Carole
Joffrin et Annie la Sardine
- le 12 juillet à
13h0 et 15h, Festival du Conte de Chiny, avec Sophie
Clerfayt et Mousta Largo
- le 19 juillet
à14h30, Cimetière de Molenbeek avec Muriel
Durant et Unmée Sha
- le 26 juillet à
15h ; Parc Brugman avec Cindy
Sneessens et Geneviève Wendelsky
Réservation : 0497/78.20.75 conteenbalade.be/programme
Combien ?
Prix libre. Accessibles aux PMR accompagnés
Maison
du Conte de Liège
La
403ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes
quand ?
le vendredi 10 juillet 2026 à 19h
où ? Parc de Colonster, avenue des Erables, 4000 Liège
combien ?
4€
pour qui ? tout public
infos,
inscription pour conter : reservation maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83
pas d’inscription pour assister.
Oui,
vous avez bien lu. La 402ième
veillée à Colonster commence à 19h.
Inspirations
non obligatoires : Parlons du conte. Votre inspiration à vous sera la
bienvenue.
Festival du Conte de Chiny – 11 et 12
juillet 2026
Pass Village du Conte
Tarif plein
Tarif réduit
Habitant Chiny
Pass Week-end : 15€
8 €
gratuit
Pass 1 jour :
10 €
10€
Pass Balade :
Entrée site week-end + 3 spectacles en salle : 30€ 22€ 14€
Pass Traversée :
Entrée
site week-end + 5 spectacles en salle 45€ 32€ 24€
Pass Épopée :
Entrée
site week-end + 10 spectacles en salle 60€ 45€ 37€
Réservation
spectacle en salle à l'unité : 12€6€
Spectacles en salle
Le samedi 11
juillet
Crapule - Marie-Noëlle
Baquet, 11h
- Salle de la Maison du Village. Dès 2 ans et demi.
Le
voyageur sans valise - Pascal Guéran, - 11h Salle des
Anciennes Écoles. Dès 10 ans.
Le
parfum de l'orange - Khaled El Naanaa - 14h - Salle de
la Maison du Village. Dès 15 ans.
Coeur
de pirate
- Alice
Beaufort -
14h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 6 ans .
Eros
& Psyché -
Clélia Tavoillot & Max Grèze - 16h - Salle de la Maison du
Village . Dès 9 ans..
Pitis
zozios -
Muriel Revollon -
16h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 18 mois.
Femmes
mon école
- Boubacar
Ndiaye - 18h - Salle de la Maison du Village. Dès 10 ans.
Sang
dessus dessous
- Carole
Joffrin Samedi 11 juillet - 18h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 14
ans.
La
nuit des dépossédées - Ummée Shah - 20h - Salle de la Maison du
Village. Dès 14 ans.
Mon
rêve ira volant - Marie
Thys - 20h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 7 ans.
Le dimanche 12
juillet
Paella
de Contes
- Maria
Estalayo Vega -
11h - Salle de la Maison du Village. Dès 5 ans. Voir p. 2.
Martha,
Sofia,... entre deux terres - Marie Bylyna & Thierry Hercod
11h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 16 ans.
Refuge
2.0
- Emmanuel
De Loeul - 14h - Salle de la Maison du Village. Dès 12 ans.
Dans
le jardin des dieux - Clélia Tavoillot - Salle des Anciennes Écoles. Dès 7 ans.
Voyage
Sans Visa
- Boubacar
Ndiaye - 16h - Salle de la Maison du Village. Dès 7 ans.
Tues
mais Têtues - Cécile
Perus - 16h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 12 ans.
Ça
va
- Chantal
Dejardin - 18h - 50' + 30' (bord de scène) - Salle de la Maison du Village.
Dès 12 ans.
Mais
pour le reste oui - Mélancolie Motte - 18h - Salle des
Anciennes Écoles. Dès 8 ans.
La
Beauté du Geste - Muriel Revollon - 20h - Salle des
Anciennes Écoles. Dès 15 ans.
En rue et divers
Les samedi 11 et
dimanche 12 juillet
Balade
Historico-contée - Jacky Druaux & Christian Schaubroek -
10h - Départ Point Info.
Dès 7 ans. Sur
réservation - Places limitées.
Le
micro libre
à10h
- Chapiteau Musique. Tout public. Participation sur inscription.
Cartes
Blanches et Colorées - Les conteux d'plaisi - 10h30 -
Chapiteau Potée (Espace Corbuha)
Tout public.
Histoire
d'un jardin d'été - Zia
Marsiat 11h - Verger (Espace Lorrène). De 0 à 3 ans. Voir p. 2.
Les
contes d'intervention - 11h, 14h30, 17h30 - Parvis de l'Église (Espace
Lorrène). Tout public.
Le
Moulin à Histoires dites, re-dites et inédites - Cécile
Perus t - 11h30 - Noyer (Espace Corbuha). À partir de 3 ans.
200
TOURS / MINUTE - Cie.
Le Compost - 12h - Verger (Espace Lorrène). Tout public, dès 7 ans.
Contes
d'amour et du désir de vivre - Arnaud De Muynck &
Laurence Deydier - 12h30 –
Chapiteau Potée
(Espace Corbuha). Dès 7 ans.
Atelier
conte des Créateliers Samedi 11 juillet - 13h - 30' - Parvis de l'Église
(Espace Lorrène)
Dimanche 12
juillet - 13h, 16h - 30' - Parvis de l'Église (Espace Lorrène). Tout public.
Balade
nature : Les contes de l'arbre - Christian
Schaubroek - 13h30 - - Départ Point Info
Dès 6 ans. Sur
réservation - Places limitées.
Potée
de contes
- Maison
du Conte et de la Parole Liège-Verviers - 13h30, 17h, 19h - 30' –
Chapiteau Potée
(Espace Corbuha). Tout public.
La
Criée aux Oiseaux - Cie. Bécots les Cœurs Récolte des
messages de 14 à 16h.
Spectacle à 16h -
Dès 5 ans.
Le
sac à carabistouilles - Muriel Durant - 15h - Cour des
Contes (Espace Lorrène). 18 mois - 4 ans
Sur réservation -
Places limitées
Siestes
contées -
Sophie Clerfayt & Mousta Largo (Conte en Balade) - 15h - 40' -
Verger (Espace Lorrène). Tout public.
La
Cyclo-guinguette : Contes
ambulatoires - Françoise
Danjoux (Cie. Sac à Son)
- 16h - Usoir 19
(Espace Corbuha). Tout public.
Contes
en éclats - Maison
du Conte de Charleroi, samedi 11 juillet - 16h, 18h - Parvis de
l'Église (Espace Lorrène). Dimanche 12 juillet - 18h - Noyer (Espace Corbuha). Tout
public.
Tchivå
: Balade conte et musique avec les chevaux et l'attelage - Cie.
Renard Noire
Samedi 11 juillet
- 16h30 - Départ champ Tchivå (Espace Corbuha). Dès 6 ans.
Sur réservation -
Places limitées
Tchivå
: Balade contée en musique aux
côtés chevaux - Cie.
Renard Noire
Dimanche 12
juillet - 16h30 - Départ champ Tchivå (Espace Corbuha). Dès 6 ans.
Sur réservation -
Places limitées
Conférence
contée sur les fées – Nittachowa Samedi 11 - 17h -
45' - Cour des Contes (Espace Lorrène). Dès 11 ans
La
belle histoire du conteur de rue et de la pierre gravée - Dominique
Déléhouzé 18h30 - Verger (Espace Lorrène). Dès 7 ans.
Balade
contée : Autour des oiseaux et de la Semois - Isabelle
Prévost -
19h - Départ de l'Embarcadère. Tout public. Sur réservation - Places limitées.
A
bâbord la mouette, à tribord le homard (vive les crevettes et Jean-Michel Jarre) - Cie.
HurluBerlu - 19h30 - 65' - Usoir 19 (Espace Corbuha). Tout public, dès 8
ans.
Tchivå
: Veillée en conte et musique près des chevaux - Cie.
Renard Noire, dimanche 12 juillet - 20h30 - Champ Tchivå
(espace Corbuha). Dès 8 ans.
Veillée
contée autour du feu, samedi 11 juillet
à partir de 21h30, dimanche 12 juillet à partir de 22h30. Tout public
Infos, réservation
sur
le site Festival du Conte de Chiny
Festival
du Conte de Chiny
Maison du Conte de Liège
Histoire
d'un jardin d’été par Zia Marsiat
quand ?
les samedi 11 et dimanche 12 juillet à 11h où ? Verger (Espace Lorrène)
combien ?
pour qui ? De 0 à 3 ans
Voyage
plein de douceur où se mêlent contes, musique et marionnettes. Des histoires
qui se déposent là où de petites
oreilles se tendent. Voir p. 2.
Maison
du Conte de Liège
Festival du conte de Chiny
Potée
de contes à la liégeoise par les conteurs Maison et leurs
amis
quand ?
les 11 et 12 juillet, 13h30, 17h, 19h. où ?
Chapiteau de Potée
combien ?
gratuit.
Pour qui ? Tout public
infos :
0497/61.51.05, 0476/65.37.83 ; maisonconteliege@gmail.com
Apéritif
samedi à 18h.
Décontraction,
bonne humeur, émotion. Moments complices
agrémentés de musique.
- le weekend du 11
et 12 juillet à 14h30, Au fil des histoires par Aurélie
Béco
à
Bêche (Vielsalm) dans le cadre du festival Bitume (https://www.facebook.com/festivalbitume/).
Adresse: Bêche, 6690 Vielsalm
Spectacle de
contes intimiste, poétique, clownesque et qui fait réfléchir.
Festival
du Conte de Chiny
Maison du Conte de Liège
Paella
de Contes
par Maria
Estalayo Vega
quand ?
dimanche 12 juillet à 11h où ?
Salle de la Maison du Village
combien ?
12/6€
pour qui ? Tout public dès 5 ans
Le pays où le riz devient jaune comme le
soleil. Des histoires qui éveilleront votre appétit pour l’aventure, via un
voyage partagé où l’humour, la poésie et la musique sont des épices
essentielles. Spectacle en français avec
une touche d’espagnol. Voir p. 2.
- le 19 juillet à 14h.30, Scène Ouverte de Mons-Tournai et Cie, au Jardin Suspendu à Mons.
Au chapeau
Inscriptions : christian.veheyden@gmail.com (0472/041527)
paulema@scarlet.be (0477-225647)
Venez avec un
conte (durée approximative : entre 2 et 10 minutes), une chanson, un slam,
une poésie,
Chiny
- Du mercredi 8 au dimanche 12 juillet, Conte
d’intervention
par Yvan Couclet et Etienne Piette
Rue de Lorrène 3, 6810, Chiny. 400
€ (hébergement et repas compris). Pour tous.
infos et inscription : 32
(0)61 32 07 56 ; animation@conte.be 12 places disponibles
Apprendre à conter
dans des lieux animés. Vous découvrirez comment capter l’attention d’un public
de passage et adapter votre narration à l’environnement. Ce stage de cinq jours
se compose donc d'une partie théorico-pratique et d'une finalité pratique
"performance contée" sur le terrain les samedi et dimanche 11 et 12
juillet.
- du mercredi 8 au
vendredi 10 juillet, Imaginer et raconter
des histoires pour les tout-petits
par Françoise Danjoux
Rue de Lorrène 3,
6810, Chiny . 300 € (hébergement et repas compris). 12 places
disponibles.
Inos et
inscription : 32 (0)61 32 07 56 ; animation@conte.be
Conter aux très
jeunes enfants demande une connaissance de la tradition orale et des
différentes formes de récits adaptés à ce public spécifique : contes courts,
premiers récits (comptines, jeux de doigts, enfantines, etc.), ainsi qu’un
engagement dans leur interprétation.
Le
cupide et l’envieux
Voici un petit récit moyenâgeux qui
l’illustre à merveille.
Donc, nous avons Paul, le cupide et
Pierre, l’envieux. Quel est le pire des deux ? A vous de philosopher pour
en venir à bout. Je les déteste
pareillement.
Ainsi donc les voilà ce jour-là au
marché du village occupés à dire du mal, à penser mal, à vivre mal. Lassés de
toutes ces méchancetés réelles ou imaginaires, ils quittent ensemble la grand-
place. Ils n’ont ni amis ni familles. Qui voudrait d’eux ? Même pas un
chien galeux. Arrivés dans la rue du Bailly, ils tombent nez à museau avec un
cavalier.
Celui-ci cherche son chemin. Ils se
proposent pour le mener à bonne route.
Il y a toujours espoir de prendre
quelques écus au manant, de gré ou de force.
L’homme n’est autre que St-Martin.
Il a vite compris la manœuvre et se prend au jeu de tester leur bêtise autant
que leur méchanceté.
-Je suis St-Martin. Je vais prendre
sur la droite en direction de la chapelle. Pour vous remercier de m’avoir guidé
jusqu’ici, je donnerai à l’un ce qu’il veut et à l’autre le double.
L’un et l’autre restent sans voix,
sans choix. Si l’un présente un souhait l’autre aura double ration. Ce n’est
pas possible, ce n’est pas tenable. C’est proprement intolérable. Ils se
taisent donc et baissent les yeux un long moment.
Enfin Paul se résigne à prendre la
parole.
-Je ne peux ni ne veux demander
argent ou richesse puisque l’autre aura le double.
Je demande donc de perdre un œil
comme cela mon frère en perdra deux.
St-Martin accepte le souhait et
fait donc l’un borgne et l’autre aveugle.
Ils n’en retirèrent aucun des deux aucun
profit.
Gremlins-machine
Des méchants, il y en a beaucoup dans les contes. Peut-être parce que chaque être humain comporte une part d’ombre. Faire le mal se découvre à tous les coins de rues, dans chaque foyer : un animal maltraité, un mari à la main leste, un enfant violent, un chef d’état invoquant « la restauration d’un empire territorial ».
Alors, pour souffler un peu, on
décroche des médias et des réseaux sociaux.
Seul sont permis les chants
d’oiseaux, les tulipes colorées, les pensées positives.
J’en suis là de ma réflexion quand
j’arrive près de la maison.
Le nouvel ordinateur ! La
nouvelle imprimante !
L’ancienne était parfaite mais
décrétée obsolète par la « nouvelle fenêtre, en anglais bien sûr. »
Promesse de trouvailles diverses, de stress fréquent, d’un nouveau secrétariat
impeccable. C’est promis, tout sera parfait.
Je me gare sans me soucier de
l’impatience masculine caractérisée.
Je rentre les bras chargés. Les
chats sont tout excités. De nouvelles caisses donc de nouveaux jouets !
Ils y plongent alors que les fils y
traînent encore. Oui, je suis de la génération des « fils », vieux
relent du téléphone fixe, noir, posé dans le salon, sur un guéridon, sur un
napperon en dentelles.
Mental training d’abord :
« tout va bien se passer ».
Je monte l’ensemble. Au tour de
l’imprimante, lourde, sombre, à l’air peu avenant.
J’aurais dû me méfier !
Dehors, le ciel s’assombrit, le tonnerre gronde, les éclairs fusent, l’engin
grogne. Elle a fait sauter le wifi, elle a fait peur aux chats, elle a refusé
de se soumettre, elle a promis de se syndiquer, elle a fait rater le barbecue.
C’est sûr, c’est une figure diabolique technologique moderne.
Depuis, je prends mes précautions,
je la salue matin et soir, m’inquiète de sa santé, m’intéresse à ses opinions.
J’ai interdit aux chats de l’importuner.
Et dire, qu’il faudra bientôt
changer les cartouches.
Elle a pris ses quartiers dans le
salon. Plus moyen de lui échapper !
Moment vécu de et par Michelle
Troupin.
La longue chevauchée du
sire de Chimay.
Jean de Croy est sire de Chimay.
Maître des lieux, de tous gens, de toutes choses, de toute terre.
Il passe son temps à chasser. La
traque, l’animal épuisé, à bout de force, c’est ce qui le fait vibrer.
Ce jour-là, la chasse se prolonge.
Un grand cerf, un 12 cors touché, blessé s’enfuit.
Au loin, on voit son pelage
ruisselant. On peut imaginer sa peur, on peut sentir sa détresse.
Il ne lâchera pas, c’est un vieux
mâle, prêt à tout pour survivre. Jean de Croy le sait, le pressent. Ce sera un
combat, un corps à corps, Jean face à la bête. C’est ce qu’il préfère.
Il renvoie piqueurs et veneurs. Il
poursuit seul. D’abord le cerf tourne dans les campagnes avoisinantes. Jean, à
sa suite, couche les blés les uns après les autres.
La dernière heure de la bête n’est
pas loin.
Le soleil s’enfuit dans la nuit. Le
cerf retrouve quelques forces, s’enfonce dans la forêt touffue. Jean le suit.
Ils sont liés tous les deux par un pacte. A la vie, à la mort.
Qu’importe le prix à payer. Une
lutte pareille vaut bien des champs ravagés, des cultures détruites.
Le cerf plonge enfin dans des
ravines, des couloirs, des halliers. Jean n’arrive plus à le pister. Il descend
de cheval. L’obscurité est profonde. Il sonne de la corne. Rien. Personne.
L’écho lui répond. Il est perdu. Le temps passe. Soudain, des voix, des
branches qui craquent. Jean est soulagé. Les paysans vont le ramener au
château.
Et que nenni !
Ces paysans-là, pour une fois, vont
désobéir à l’ordre absolu. Ce seigneur qui saccage, jour après jour, leur
travail, leur moisson, leur honneur mais qui sait réclamer l’impôt et
l’obéissance. Ils s’emparent du crotté sire et l’emmène dans un puit profond
abandonné.
-Tu croupiras là !
Chaque matin on descend une corde
avec un pichet d’eau et un pain.
-Ta pitance pour la journée.
Jean se désespère. Il pense à sa
femme, à sa famille. Il guette les bruits de la vie quotidienne. Un jet de
lumière lui parvient par une faille dans la pierre, minuscule espace de clarté.
Les troupeaux qui passent, les
rires des enfants, le chant des oiseaux, les cloches qui sonnent. Le temps se
prélasse. Jean maigrit, il a faim. Il a froid. L’hiver s’invite tôt cette
année-là.
On lui jette une légère couverture
pour faire face à la bise glaciale et au gel glaçant.
Jamais plus il ne songe à la chasse, à tuer, à
meurtrir, à faire souffrir hommes et bêtes. Au printemps, la nature s’éveille.
Un petit berger vient faire paitre
ses moutons à proximité. Pour s’amuser, il tire avec un arc. Une flèche vient
se loger dans le petit creux lumineux. Jean attrape la flèche par un bout,
l’enfant par l’autre. Le petit est terrifié lorsque Jean lui parle. Un puit
abandonné qui s’adresse à lui.
-Va au château, dis à ma femme que
j’ai survécu. Je suis prisonnier. Voici une pierre brodée de mon noble habit.
Tu lui donneras. Elle le reconnaitra. Aide-moi et tu seras riche.
L’enfant va au château, donne la
pierre à la dame. Elle sèche ses larmes. Elle appelle vassaux et chevaliers,
nobles et bourgeois pour punir Couvin de l’horrible crime. On fait sortir Jean
de sa prison de dessous la terre. IL a le cheveu blanc et l’âme calme.
De toutes manières, les gens de
Couvin ont bien précisé qu’ils n’étaient au fait de quoi que ce soit.
Jean rentre chez lui, heureux et
magnanime. Il a juste fait abattre le château de chasse. Plus jamais il n’a
chassé. Il a préféré protéger la nature. D’ailleurs, on raconte aux alentours,
qu’un vieux cerf à 12 cors a été aperçu sur sa pelouse l’année suivante.
Réécriture de Michelle Troupin. D’après « De bien curieux personnages
in « contes et légendes d’Entre-Sambre-et-Meuse » de Roger Foulon. Edition Paul Legrain.
Le
Petit Poucet
Il était une fois un bucheron et
une bucheronne. Ils sont fort pauvres. Ils
ont 7 garçons. L’aîné a dix ans, le plus
jeune, sept. On l'appelle le Petit Poucet.
Une année, la famine est si grande
que ces pauvres gens décident de se défaire de leurs enfants.
Un soir que ces enfants sont
couchés, le bûcheron dit à sa femme :
- Tu vois bien que nous ne pouvons
plus nourrir nos enfants ; je ne saurais les voir mourir de faim devant mes
yeux, et je suis résolu de les mener perdre demain au bois,
- Ah ! Pourrais-tu toi-même
mener perdre tes enfants !
Son mari a beau lui présenter leur
grande pauvreté, elle ne peut y consentir ; elle était pauvre, mais elle
était leur mère. Cependant, elle finit par consentir.
Le Petit Poucet oit tout ce qu'ils
disent. Il se lève de bon matin, et va au bord d'un ruisseau, où il emplit ses
poches de petits cailloux blancs.
On part. Ils vont dans une forêt
fort épaisse, où, à dix pas de distance, on ne se voit pas l'un l'autre.
Le bûcheron se met à couper du bois
et ses enfants à faire des fagots.
Le père et la mère, les voyant
occupés à travailler, s'éloignent d'eux insensiblement, et s'enfuient par un
petit sentier détourné.
Lorsque ces enfants se voient
seuls, ils se mettent à crier et à pleurer.
- Ne craignez point, mes frères ;
mon père et ma mère nous ont laissés ici. Mais je vous ramènerai bien au
logis : suivez-moi seulement.
Ils le suivent, il les mène jusqu'à
leur maison.
Dans le moment que le bûcheron et
la bûcheronne arrivent chez eux, le seigneur du village leur envoie dix écus,
qu'il leur devait il y avait longtemps, et dont ils n'espéraient plus rien.
Le bûcheron envoie sur l'heure sa
femme à la boucherie. Comme il y a longtemps qu'elle n'a pas mangé, elle achète
trois fois plus de viande qu'il n'en faut pour le souper de deux personnes.
Lorsqu'ils sont rassasiés, la
bûcheronne dit :
- Hélas ! où sont maintenant
nos pauvres enfants ! Ils feraient bonne chère de ce qui nous reste là.
Mais aussi Guillaume, c'est toi qui les as voulu perdre : j'avais bien dit
que nous nous en repentirions. Que font-ils maintenant dans cette forêt ?
Hélas ! mon Dieu, les loups les ont peut-être déjà mangés ! Tu es
bien inhumain d'avoir perdu ainsi tes enfants !
Le bucheron la menace de la battre
si elle ne se tait. Ce n'est pas que le bûcheron ne soit peut-être encore plus
fâché que sa femme, mais c'est qu'elle lui rompt la tête, et qu'il est de
l'humeur de beaucoup d'autres gens, qui aiment fort les femmes qui disent
bien, mais qui trouvent très importunes celles qui ont toujours bien dit.
La bûcheronne est tout en pleurs.
- Hélas ! où sont maintenant
mes enfants, mes pauvres enfants !
- Nous voilà ! nous
voilà !
Elle court vite leur ouvrir la
porte :
- Que je suis aise de vous revoir,
mes chers enfants !
Ils se mettent à table, et mangent
d'un appétit qui fait plaisir au père et à la mère.
Ces bonnes gens sont ravis de
revoir leurs enfants avec eux, et cette joie dure tant que les dix écus durent.
Mais, lorsque l'argent est dépensé,
ils retombent dans leur premier chagrin, et décident de les perdre encore.
Ils sont entendus par le Petit
Poucet, qui fait son compte de sortir d'affaire comme il avait déjà fait ; mais
il trouve la porte de la maison fermée à double tour.
Il ne sait que faire. Lorsque la
bûcheronne leur ayant donné à chacun un morceau de pain pour leur déjeuner, il
songe qu'il pourrait se servir de son pain au lieu de cailloux, il le serre donc
dans sa poche.
Le père et la mère les mènent dans
l'endroit de la forêt le plus épais et le plus obscur ; et, dès qu'ils y sont, les
laissent là.
Le Petit Poucet ne s'en chagrine
pas beaucoup, parce qu'il croit retrouver aisément son chemin, par le moyen de
son pain qu'il avait semé partout où il avait passé ; mais il est bien surpris
lorsqu'il ne peut en retrouver une seule miette : les oiseaux sont venus
qui ont tout mangé.
Les voilà donc bien affligés ; car,
plus ils marchent, plus ils s'égarent et s'enfoncent dans la forêt.
La nuit vient. Ils croient n'entendre de tous côtés que les
hurlements de loups qui viennent à eux pour les manger.
Il survient une grosse pluie, qui
les perce jusqu'aux os ; ils glissent à chaque pas, et tombent dans la boue. Le
Petit Poucet grimpe au haut d'un arbre, pour voir s'il ne découvrirait rien ;
il voit une petite lueur comme d'une chandelle, mais qui est bien loin,
par-delà la forêt.
Ils arrivent enfin à la maison. Ils
heurtent à la porte, et une bonne femme vient leur ouvrir.
Le Petit Poucet lui dit qu'ils
étaient de pauvres enfants qui se sont perdus dans la forêt, et qui demandent à
coucher par charité.
Cette femme, les voyant tous si
jolis, se met à pleurer, et leur dit :
- Hélas ! mes pauvres enfants,
où êtes-vous venus ? Savez-vous bien que c'est ici la maison d'un Ogre qui
mange les petits enfants ?
- Hélas ! madame, lui répondit le Petit Poucet, que ferons-nous ? Il
est bien sûr que les loups de la forêt ne manqueront pas de nous manger cette
nuit si vous ne voulez pas nous retirer chez vous, et, cela étant, nous aimons
mieux que ce soit Monsieur qui nous mange ; peut-être qu'il aura pitié de nous
si vous vouliez bien l'en prier.
La femme de l'Ogre, qui croit
qu'elle pourrait les cacher à son mari jusqu'au lendemain matin, les laisse
entrer, et les mène se chauffer auprès d'un bon feu.
L'Ogre revient. Aussitôt sa femme
les fait cacher sous le lit, et va ouvrir la porte.
L'Ogre demande d'abord si le souper
est prêt, et si on a tiré du vin, et aussitôt se met à table.
Le mouton est encore tout sanglant,
mais il ne lui en semble que meilleur. Il flaire à droite et à gauche, disant
qu'il sentait la chair fraîche.
- Il faut, lui dit sa femme, que ce
soit ce veau que je viens d'habiller, que vous sentez.
- Je sens la chair fraîche, te dis-je encore une fois, reprend l'Ogre, en
regardant sa femme de travers, et il y a ici quelque chose que je n'entends
pas.
- Ah ! dit-il, voilà donc
comme tu veux me tromper, maudite femme ! Je ne sais à quoi il tient que
je ne te mange aussi : bien t'en prend d'être une vieille bête. Voilà du
gibier qui me vient bien à propos pour traiter trois ogres de mes amis, qui
doivent me venir voir ces jours-ci.
Il les tire de dessous le lit, l'un
après l'autre. Les pauvres enfants se mettent à genoux, en lui demandant pardon
; mais ils ont affaire au plus cruel de tous les ogres, qui, bien loin d'avoir
de la pitié, les dévore déjà des yeux.
Il va prendre un grand couteau Il
en a déjà empoigné un enfant, lorsque sa femme lui dit :
- Que voulez-vous faire à l'heure
qu'il est ? N'aurez-vous pas assez de temps demain.
- Tu as raison, dit l'Ogre : donne-leur bien à souper, afin qu'ils ne
maigrissent pas, et va les mener coucher.
La bonne femme est ravie de joie,
et leur porte bien à souper ; mais ils ne peuvent manger, tant ils sont saisis
de peur.
Pour l'Ogre, il se remet à boire,
ravi d'avoir de quoi si bien régaler ses amis. Il boit une douzaine de coups de
plus qu'à l'ordinaire : ce qui lui donne un peu dans la tête, et l'oblige
de s'aller coucher.
L'Ogre a sept filles, qui ne sont
encore que des enfants. Elles ne sont pas encore fort méchantes mais elles
promettent beaucoup, car elles mordent déjà les petits enfants pour en sucer le
sang.
Elles sont toutes sept dans un
grand lit, ayant chacune une couronne d'or sur la tête. Il y a dans la même
chambre un autre lit de la même grandeur : c’est dans ce lit que la femme
de l'Ogre met coucher les sept petits garçons ; après quoi, elle s'en va
coucher auprès de son mari.
Le Petit Poucet, prenant les
bonnets de ses frères et le sien, va tout doucement les mettre sur la tête des
sept filles de l'Ogre, après leur avoir ôté leurs couronnes d'or, qu'il met sur
la tête de ses frères et sur la sienne.
L’Ogre s’éveille.
- Allons voir, dit-il, comment se
portent nos petits drôles.
L'Ogre sent les couronnes
d'or :
- Vraiment, dit-il, j'allais faire
là un bel ouvrage ; je vois bien que je bus trop hier au soir.
Il va ensuite au lit de ses filles,
où, ayant senti les petits bonnets des garçons :
- Ah ! les voilà, dit-il, nos
gaillards ; travaillons hardiment. En disant ces mots il coupe la gorge à ses
sept filles. Fort content de cette expédition, il va se recoucher auprès de sa
femme.
Aussitôt que le Petit Poucet entend
ronfler l'Ogre, il réveille ses frères, et leur dit de s'habiller promptement
et de le suivre.
Ils descendent doucement dans le
jardin et sautent par-dessus les murailles. Ils courent presque toute la nuit,
toujours en tremblant, et sans savoir où ils vont.
L'Ogre, s'étant éveillé, dit à sa
femme :
- Va-t'en là-haut habiller ces
petits drôles d'hier au soir.
L'Ogresse aperçoit ses sept filles
égorgées et nageant dans leur sang.
Elle commence par s'évanouir.
L'Ogre voit l’affreux spectacle.
- Ah ! qu'ai-je fait là ?
s'écrie-t-il. Ils me le payeront, les malheureux, et tout à l'heure.
Il jette aussitôt une potée d'eau
dans le nez de sa femme ; et, l'ayant fait revenir :
- Donne-moi vite mes bottes de sept
lieues, lui dit-il, afin que j'aille les attraper.
Il se met en campagne, et, après
avoir couru bien loin de tous les côtés, enfin il entre dans le chemin où
marchent ces pauvres enfants, qui ne sont plus qu'à cent pas du logis de leur
père.
Le Petit Poucet, qui voit un rocher
creux proche du lieu où ils sont, y fait cacher ses six frères et s'y fourre
aussi, regardant toujours ce que l'Ogre deviendrait.
L'Ogre, qui n’en peut plus de
fatigue, s'endort. Le Petit Poucet,
s'étant approché de l'Ogre, lui tire doucement ses bottes, et les met aussitôt.
Les bottes sont fort grandes et fort larges ; mais, comme elles sont fées,
elles ont le don de s'agrandir et de s'apetisser selon la jambe de celui qui
les chausse ; de sorte qu'elles se trouvent aussi justes à ses pieds et à ses
jambes que si elles avaient été faites pour lui.
Il va droit à la maison de l'Ogre,
où il trouve sa femme qui pleure auprès de ses filles égorgées.
- Votre mari, lui dit le Petit
Poucet, est en grand danger : car il a été pris par une troupe de voleurs,
qui ont juré de le tuer s'il ne leur donne tout son or et tout son argent. Dans
le moment qu'ils lui tenaient le poignard sur la gorge, il m'a aperçu et m'a
prié de vous venir avertir de l'état où il est, et de vous dire de me donner
tout ce qu'il a de vaillant, sans en rien retenir, parce qu'autrement ils le
tueront sans miséricorde. Comme la chose presse beaucoup il a voulu que je
prisse ses bottes de sept lieues que voilà, pour faire diligence, et aussi afin
que vous ne croyiez pas que je sois un affronteur.
La bonne femme, fort effrayée, lui
donne aussitôt tout ce qu'elle a.
Il y a bien des gens qui ne
demeurent pas d'accord de cette dernière circonstance, et qui prétendent que le
Petit Poucet n'a jamais fait ce vol à l’Ogre ; qu'à la vérité il n'avait pas
conscience de lui prendre ses bottes de sept lieues, parce que l’Ogre ne s'en
servait que pour courir après les petits enfants.
Ces gens-là assurent le savoir de
bonne part, et même pour avoir bu et mangé dans la maison du bûcheron. D’après
eux, le Petit Poucet chausse les bottes de l'Ogre, va à la cour, où on est fort
en peine d'une armée qui est à deux cents lieues de là, et du succès d'une
bataille qu'on y a donnée.
Il va, disent-ils, trouver le roi
et lui dit que, s'il le souhaite, il lui rapporterait des nouvelles de l'armée
avant la fin du jour.
Petit Poucet rapporte des
nouvelles, dès le soir même ; et, cette première course l'ayant fait connaître,
il gagne tout ce qu'il veut ; car le roi le paie parfaitement bien pour porter
ses ordres à l'armée.
Après avoir fait pendant quelque
temps le métier de courrier, et y avoir amassé beaucoup de bien, il revient
chez son père, où il n'est pas possible d'imaginer la joie qu'on a de le
revoir.
Il met toute la famille à son aise.
Il achète des offices de nouvelle création pour son père et pour ses frères ;
et par là il les établit tous, et fait parfaitement bien sa cour en même temps.
M-Cl Desmette d’après Le Petit Poucet, de Charles
Pessault in Contes des Fées, Livre Club du Libraire, 1657.
Le Petit Poucet de Charles Perrault
est l’un des nombreux contes ATU700.
Bien des versions l’ont précédé. Je vois son apport dans une réécriture
minutieuse et réaliste. Les personnages ont plusieurs facettes. Il ajoute ses réflexions. Je vous conseillerais volontiers la lecture
du texte intégral. Et pourquoi pas en
langue originale, facile comprendre. « Il estoit une fois … »
(Je vous rappelle que le règlement de la Poste nous impose des textes originaux ou des « d’après » et non la copie intégrale)
Le
conte et quelques méchants
M-Cl Desmette
Petite période glaciaire
Peut-on considérer comme méchant,
le gel qui a anéanti toutes les récoltes pendant plusieurs années sous le règne
de Louis XIV ? Provoquant ainsi de
sévères famines.
Le Père des enfants
Au lieu d’avouer que la nourriture
partagée en deux sera plus abondante que partagée en neuf, le père parle de son
chagrin à voir mourir ses enfants. Au
lieu de les tuer lui-même, il en charge les loups. Il menace sa femme de la
battre si elle ne lui obéit pas.
Les Loups
Actuellement, on professe que les
loups craignent les humains et s’en écartent.
Mais la famine était pour eux aussi.
Comment réagit un loup affamé ?
L’ogre
Gourmand de chair fraîche. Ivrogne.
Tueur d’enfants. Les filles se sont-elles réveillées ? Débattues ?
Y a-t-il encore actuellement de
vrais ogres ? Ou les enfants
ont-ils à craindre les pédophiles de toutes sortes ? La réponse est oui, hélas.
Les 7 filles de l’Ogre
Elles mangent de la chair fraîche
comme leur père. Elles mordaient les
petits enfants pour en sucer le sang. J’ai entendu dire que dans les crèches,
il fallait faire attention à ce que les enfants ne se mordent pas entre eux.
L’alcool
Si l’Ogre n’avait pas été si saoul,
il ne se serait pas obstiné à vouloir tuer les gamins le soir même.
En plein jour, il aurait reconnu
ses filles et ne les aurait pas tuées.
La femme de l’ogre
Elle est, comme la mère des
enfants, incapable de s’opposer aux volontés de l’ogre, son mari.
Et les femmes de nos pédophiles qui
ferment les yeux ?
Poucet tueur ?
Poucet a-t-il voulu la mort des
filles de l’Ogre ? Il en a au moins pris le risque.
Poucet escroc
Il use de son charme pour baratiner
la femme de l’ogre, lui mentir et lui voler l’argent du ménage.
Le Roi
Il se contente de déclarer la
guerre et d’envoyer les autres se faire tuer.
De provoquer séparations, destructions, blessures, deuils.
La société tout entière
Il y en aurait gros à dire et je
n’ai quasi plus de place. J’épingle le patriarcat.
La différence entre les riches et
les pauvres devant les aléas de la vie et particulièrement la famine.
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