Mensuel de diffusion d’informations sur
l’oralité,
les conteurs et les raconteurs.
Février 2026 – N°398
P 912122 Bureau de dépôt OUPEYE 4680
Editeur
responsable : Marie-Claire Desmette, av. E. Ysaÿe, 32/224 4053 Embourg
Au
sommaire, ce mois-ci:
- 1
Article
-
Spectacles – Veillées – Balades
-
Formations – Atelier
-
5 histoires
Tous
les abonnés payants à notre Mensuel sont membres adhérents de la Maison du
Conte et de la Parole de Liège asbl. Ils
sont invités à participer à l'Assemblée Générale du 8 mars 2026 qui aura lieu à
15h au siège social, 16, rue des Oblats, 4030 Liège. Les adhérents ont voix consultative,
c'est-à-dire que leur avis est le bienvenu mais ils ne participent pas aux
votes. Les membres effectifs seront
invités personnellement. Ils jouissent de voix délibérative, c'est-à-dire
qu'ils participent de plein droit aux votes.
Si
vous avez l’intention de participer à la réunion, pour faciliter l’organisation
de la journée prière de vous annoncer sur maisonconteliege@gmail.com.
Bienvenue
!!!!!
Maison du Conte de Liège
398ième Veillée du 7- Scène ouverte,
spectacle de contes
quand ? le vendredi 13 février 2026 à
20h où ? Théâtre à Denis, 302,
rue Ste Marguerite, 4000 Liège
combien ? 4€
pour qui ? tout public
infos, inscription pour conter : reservation
maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05,
0476/65.37.83
pas d’inscription pour assister.
Saint Valentin oblige, l’inspiration nous
portera vers les contes et les histoires d’amour. Venez vous réchauffer à leur chaleur et à
l’ambiance conviviale de notre veillée.
Votre inspiration originale aussi sera la bienvenue.
Maison du Conte de Liège
Atelier conte 2026 animé par Paul Fauconnier
quand ? les 7 février, 7 mars, 4 avril,
9 mai et 6 juin
où ? Studio Integrated » - Quai Mativa
59 - 4020 Liège. Combien ?
50€/séance
infos : 0497/61.51.05 ; 0476/65.37.83
Très peu de théorie, beaucoup de
pratique. Le travail individuel se fait
en groupe. On part des atouts, des
compétences, des acquis de chacun, pour aller plus loin, avec l’aide complice
du groupe.
Maison du Conte de Liège
399ième Veillée du 7- Scène ouverte,
spectacle de contes
quand ? le vendredi 13 mars 2026 à
20h où ? Théâtre à Denis, 302,
rue Ste Marguerite, 4000 Liège
combien ? 4€
pour qui ? tout public
infos, inscription pour conter : reservation
maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05,
0476/65.37.83
pas d’inscription pour assister.
Du jour de la femme, nous faisons le mois de
la femme. Le mois des battantes. Inspiration proposée et non obligatoire. Nous nous réjouissons de vous retrouver dans
une ambiance conviviale.
Nouvelles du monde du conte, de la politique de la
culture
International Storytelling Festival Alden
Biesen - Scène Ouverte. Cher amateur / Chère amatrice du conte,
C’est avec grand plaisir qu’Alden Biesen organise, le samedi soir 25 avril
2026, dans le cadre de son Festival international du conte, une scène ouverte.
Si
vous souhaitez raconter vous-même une histoire ou si vous connaissez quelqu’un
dans votre entourage qui aimerait tenter l’expérience, nous vous offrons une
belle opportunité.
N’hésitez
pas à faire passer le message ! Bien cordialement, Katrijn Beelen, Verantwoordelijke Vertelkunst|
Storytelling. +32 (0) 89 51 93 54. Kasteelstraat 6 | 3740 Bilzen-Hoeselt
+32 (0) 89 51 93 55 (B). myriam.swinnen@vlaanderen.be www.alden-biesen.be
La 38e édition des Journées du
Patrimoine se déroulera
les 12 et 13 septembre 2026.
Nous inaugurerons l’an prochain un tout nouveau
concept : les Journées du Patrimoine seront l’apothéose d’un événement
plus large appelé le Patrimoine se met en spectacle, qui débutera avec les
Journées européennes de l’archéologie (12-14 juin 2026).
Pour les Journées du Patrimoine, pas de changement majeur
à part le fait qu’il n’y a pas de thème en 2026 (tous les lieux patrimoniaux
peuvent ouvrir).
Les conditions de participation sont consultables sur
notre site Internet via le lien suivant : Inscription aux Journées du Patrimoine - Journées
européennes du patrimoine en Wallonie.
Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 8
mars. Vous pouvez introduire votre dossier via la plateforme en ligne AWaP Patrimoine ou via un formulaire PDF, sur demande.
Chiny, Cité des Contes recrute sa·son futur·e directeur·rice. Un poste clé pour piloter un projet culturel reconnu, soutenir la création artistique et coordonner un festival interculturel de référence en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Envie
de mettre vos compétences au service d’une aventure culturelle et humaine ?
Découvrez l’offre complète via le site. Chiny, Cité des Contes, Rue de
Lorrène, 3, 6810 Chiny. chiny@conte.be +32 (0)61 32 07 56
Le baiser
En
ce mois de février, où le froid sévit encore, il est de bon ton de parler
d’amour… St-Valentin oblige ! Mais cette fois, le baiser sera mis à
l’honneur.
Quelle
est l’histoire du baiser, symbole de l’amour, en tout cas dans nos contrées
dites civilisées ?
Le
croirez-vous, il serait apparu chez les grands primates il y a 21 millions
d’années !
Et
puis, c’est quoi exactement un baiser ? « Il s’agit d’un contact
bouche-à-bouche non agressif qui n’implique pas de transfert de nourriture et
qui semble comporter des risques élevés tels que la transmission de maladie
sans offrir d’avantages évidents en termes de reproduction ou de survie »,
d’après des chercheurs de l’université d’Oxford.
(Cette
définition est une véritable piqûre de rappel d’une certaine époque, pas si
lointaine, où nous fûmes toutes et tous confinés et porteurs de masques…).
Du
temps des Égyptiens, des amoureux s’embrassaient déjà sur des fresques ; en
Inde on en voit également sur des bas-reliefs et l’antiquité voit affluer des
écrits parlant de baisers.
Une
légende raconte qu’à la fin de la guerre de Troie, des Troyens se seraient
réfugiés dans le Latium (région centrale de l’Italie où s’élèvera plus tard
Rome). Les femmes, épuisées, lassées par ce long voyage auraient bouté le feu
aux navires pour être certaines de rester. Pour calmer les hommes fous de
colère, les troyennes les caressent et leur baisent la bouche.
C’est
ainsi qu’est né le basium, un baiser chaste, marque d’affection
équivalente à notre petit bisou actuel.
Au
fil du temps, on y a pris goût et cette chaste étreinte est même devenue un
signe de reconnaissance entre chrétiens. Saint-Paul de Tarse recommande :
« Saluez-vous les uns les autres, par un saint baiser ».
Pour
rester dans le thème religieux, dans le Cantique des Cantiques (IIIème
siècle avant JC), le baiser sur la bouche prend une place importante et c’est
ce qu’on appellera dans l’antiquité romaine le suavium ou baiser
passionné.
Impudique
et sexuel, celui-ci se pratique en insérant la langue dans la bouche de son
partenaire et exclusivement avec une prostituée ou une maitresse… pas de
suavium pour les matrones !!
Dix
siècles plus tard, le baiser est courant entre chevaliers comme manifestation
de leur amitié.
En
397, le concile de Carthage interdit le baiser, même sur la joue, entre hommes
et femmes mais pas entre hommes ; il s’agit là non pas d’amour mais plutôt
le signe d’un soutien mutuel au combat.
N’oublions
pas le baiser entre le vassal et le seigneur : celui-là se nomme l’osculum
– petite lèvre – des Romains. Cette petite bise, lèvres contre lèvres,
officialise un pacte entre deux parties.
Mais
(comme c’est étonnant) l’Église s’en mêle… et le baiser devient, au XIIIème
siècle, diabolique ! Certaines sorcières (plus rarement les sorciers) «
baisent honteusement le derrière du diable, les autres la bouche, prenant sa
langue dans leur propre bouche et recevant sa bave. […] Ce baiser leur fait
perdre tout souvenir de la foi catholique ». Haro donc sur les femmes.
Qui
se souvient que le verbe « baiser » était à l’origine un chaste bisou
et pas une relation sexuelle ?
Je
ne résiste pas au plaisir de vous partager quelques phrases de la poétesse
Louise Labbé qui, au XVIème siècle, exprime son désir pour son amant
en jouant sur le sens ambigu de « baiser ».
« Baise
m’encor, rebaise-moi et baise ; Donne m’en un de tes plus savoureux, Donne m’en
un de tes plus amoureux : Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise ».
Les
Russes, du temps de Kroutchev se baisaient sur la bouche, les Inuits eux se
frottent le nez, les indiens d’Amazonie n’ont pas l’air de connaitre le baiser
ainsi que d’autres peuplades dites « primitives ».
Il
semblerait que la présence du baiser dans les coutumes soit inversement
proportionnelle au degré de « civilisation ».
Et
depuis le Covid, il faut bien le dire, le bisou pour se dire bonjour a
fortement régressé dans nos rapports aux autres. On se salue mais … à une
certaine distance !
Il
y a plusieurs sortes de baisers : le baiser de Judas, le baiser de la
paix, le chaste baiser et même le baiser de Malmedy ! En connaissez-vous
d’autres ?
Le 6
juillet, c’est la journée internationale du baiser.
Marie-Noëlle
HERBIET d’après des recherches sur Internet
Message
important à nos amis conteurs et organisateurs de spectacle
•
Envoyez-nous vos informations avant le 14 du
mois précédant la publication,
•
un mois plus tôt pour les formations,
•
complètes et lisibles,
•
par poste à Marie-Claire Desmette, av. Eugène
Ysaÿe, 32/224 4053 Embourg. Tel : 04/367.27.06.
•
ou par courriel à maisonconteparole.liege@gmail.com
•
Ne comptez pas sur les organisateurs de
spectacle. Envoyez-nous vous-mêmes vos infos. Idéalement, vos informations
comportent:
organisateur, titre, genre
d'activité, artiste(s),
date
et heure, lieu, prix,
public
cible,
coordonnées
pour infos et réservations, max. deux lignes de commentaire
N.B.
Aucune mention tout en majuscules, svp. Ni en PDF. L’idéal : word prêt à copier-coller. Merci.
C'est vous qui nous envoyez vos informations.
Veuillez
ne pas les noyer dans une mise en page compliquée Epargnez-nous les recherches,
l'exploration. Merci d'épargner notre
travail bénévole.
Spectacles – Veillées – Balades
- le vendredi 6 février à 19h30, Les Zapéro-contes Charleroi
au Livre ou
Verre, Au 6 passage de la Bourse - 6000 Charleroi. Participation au
chapeau
Infos au
0477/22.89.39. Réservations non obligatoires.
Infos et
Inscriptions pour conter : zapérocontes.carolos@gmail.com
Cette soirée scène ouverte aux conteurs est animée par
Ahmed Hafiz..
- le vendredi 20 février à 20h, Les Zapéro-contes Bruxelles
à l' Ultieme Hallucinatie, Au 316 Rue Royale – 1210
Bruxelles. Participation au chapeau.
Infos et Inscriptions pour conter : racontance@hotmail.com
Pour le public infos et réservations vivement conseillées via
le site : www.racontance.be ou par mail.
Cette soirée scène ouverte aux conteurs est animée par
Dominique Brynaert.
- le jeudi 12 février à 20h Les Zapéro-contes Brabant Wallon
à L'Espace
Marionnettes de Saintes/Tubize au 14 rue de l'Ecole - 1480 Tubize.
Participation au chapeau
Inscriptions
pour conter et réservations: zaperocontesbw@gmail.com ou 0494 56 72 66
Cette soirée scène ouverte est animée par Guillaume
François.
Maison du Conte de Namur
- le dimanche 8 février 2026 à 10h00 et 11h00, Babil de contes. Réservation obligatoire
Des histoires pour les petites oreilles de 0 à 4 ans
accompagnées d’un adulte.
- le mercredi 10 février 2026 à 20H00, Soirée porte ouverte. Public : Adultes – adolescents :
4€
Pour
raconter, une seule façon : s'inscrire au 0489 933 548
Si vous souhaitez un retour sur
votre prestation, n'hésitez pas à le demander à un membre de l'équipe.
Venez (re)découvrir le plaisir d'écouter ou pour
s'essayer à conter, que vous soyez conteur amateur ou confirmé.
Ambiance conviviale assurée. Le verre de l'amitié est offert à la fin de la
soirée.
- le samedi 21 février à 20H, Spectacle de Gigi
Bigot prix 10€
Réservations
vivement souhaitées au 0489 0933 0548 ou par mail maisoduconte.namur@gmail.com
Gigi Bigot est une conteuse française qui nous vient de
Bretagne. Elle a été très active dans le renouveau du conte en France.
_________________________________________________________________________________________________________________
Maison du Conte de Namur 170 bte 2 Rue des Brasseurs -
5000 NAMUR. Tel: +32 (0)489 933 548
Maison du Conte de Charleroi
- le dimanche 8 février 2026, de
10h30 à 11h30, Doux dimanche conté. Enfants de 1 à 5 ans.
Poche Théâtre de Charleroi. 8 €/enfants et 10 €/adultes.
Retrouvez nos artistes dans une
ambiance chaleureuse. Des histoires, des jeux, des comptines, des contes
câlins, un brin de musique. Un moment d'évasion à partager avec vos petits
loups. Et pourquoi pas, ensuite, une visite au marché dominical tout proche ?
- le samedi 28 février 2026, de 16h
à 17h30, Goûter
conté. Enfants à partir de 6 ans.
Poche Théâtre
de Charleroi 8 €/ enfants et 10
€/adultes (collation incluse).
Infos &
rés. : 0475/64.95.38 ou www.contecharleroi.be
Découvrez des contes magiques,
merveilleux, drôles et partagez ensuite un moment de convivialité autour d'une
douceur sucrée.
- le samedi 14 février 2026 à 20h00,
Contes
sensuels et coquins. à partir de 16 ans.
18,50 €.
Poche Théâtre
de Charleroi. Infos & rés. :
0475/64.95.38 ou www.contecharleroi.be
Chaque année, comme le printemps, les contes coquins
reviennent.
Cette édition verra des artistes confirmés, prenant sous
leur aile ceux et celles pour qui ce sera la 1ère fois dans cette pratique. On va découvrir et dévoiler des
choses... Un verre de bulles offert à tout participant.
Avec nos partenaires :
- le samedi 7 février 2026 à 15h30, Kidicontes, Pour les 0/4 ans.
Espace
de cultures Columban Wavre. Tarif libre entre 8 et 25 €, 10 € conseillé
Réservation
sur le site :
https://www.columban.be/saison2025-2026-kidicontes-autour-du-monde-17-01-26
Ronde des comptines autour du monde
- le samedi 14 février 2026 à 10h et 11h, Kiliri.
Pour les 2,5/5 ans. Gratuit
Rés. : 071/46.38.60 ou bibliotheques@courcelles.be. Bibliothèque de Courcelles
- le lundi 16 février 2026 à 11h. Livrerie. Pour les 0/2,5 ans. Gratuit.
Bibliothèque
de Courcelles
Rés. : 071/46.38.60 ou bibliotheques@courcelles.be
- le samedi 21 février 2026 à 10 h, Les petits biberons Gratuit
Bibliothèque
de Gembloux
Inscription
indispensable (nombre de places limité) : 081/61.63.60 ou bibliotheque
@gembloux.be
Maison du Conte de Liège
398ième Veillée du 7- Scène ouverte,
spectacle de contes
quand ? le vendredi 13 février 2026 à
20h où ? Théâtre à Denis, 302,
rue Ste Marguerite, 4000 Liège
combien ? 4€
pour qui ? tout public
infos, inscription pour conter : reservation
maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05,
0476/65.37.83
pas d’inscription pour assister.
Février, Saint Valentin oblige, l’inspiration
nous portera vers les contes et les histoires d’amour. Venez vous réchauffer à leur chaleur et à
l’ambiance conviviale de notre veillée.
Votre inspiration originale aussi sera la bienvenue.
- le 18 février, Cours des Contes spéciales "Oiseaux de La Rivière".
Chiny, Cité
des Contes, Rue de Lorrène, 3, 6810 Chiny. chiny@conte.be +32 (0)61
32 07 56
Conte en balade
- Le 15 février à 15h et 17h30, Désir et moi par Ria Carbonez et Emmanuel de Loeul. Prix libre.
Love shop, rue Saint-Jean, 1000 Bruxelles. Réservation indispensable :
wwwconteenbalade.be/programme
Entre mots susurrés et silences qui frôlent la peau, les
histoires se font caresses, frissons et soupirs.
- le 21 février 2026 à 14 h, Contes de vieillesse et de sagesse par Jeanne la Contesse.
B3 Centre de
ressources. Place des Arts, 1 – 4020 Liège 04 / 279.54.00
Renseignements : jeanne.godenne@provincedeliege.be
04/279.52.73
Dans le monde actuel, il ne suffit plus d’être âgé pour
être respecté. La sagesse des grands-mères et des anciens, les ruses qu’ils ont
apprises, leur expérience, c’est cela que les contes valorisent. Ce ne sont pas
des héros qui combattent, l’arme au poing, mais ils et elles triomphent
modestement, avec un sourire en coin.
Le système de
réservation depuis novembre est informatisé, via le site du B3. Pas de stress,
si ce système ne vous convient pas, venez tout simplement : en fin de séance,
je compterai les personnes non inscrites voilà tout.
- le samedi 21 février à 19h30, le feu n'est pas mort par le Baluchon qui sifflote. 5€.
Maison des
Terrils de Saint-Nicolas, rue Chantraine 161, Lieu exact du départ,
contactez la veille
Réservations
et informations : Tina 0476 68 0073. www.lebaluchonquisifflote.be
Au cœur de l'hiver, dans le ventre noir de la colline, une
chaleur ancienne veille encore qui se fait entendre et a des histoires à nous
dire. Viens marcher dans la mémoire du feu !
Formation – Atelier
Maison du Conte de Liège
Atelier conte 2026 animé par Paul
Fauconnier
quand ? les 7 février, 7 mars, 4 avril,
9 mai et 6 juin
où ? Studio Integrated » - Quai Mativa
59 - 4020 Liège. combien ?
50€/séance
infos : 0497/61.51.05 ; 0476/65.37.83
Très peu de théorie, beaucoup de
pratique. Le travail individuel se fait
en groupe. On part des atouts, des
compétences, des acquis de chacun, pour aller plus loin, avec l’aide complice
du groupe.
- le samedi
7 février 2026 de 13h30 à 15h30, Atelier Conte
Poche Théâtre de Charleroi+ infos :
https://www.contecharleroi.be/ateliers-conte/
Niveau débutant, initiation et
niveau avancé
Sur la fin du monde
A un bout du monde, loin des familles des hommes se dresse une montagne
inconnue, aux parois lisses et invaincues, à l'abri des importuns. A son
sommet, un ruisselet qui glisse et qui enfle en caracolant la descente. C’est
Salvia, source d'eau pure.
A l'autre bout du monde, loin du brouhaha des affaires des hommes, vit,
dans le plus grand secret, Cardia, le cœur du monde. Personne ne sait mais oui,
le monde a un cœur comme chaque être vivant, comme chaque pierre. Un cœur qui
bat au rythme du monde et qui fait tourner rond la planète, enfin quand elle
arrive à tourner rond.
Source pure et cœur du monde ne peuvent respirer l'un sans
l'autre ; l'autre sans l'un.
Chaque matin, Salvia, l'eau pure de la montagne tombe en amour de
Cardia, le cœur du monde.
Chaque jour, Cardia le cœur du monde s'amourache de Salvia, l'eau pure
de la montagne.
Et pendant ce temps, les êtres humains s'affairent à leurs choses
vaines.
Sans l'eau le cœur cesserait de battre. Il mourrait de chagrin et
l'horloge du cosmos s'arrêterait.
Sans amour il n'est point de vie
sur terre.
Chaque matin un ange, Frederick tisse les fils du jour qui naît à
l'aube. Lorsque l'ouvrage est fini et réussi, l'ange Frederick envoie le jour
tissé au cœur du monde qui l'offre, de son amour infini, à la source pure.
Chaque jour est à refaire, à tisser, à vivre, à aimer. Tous ces fils à tresser
sont issus des bonnes actions, des jolies pensées, des belles histoires, des
sourires, des rires, des joies des hommes et des femmes, du bonheur des
animaux, de la parure des fleurs, de la ramure des arbres, partout sur la
terre. C'est un équilibre précaire.
Si trop de mauvaises choses arrivaient, le monde pourrait alors basculer
dans le néant.
Heureusement, les conteurs, les raconteurs, les artistes en tous genres,
les grands ours des forêts du nord, les loups des steppes et le chant des
oiseaux s'assurent, à chaque aube surgissante, qu'un quota de fils de bonne
qualité est en réserve dans un lieu sûr tenu secret. Le désastre n'est jamais
arrivé. L'amour a toujours triomphé quelque part. Pourvu qu'il en soit toujours
ainsi.
Bafouille amoureuse de Michelle
Troupin d’après Sur la fin du monde, in Contes juifs, racontés
par Léo Pavlàt, adaptation française de Françoise et Karel Tabery. 1986.
André et la broche
L’histoire se passe en Suisse Romanche, au temps jadis. En ce temps-là, il n’y avait pas encore de trains, ni de tunnels. Pour aller d’une vallée à l’autre, il fallait monter, passer le col, redescendre de l’autre côté. Les gens vivaient quasi en autarcie. Certains, la plupart, n’avaient jamais passé le col.
André
est heureux.
André exploite une ferme avec sa mère dans une vallée
resserrée. Ils ne sont ni riches, ni
pauvres.
André
est heureux pour son frère Louis.
Louis
est une exception. Il a quitté sa
vallée. Il est allé à la petite ville
dans la vallée à côté, pour suivre un apprentissage de menuisier. Il est maintenant à son compte, il a bonne
réputation, fait bien ses affaires. Il
va se marier avec la femme qu’il aime.
Mariage le 31 mai.
André
est heureux pour lui aussi. Marinette,
sa gentille voisine aux bonnes joues rouges, lui a dit oui. Ils se marieront bientôt.
André
est arrivé la veille du mariage de Louis pour faire connaissance avec la
ville. Il déambule dans les rues,
contemple les belles maisons. Et surtout
les magasins. Dans les vitrines, il y a
des choses inconnues, il ne sait même pas à quoi elles servent.
A la fin, il pousse la porte d’une bijouterie. Il achète
une broche en argent. Des entrelacs
entourent une fleur en émail. Bleue
comme les yeux de Marinette. Le
bijoutier emballe la broche dans un beau papier de soie. André ne la met pas
dans son sac à dos, il la met dans une poche de sa veste, boutonne la poche,
elle y est bien en sécurité
- Je ne la lui
donnerai pas directement. Les mains derrière le dos, je luis dirai :
laquelle veux-tu ? Si elle dit la
bonne, je lui donnerai la broche. Sinon,
je lui dirai : Tu auras le cadeau mais d’abord, tu dois me donner un
baiser.
Il rit en imaginant la scène.
Le
lendemain du mariage, André va à la boulangerie. Il y achète des pains au sucre, sa mère en
est friande. Dans son sac à dos, les
petits pains pour sa mère, un casse-croute, son beau costume bien emballé dans
une vieille couverture. Bâton à la main,
il aborde la montée. Soleil de fin de
printemps, il fait bon marcher. La pente
est raide, ce n’est pas une promenade de mauviet …
- Le mot n’existe
pas ? C’est le bon moment pour
l’inventer.
André rit tout seul.
Que la vie est belle !
Bientôt
le col. Un vrai col entre une montagne
de chaque côté. Un espace dégagé pour la route et l’Auberge du Col. Une véritable auberge, avec quelques lits,
des dépendances. André n’y fera pas
halte, il n’a plus d’argent. On lui ferait certainement crédit. Sans doute même serait-il invité. L’aubergiste est allée à l’école des filles
avec sa mère à lui. Il n’a pas de temps à perdre, il veut être rentré aussi tôt
que possible.
Il s’assied sur un rocher plat, au bord de la route. Un petit repos est le bienvenu. Casse-croute, un coup d'eau de sa gourde.
Le brouillard noie brusquement tout, le brouillard de
montagne. Le brouillard, André connaît.
Mais il n’en a jamais vu d’aussi épais.
Il se sent comme perdu dans du lait, il respire à peine. L’angoisse lui serre la gorge. Tout a disparu autour de lui. Sans soleil, il attrape froid.
- Je dois marcher.
Deux pas en avant, je serai sur la route. Quart de tour, après quelques pas à plat, je
descendrai. En route.
Il parle tout haut, pour se sentir moins isolé.
Au bout de quelques pas, il se rend compte qu’il
monte. Il ne voit même pas ses
pieds. Sans trop savoir quelle direction
est la bonne, il avance. Une fine neige
commence à tomber.
- Attention de ne
pas glisser.
Quelques pas appuyés sur son bâton. André se sent tomber, tomber, tomber. Il s’est enfoncé dans un trou de neige. Il arrive au fond, couché. Il est fatigué, épuisé. Dormir.
Dormir pour toujours.
- Ma mère, Marinette auront du chagrin. Non, pas ça !
Il crie pour rassembler ses des forces.
- Avant, mettre la
broche en sécurité.
Il prend le petit paquet, ouvre sa veste, ouvre sa
chemise, épingle la broche sur sa camisole, referme chemise et veste.
-
Allons-y !
Il tasse la neige devant lui avec ses bottines. Se fait des encoches pour ses pieds, pour ses
mains. A grand peine, il se hisse. Retombe, recommence. Enfin, il émerge. Le brouillard a disparu, aussi brusquement
qu’il est venu.
André regarde autour de lui. Il ne sait pas où il est. Il est perdu.
- Je vais
descendre, j’arriverai bien quelque part.
Si j’ai faim, je mangerai les pains au sucre.
Il a perdu son bâton.
La fatigue le rend maladroit.
Souvent, il dévale. Il s’accroche
à un arbre, se cogne, est griffé par les branches, ses vêtements se
déchirent. Il arrive au col. Il a tourné en rond ! Il perd connaissance sur le seuil de
l’auberge.
Il se
réveille dans un lit. Il a mal
partout. Il tâte autour de lui. Il est vêtu d’une chemise qui ne lui
appartient pas. La broche ! Il l’a certainement perdue.
- Enfin, tu
reviens parmi nous.
L’aubergiste est assise à côté du lit. En souriant, elle lui tend la broche.
- Tu embrasseras
Marinette de ma part.
Marie-Claire
Desmette, d’après L’homme perdu dans le brouillard, de C.F. Ramuz, in Nouvelles
et Morceaux, Editions Payot, Lausanne, repris dans Il était une fois, Editions
Gründ, Paris, 1947.
Belle fortune
L’histoire
se passe en Bretagne.
Il
était une fois un riche commerçant nommé Le Roux. Riche et grippe-sous. On dit de lui qu’il était capable de tondre
l’échine d’un cloporte pour vendre le poil au chiffonnier. Il a une fille
Jared.
Jared
est amoureuse de Perig, le palefrenier du seigneur du manoir de Keranmoal. Hélas, Perig a moins d’écus que de doigts
dans une main.
-
Jared est une marchandise trop chère pour un palefrenier.
Le
grippe-sous parle de sa fille comme d’une marchandise ! Le palefrenier ne sera jamais son gendre.
Les
amoureux ne peuvent que pleurer.
Le
seigneur de Keranmoal est ému par la tendresse de Jared et Périg. Il fait venir son palefrenier.
-
Est-ce vrai ce que j’ai entendu ?
Vous tournez autour des jupons de Jared Le Roux ?
-
C’est vrai, hélas ! Mais j’aurais
le temps d’en faire le tour vingt fois avant qu’elle me soit donnée en épouse
par le vieux Le Roux, ma bourse ne lui plaît pas.
-
Vous feriez bien de gagner une poignée de pièces d’or pour les étaler devant le
beau-père.
-
Je ferais n’importe quoi, seigneur pour me marier avec Jared. N’importe quoi, sinon vendre mon âme au
diable ou raconter des mensonges.
-
Vous êtes un honnête homme, Perig. C’est
bien. Puisque vous ne voulez pas vendre
votre âme au diable, peut-être vendriez-vous …. Votre nez ?
-
Mon nez ! On vend des nez
maintenant ?
-
Je ne sais pas mais je suis acheteur.
J’en ai assez depuis cinquante ans du nez que je porte au-dessus de ma
bouche J’ai envie d’en avoir un autre. Je vous achète votre nez pour dix mille écus.
-
Dix mille écus ! Est-ce qu’il en existe autant au monde ?
-
Décidez-vous, je n’ai pas le temps d’attendre.
-
Oui … Seigneur …. Ce serait avec plaisir
…Mais non, je ne vous vendrai pas mon nez.
-
Dix mille écus !
-
Non, je ne veux pas tricher. Jared
m’aime avec mon nez. Si je le vends, je
perdrai peut-être son amour. Non, mon
nez ne vaut pas dix mille écus mais Jared en vaut cent fois plus.
-
Bon. Occupez-vous des chevaux.
Le
seigneur de Keranmoal va au bourg. Il
rencontre Le Roux sur la place de la Fontaine.
-
Il paraît que Périg, mon palefrenier, va épouser votre fille.
-
Les mauvaises langues dévident bien des sottises. Est-ce
que je donnerais ma fille unique à un valet qui n’a pas un liard percé,
pas une chemise de rechange ni un bout de terre hérité de son père.
-
Quelque fois, on ne sait pas bien.
Moi-même, j’ai offert dix mille écus à Périg pour lui acheter une part
de son bien. Le garçon a dit non.
-
Dix mille écus ! Tonnerre ! Pour une part de …. ?
-
Oui. Et il a bien fait de dire non. Ce que je lui demandais, moi-même je ne le
donnerais pas pour trente mille.
-
Dix mille, trente mille, on ne sait pas.
C’est un homme de qualité, ce Périg.
Je lui donne ma fille.
Un
mois plus tard, Périg et Jared sont mariés.
Jared va offrir son bouquet à la statue de Marie. Le Roux prend le seigneur de Keranmoal.
-
Quel est ce bien de Périg qui vaut plus que trente mille écus ?
-
Ma foi, compère, ce bien de Périg, c’est Périg lui-même. Pour dix
mille écus, je lui avais demandé son nez.
Mais
son esprit en a pris un coup.
Le
vieux Le Roux a failli avoir une attaque. Trop tard ! D’autant plus qu’il avait payé le repas de
noce. Il s’y empiffre.
Depuis
ce temps, sur la place de la Fontaine, le vieux Leroux essaye de vendre son
nez. Personne ne lui achète.
D’après
Une belle fortune, in Contes bretons du sabot à feu par Pierre Hélias, Editios
Jos Le Doaré
Edward Galinski, dit Edek, est né quelque part dans la
campagne polonaise en 1923.
Des yeux doux comme le miel, des cheveux couleur corbeau,
un timbre de ténor, une enfance heureuse, studieuse, une famille harmonieuse,
sans souci.
La guerre se profile à l'horizon. Les barrières qui
retenaient la barbarie ont chu dans le fracas des bombes. Il n'y a plus que le
diable métamorphosé en homme, croix gammée, hautes bottes, voix hurlante,
chiens d'attaque. Le portrait du SS classique.
Edek est dans le premier convoi pour Auschwitz. C'est
l'enfer de Dante, d'Orphée, de Camus, celui qui dépasse toutes les inquiétudes.
L'enfer tout court, où rien n'est humain, surtout pas les hommes.
-Numéro 531, au travail à l'atelier de métallurgie.
Edek parvient à rester en vie. On est en 1943. Il est
envoyé à Birkenau.
L'enfer peut dévoiler des perles de rosée, des diamants
de caresse, des ombres de plaisir, des baisers volés. Dès son arrivée, il
croise Mala. Ils sont foudroyés d'amour. L'amour au pays de la haine.
Mala vient de Borgehout. Les Belges comme les Polonais
ont cédé leurs juifs pour sauver leur peau.
Mais le diable exige tout même si certains tentent de
l'oublier.
-Je parle plusieurs langues, je suis diplômée de
l'université de Gand en physique. Je peux vous être utile.
-Regarde mon chéri, ils m'ont laissé mes cheveux, mes
longs cheveux roux comme le blé.
-Ta chevelure est magnifique. Elle agrandit tes yeux.
-C'est pour mieux contempler notre amour.
-Regardes, j'ai des vêtements propres, je retrouve ma
dignité.
-Tu es une femme désirable, une peau douce, un sourire
clos, tu as un regard de liberté.
-Je fais si peu pour aider les autres femmes.
-C'est mieux que rien.
-Je voudrais en faire bien davantage.
Des rendez-vous secrets d'amoureux craintifs s'organisent
entre les baraquements et les couloirs obscurs aveugles de miradors.
-Je t'aime.
-Tu es mon amour éternel.
-Je respire pour toi, par toi.
-Je vis grâce à ton cœur qui bat.
-J'ai envie de te prendre dans mes bras.
-Et moi de te couvrir de baisers passionnés.
Mala lui offre un portrait d'elle, au crayon, emballé
dans un papier brun presque propre.
Y-a -t-il un dieu dans le ciel, un espoir possible sur
cette terre ?
Mai 1944, c'est l'avant-propos du débarquement en
Normandie.
-J'ai récupéré un uniforme nazi et un pistolet qui
fonctionne.
-Et moi, une carte de la région, un laisser-passer et des
vêtements civils.
-On tente le tout pour le tout, on s'enfuie.
-S'il nous rattrape ?
Ils ont été libres douze jours, à caracoler les bois, à
manger des baies. Douze petites nuits à dormir enlacés. Douze grands jours de
grâce.
Ils sont repris, enfermés, torturés, ils ne diront rien.
En prison, ils communiquent. Edek, par un trou de souris lui fredonne sa
chanson préférée puis grave leurs deux noms dans la pierre de ses mains
mutilées. La mort a pris rendez-vous en septembre 1944. Une sale mort, pas
comme Tristan et Yseult ou Roméo et Juliette. Il est pendu haut et court. Il
expire en criant « vive la Pologne ».
La mort de Mala suivra. Modèle de courage, d'amour et de
folie, ils sont morts séparés mais leurs âmes sont unies pour l'éternité.
Le diable a échoué, ce jour-là, un seul et unique jour
dans cette triste humanité. Le diable rôde à chaque coin de rue. C'est de notre
responsabilité de le faire dégager.
Réécriture de Michelle Troupin
D'après :
Gérard Huber, Mala : une femme juive Héroïque dans
le camp d'Auschwitz-Birkenau, Rocher, 2006.
Anne Grynberg : Mala Zimetbaum, un être lumineux à
Auschwitz, les Cahiers du judaïsme 12, 2002
Première publication par Random House, New-York, 1983.
Dagda, le dieu à la lourde massue, le dieu à la
marmite magique, Dagda dépérit. Cela
arrive aux dieux quand les hommes vont porter ailleurs leur piété. Oengus, son fils, rallie tous les
suffrages. Il est jeune, beau. Ses cheveux sont de soleil. Ses yeux sont
plus bleus que le ciel au printemps. Il
est vêtu d’un long manteau plus vert que le jeune gazon, bordé d’une frange
d’or. Il respire la joie de vivre. Tout qui le voit rit de bonheur.
Une
femme, jeune, belle. Sa robe blanche et
légère ne cache rien des beautés de son corps.
Une chaînette d’argent autour du cou. Ses longs cheveux noirs cascadent
jusqu’à ses reins. Les gestes de ses
bras sont gracieux comme cous de cygnes.
- “Oh ! Viens ! “
Oengus tend la main vers elle.
Elle tend la main, presque à toucher celle d’Oengus. Oengus avance la sienne, elle recule la
sienne. Une fois, deux fois. Elle sourit.
Il a confiance en lui, il n’a jamais rencontré de cruelles. Il l’attrape ... Non !
Elle a disparu. Il s’éveille.
Ce
n’était qu’un rêve ! Un rêve plus
présent que la réalité, un rêve qui vous laisse un peu déphasé. Le rêve revient.
- “Comment t’appelles-tu ?” Elle sourit sans répondre, disparaît.
Oengus
vit maintenant pour dormir, pour la retrouver.
Il se désintéresse de tout ce qui faisait ses plaisirs. Son étalon blanc
à la blonde crinière, avec qui il chevauchait les nuages, son beau cheval
piaffe à l’écurie, à côté des quatre chevaux de son char.
Les amis d’Oengus l’asticotent :- “Viens chasser
avec nous, nous avons repéré un sanglier monstrueux.”
- “Nous t’avons préparé un banquet. La bonne chère, le bon vin te dérideront.”
Rien
n’y fait. Boan, la déesse, Boan, sa mère
s’inquiète. Elle convoque le médecin des dieux et le druide.
- “Cherchez ce qui fait souffrir mon fils et trouvez
le remède.” Les deux savants observent
Oengus, reviennent près de Boan.
- “Et alors ?”
- “La médecine ne peut rien pour la maladie de ton
fils.”
- “Ça vaut bien la peine d’être médecin des dieux !
Et ta magie, druide.”
- “Ma magie non plus ne peut rien.”
- “La médecine ne peut rien, la magie ne peut rien
...”
- “J’ai dit ma magie. La magie peut tout, ça dépend de la
magicienne.”
- “Qu’est-ce que ça veut dire ?”
- “Ton fils est amoureux.”
- “Mais c’est un gamin !”
- “Boan ?!”
- “D’accord, il a l’âge. Qui aime-t-il ?”
- “Voilà le problème, il ne sait pas lui-même qui
elle est.”
- “Je m’en occupe.
Je trouverai la femme digne de mon fils”
Boan
parcourt la terre d’Irlande. Elle va
dans les cours des rois, dans les châteaux des nobles, dans les fermes, dans
les masures des pêcheurs. Pendant une
année entière, elle cherche. Elle ne
trouve pas la femme digne de son fils.
Oengus
dépérit. Oengus erre comme un dieu en
peine. Ses cheveux ont perdu leur éclat,
son visage est morne, son manteau est verdasse et la frange ne luit plus.
Boan va chez son mari, chez Dagda.
- “Après tout, tu es son père. Cherche, toi, cherche la femme digne de ton
fils.”
Dagda
parcourt les pays des Celtes. Il va en
Armorique, vers le lointain Danube, jusqu’aux côtes déchiquetées de la
Calédonie. Pendant une année entière, il
cherche. Il ne trouve pas de femme digne
de son fils.
Oengus
est trop faible pour se lever.
- “Qu’allons-nous faire ?”
- “Nous pourrions consulter le dieu des domaines
souterrains, le dieu des choses cachées.
- “Votre fils est amoureux de Caer, fille du roi
Ethal.”
Un
messager est envoyé auprès d’Ethal.
- “Majesté, le dieu Dagda et la déesse Boan
m’envoient vers vous. Ils vous demandent
de me suivre.”
- “Vous suivre, pourquoi ?”
- “Ils veulent vous demander votre fille pour leur
fils Oengus.”
- “C’est non.
Inutile donc que je vous suive.”
- “Je viens de la part du dieu Dagda ...”
- “Je ne suis ni sourd ni idiot. Ma réponse n’a pas changé.” Pas facile de revenir avec une réponse
pareille.
- “..... j’ai fait ce que j’ai pu, j’ai ...”
Ça
ne traîne pas. Les armées célestes sont
envoyées contre Ethal. Ethal n’est pas
de force, il est fait prisonnier, amené devant les dieux.
- “Tu nous méprises tellement que tu ne veux pas
devenir le beau-père de notre fils ?”
- “Il y a deux difficultés. Ma fille est une puissante magicienne. Elle est beaucoup plus forte que moi. Je ne peux rien lui imposer.”’
- “Demandons-le à elle-même, alors.’
- “Deuxième difficulté. Ma fille passe une année auprès de moi, sous
forme d’une jeune fille. L’année
suivante, elle se transforme en cygne et s’en va.”
- “Et ...”
- “Elle vient juste de s’envoler.”
- “Nous ne pouvons pas attendre encore une
année. Où va-t-elle ?”
- “Je crois qu’elle va au lac du Beau Dragon.”
- “J’irai.”
Oengus a repris un peu de forces.
- “Voyons, mon pauvre Oengus, tu ne pourras jamais
chevaucher si loin ...”
- “J’irai en char.
Brann me conduira.”
Brann,
le cocher favori d’Oengus, installe son maître le mieux qu’il peut. Les chevaux ont compris. Ils marchent
lentement, évitent les chocs. Ils
arrivent au bord du lac du Beau Dragon.
Le lac est enchâssé dans de vertes collines. Sur le lac, nagent cent
cinquante cygnes, tous pareils, une chaînette d’argent au cou.
- “Aide-moi.”
Brann relève Oengus. Oengus tend
les bras. Ses bras se couvrent de
plumes, tout son corps se couvre de plumes.
Il voit Caer. Pour un cygne,
aucun cygne n’est pareil. Il nage vers
elle, elle nage vers lui. Leurs cous
ondulent, leurs cous s’étreignent, leurs becs se caressent. Ils battent des ailes, leurs pattes font deux
sillages dans l’eau, leurs ailes battent, ils volent.
Les
cygnes vont toujours par deux. Vous
savez maintenant pourquoi.
Marie-Claire Desmette d'après Un vol de
cygnes in Contes et légendes de la mythologie celtique, Christian
Léourier et Jean-Louis Thouard, Nathan, 2000.
Racine
Histoire vécue.
Hier, le laveur de vitres m’a raconté :
Ma femme m’a annoncé qu’elle était enceinte. C’était notre premier. J’ai voulu lui offrir un bouquet de roses
rouges. Après le travail, je suis passé
chez le fleuriste. Il ne lui restait
qu’une seule rose rouge, belle, longue tige.
Je l’ai achetée, donnée à ma femme.
Elle l’a mise dans un vase.
Nous avons déménagé.
Six semaines après, je suis allé achever de déménager
l’appartement. La rose était séchée, un
peu d’eau restait dans le vase. Il avait
poussé une racine au bas de la tige. Je
l’ai plantée. C’est devenu un magnifique
buisson de roses rouges.
Une graine de conte offerte à votre imaginaire. Marie-Claire Desmette
Dernière
minute :
- les 7-8 mars 2026, de 10h à 17h et les14-15 mars 2026,
de 10h à 17h Formation par Pascal Guéran
A la salle Résonances, 35 rue Jean
Robie - 1060 Bruxelles (près de la Barrière de Saint-Gilles)
140 € pour un week-end, 250 € pour
les deux week-ends
Infos, inscriptions : mail pascal.gueran@skynet.be ou
au téléphone (0478 28 48 08).
ouvert à tous, avec expérience de
conteur/conteuse ou qu'on soit inexpérimenté.
Durant le premier stage, on abordera des bases techniques :
- comment prépare-t-on une histoire, en vue de la raconter
- travail sur la structure, sur l'imaginaire, sur les images, sur les
personnages et les dialogues, sur les lieux…
- comment on peut partager ensuite l'histoire devant un auditoire
- travail sur la communication, le regard, l'expression du corps et de la voix,
gestion du stress éventuel, de la prise de parole en public,
Durant le second stage, on pourra approfondir l'approche, en travaillant sur
une histoire préparée au cours de la semaine.
On affinera alors l'art de raconter, en abordant
les nuances, la maîtrise de l'expression vocale et corporelle, la gestion des
silences et du rythme.
O Ce rond est-il rouge ? Alors ceci vous concerne :
Si vous voulez (continuer à) recevoir ce Mensuel
d’Informations sur l’Oralité, les Conteurs et les Raconteurs:
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? Un
baiser sans moustache, c’est comme une frite sans sel. Dicton populaire
? Je
veux faire avec toi ce que le printemps fait aux cerisiers. Pablo Neruda
? Le baiser est la plus sûre façon de se taire
en disant tout. Guy de Maupassant.
? Je t’enverrai un baiser avec le vent et je
sais que tu l’entendras, tu te retourneras et, sans me voir, je serai là. Pablo
Neruda
? Partons, dans un baiser, pour un monde
inconnu. Alfred de Musset
