mercredi 1 juillet 2026

Mensuel Juillet 2026 - N°403

 Mensuel de diffusion d’informations sur l’oralité,

les conteurs et les raconteurs.

Juillet 2026 – N°403

 

P 912122 Bureau de dépôt OUPEYE 4680  

Editeur responsable : Marie-Claire Desmette, av. E. Ysaÿe, 32/224 4053 Embourg

 

 

Au sommaire, ce mois-ci :

- 2 Articles

- Spectacles – Veillées –Balades

 - Festival

- Formations

- 5 4istoires !!!   


 

Maison du Conte de Liège

 

La 403ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes

 

quand ? le vendredi 10 juillet 2026 à 19h         où ? Parc de Colonster, avenue des Erables, 4000 Liège

combien ? 4€                                                     pour qui ? tout public

infos, inscription pour conter : reservation maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83

                                pas d’inscription pour assister.

Oui, vous avez bien lu.  La 403ième veillée à Colonster commence à 19h.

Inspirations non obligatoires : Parlons du conte. Votre inspiration à vous sera la bienvenue.

 

Maison du Conte de Liège                                                                Festival du conte de Chiny

 

Potée de contes à la liégeoise par les conteurs Maison et leurs amis

 

quand ? les 11 et 12 juillet, 13h30, 17h, 19h.                               où ? Chapiteau de Potée

combien ? gratuit.                                                                         Pour qui ? Tout public        

                 infos : 0497/61.51.05, 0476/65.37.83 ; maisonconteliege@gmail.com

Apéritif samedi à 18h. Décontraction, bonne humeur, émotion.  Moments complices agrémentés de musique.

 

Festival du Conte de Chiny

 

Histoire d'un jardin d’été par Zia Marsiat

 

quand ? les samedi 11 et dimanche 12 juillet à 11h                 où ?     Verger (Espace Lorrène)

combien ?                                                                                 pour qui ? De 0 à 3 ans

Zia invite les tout-petits à un voyage plein de douceur où se mêlent contes, musique et marionnettes. Des histoires qui se déposent là où les petites oreilles se tendent… Un spectacle à savourer avec les sens, le nez en l'air et les orteils dans l'herbe. Un moment à partager pour s’émerveiller avec son enfant.

 

Festival du Conte de Chiny

 

Paella de Contes par Maria Estalayo Vega

 

quand ? dimanche 12 juillet à 11h                                     où ? Salle de la Maison du Village

combien ? 12/6€                                                                pour qui ? Tout public dès 5 ans

Plongez dans l’univers savoureux d’une conteuse espagnole. Avec des ingrédients soigneusement choisis dans la tradition orale de l’Espagne, ces contes pour toute la famille vous transporteront dans le pays où le riz devient jaune comme le soleil. Découvrez des histoires qui éveilleront votre appétit pour l’aventure, via un voyage partagé où l’humour, la poésie et la musique sont des épices essentielles. Spectacle en français avec une touche d'espagnol !

 

Maison du Conte de Liège

 

La 404ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes

 

quand ? le vendredi 14 août 2026 à 19h         où ? Parc de Colonster, avenue des Erables, 4000 Liège

combien ? 4€                                                  pour qui ? tout public

infos, inscription pour conter :  reservation maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83

           pas d’inscription pour assister.

Nous sommes toujours à Colonster et la veillée commence à 19h.

Inspirations non obligatoires : L’eau, la sécheresse, l’or bleu…. Votre inspiration à vous sera la bienvenue.

  

Des méchants

édito


Sorciers, sorcières, ogres, méchants, voici le thème de ce mensuel.

Les contes regorgent de ces personnages effrayants, cruels, sans scrupule, anthropophages et j’en passe.

Aujourd’hui, l’actualité regorge elle aussi de personnages tout aussi effrayants, sans scrupule, méchants, (mais pas anthropophages ou alors symboliquement).

Quand la sorcière offre des bonbons à Hansel et Gretel, évidemment, ils se ruent dessus, ils ont tellement faim mais en ignorant que rien n’est jamais gratuit.

Quand c’est gratuit, cela signifie que vous êtes le produit (ce qui est le cas pour eux puisque la sorcière veut les manger).

Aujourd’hui, comment ne pas faire le parallèle entre l’histoire des enfants abandonnés au Portugal par leurs parents et le Petit Poucet ?

Que dire du vol d’enfants, endoctrinés, dressés à faire la guerre contre leur propre nation ?

Dans notre monde rempli de violences, de guerres, de famines, etc… ne sommes-nous pas, ici aussi, les victimes, non consentantes, de ces nouveaux ogres ?

Dans notre monde de consommation effrénée, ne sommes-nous pas, parfois « à l’insu de notre plein gré », les victimes, d’une grande variété de nouveaux ogres ?

En général, tout se termine bien dans les contes, grâce à l’intervention de fées, de bottes de sept lieues, de personnages courageux et rusés mais qui viendra nous tirer des pattes de ces nouveaux ogres ?

 

Marie-Noëlle Herbiet


 

Spectacles – Veillées – Balades

 

- le vendredi 3 juillet à 19h30, Zapero-contes Charleroi.  Participation au chapeau.

      au Livre ou Verre, 6, passage de la Bourse - 6000 Charleroi.   Scène ouverte animée par Ahmed Hafiz.

Infos au 0477/22.89.39. Réservations non obligatoires.

Infos et Inscriptions pour conter : zapérocontes.carolos@gmail.com

 

- le samedi 4 juillet à 18h et le dimanche 5 juillet à 11h, Le Mètre décolle, conte illustré pour adultes

     Rue Potiérue, 25, à Herve. Réservation obligatoire : 0472/45.79.93, dominique.ranzy@gmail.com

Lecture spectacle. Le mode d’emploi du bonheur tient peut-être à une lettre.

 

- le dimanche 5 juillet à 10h, Les bêtes ont la parole, balade contée par Gaëlle Commas. 

       RV Gare d’Aywaille, place Marcellis. Au chapeau

      Infos, réservation indispensable : 0497/32.32.82 ; contes@1001nuits-aywaille.be

Bouquet d’histoires animales

 

Maison du Conte de Charleroi

 

 - le 5 juillet à 14h et 16H, Parc Bivort, Jumet, Balade contée.

 

- le 6 juillet départ 14h, Contes et légendes du Bois d'Havré (Mons)

 

- les 11 et 12 juillet à 10h30, festival du Conte de Chiny, Balade Historicontée 

L'atelier conte de Charleroi présentera ses interventions le samedi et le dimanche après-midi.

 

Conte en balade

 

- le 6 juillet 15h, Rouge-Cloître avec Carole Joffrin et Annie la Sardine

 

- le 12 juillet à 13h0 et 15h, Festival du Conte de Chiny, avec Sophie Clerfayt et Mousta Largo

 

- le 19 juillet à14h30, Cimetière de Molenbeek avec Muriel Durant et Unmée Sha

 

- le 26 juillet à 15h ; Parc Brugman avec Cindy Sneessens et Geneviève Wendelsky

 

      Réservation :  0497/78.20.75   conteenbalade.be/programme

Combien ? Prix libre. Accessibles aux PMR accompagnés

 

Maison du Conte de Liège

 

La 403ième Veillée du 7- Scène ouverte, spectacle de contes

 

quand ? le vendredi 10 juillet 2026 à 19h         où ? Parc de Colonster, avenue des Erables, 4000 Liège

combien ? 4€                                                     pour qui ? tout public

infos, inscription pour conter :  reservation maisonconteliege@gmail.com; 0497/61.51.05, 0476/65.37.83

           pas d’inscription pour assister.

Oui, vous avez bien lu.  La 402ième veillée à Colonster commence à 19h.

Inspirations non obligatoires : Parlons du conte. Votre inspiration à vous sera la bienvenue.

Festival du Conte de Chiny – 11 et 12 juillet 2026

 

Pass Village du Conte

                                                                              Tarif plein                       Tarif réduit                     Habitant Chiny

Pass Week-end :                                                      15€                                   8 €                                 gratuit

Pass 1 jour : 10 €                                                      10€

 

Pass Balade :
Entrée site week-end + 3 spectacles en salle :         30€                                  22€                                    14€

 

Pass Traversée :
Entrée site week-end + 5 spectacles en salle             45€                                 32€                                    24€

 

Pass Épopée :
Entrée site week-end + 10 spectacles en salle           60€                                 45€                                    37€

 

Réservation spectacle en salle à l'unité : 12€6€

 

Spectacles en salle

Le samedi 11 juillet

 

CrapuleMarie-Noëlle Baquet, 11h - Salle de la Maison du Village. Dès 2 ans et demi.

 

Le voyageur sans valise - Pascal Guéran, - 11h Salle des Anciennes Écoles. Dès 10 ans.

 

Le parfum de l'orangeKhaled El Naanaa - 14h - Salle de la Maison du Village. Dès 15 ans.

 

Coeur de pirateAlice Beaufort - 14h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 6 ans .

 

Eros & Psyché - Clélia Tavoillot & Max Grèze - 16h - Salle de la Maison du Village . Dès 9 ans..

 

Pitis zozios - Muriel Revollon - 16h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 18 mois.

 

Femmes mon école - Boubacar Ndiaye - 18h - Salle de la Maison du Village. Dès 10 ans.

 

Sang dessus dessous - Carole Joffrin Samedi 11 juillet - 18h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 14 ans.

 

La nuit des dépossédées - Ummée Shah - 20h - Salle de la Maison du Village. Dès 14 ans.

 

Mon rêve ira volant - Marie Thys - 20h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 7 ans.

 

Le dimanche 12 juillet

 

Paella de ContesMaria Estalayo Vega - 11h - Salle de la Maison du Village. Dès 5 ans. Voir p. 2.

 

Martha, Sofia,... entre deux terres - Marie Bylyna & Thierry Hercod 11h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 16 ans.

 

Refuge 2.0 - Emmanuel De Loeul - 14h - Salle de la Maison du Village. Dès 12 ans.

 

Dans le jardin des dieuxClélia Tavoillot  - Salle des Anciennes Écoles. Dès 7 ans.

 

Voyage Sans Visa - Boubacar Ndiaye - 16h - Salle de la Maison du Village. Dès 7 ans.

 

Tues mais Têtues - Cécile Perus - 16h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 12 ans.

 

Ça va - Chantal Dejardin - 18h - 50' + 30' (bord de scène) - Salle de la Maison du Village. Dès 12 ans.

 

Mais pour le reste oui - Mélancolie Motte - 18h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 8 ans.

 

La Beauté du GesteMuriel Revollon - 20h - Salle des Anciennes Écoles. Dès 15 ans.

 

En rue et divers

Les samedi 11 et dimanche 12 juillet

 

Balade Historico-contée - Jacky Druaux & Christian Schaubroek - 10h - Départ Point Info.

Dès 7 ans. Sur réservation - Places limitées.

 

Le micro libre à10h - Chapiteau Musique. Tout public. Participation sur inscription.

 

Cartes Blanches et Colorées - Les conteux d'plaisi - 10h30 - Chapiteau Potée (Espace Corbuha)

 Tout public.

 

Histoire d'un jardin d'été - Zia Marsiat 11h - Verger (Espace Lorrène). De 0 à 3 ans. Voir p. 2.

 

Les contes d'intervention - 11h, 14h30, 17h30 - Parvis de l'Église (Espace Lorrène). Tout public.

 

Le Moulin à Histoires dites, re-dites et inédites - Cécile Perus t - 11h30 - Noyer (Espace Corbuha). À partir de 3 ans.

 

200 TOURS / MINUTE - Cie. Le Compost - 12h - Verger (Espace Lorrène). Tout public, dès 7 ans.

 

Contes d'amour et du désir de vivre - Arnaud De Muynck & Laurence Deydier - 12h30 –

Chapiteau Potée (Espace Corbuha). Dès 7 ans.

 

Atelier conte des Créateliers Samedi 11 juillet - 13h - 30' - Parvis de l'Église (Espace Lorrène)

Dimanche 12 juillet - 13h, 16h - 30' - Parvis de l'Église (Espace Lorrène). Tout public.

 

Balade nature : Les contes de l'arbre - Christian Schaubroek - 13h30 - - Départ Point Info

Dès 6 ans. Sur réservation - Places limitées.

 

Potée de contesMaison du Conte et de la Parole Liège-Verviers - 13h30, 17h, 19h - 30' –

Chapiteau Potée (Espace Corbuha). Tout public.

 

La Criée aux Oiseaux - Cie. Bécots les Cœurs ​Récolte des messages de 14 à 16h.

​Spectacle à 16h - Dès 5 ans.

 

Le sac à carabistouillesMuriel Durant - 15h - Cour des Contes (Espace Lorrène). 18 mois - 4 ans

Sur réservation - Places limitées

 

Siestes contées - Sophie Clerfayt & Mousta Largo (Conte en Balade) - 15h - 40' - Verger (Espace Lorrène). Tout public.

 

La Cyclo-guinguette Contes ambulatoires Françoise Danjoux (Cie. Sac à Son)

- 16h - Usoir 19 (Espace Corbuha). Tout public.

 

Contes en éclats - Maison du Conte de Charleroi, samedi 11 juillet - 16h, 18h - Parvis de l'Église (Espace Lorrène). Dimanche 12 juillet - 18h - Noyer (Espace Corbuha). Tout public.

 

Tchivå : Balade conte et musique avec les chevaux et l'attelage - Cie. Renard Noire

Samedi 11 juillet - 16h30 - Départ champ Tchivå (Espace Corbuha). Dès 6 ans.

Sur réservation - Places limitées

 

Tchivå : Balade contée en musique aux côtés chevaux - Cie. Renard Noire

Dimanche 12 juillet - 16h30 - Départ champ Tchivå (Espace Corbuha). Dès 6 ans.

Sur réservation - Places limitées

 

Conférence contée sur les fées – Nittachowa Samedi 11 - 17h - 45' - Cour des Contes (Espace Lorrène). Dès 11 ans

 

La belle histoire du conteur de rue et de la pierre gravée Dominique Déléhouzé 18h30 - Verger (Espace Lorrène). Dès 7 ans.

 

Balade contée : Autour des oiseaux et de la Semois - Isabelle Prévost - 19h - Départ de l'Embarcadère. Tout public. Sur réservation - Places limitées.

 

A bâbord la mouette, à tribord le homard (vive les crevettes et Jean-Michel Jarre) - Cie. HurluBerlu - 19h30 - 65' - Usoir 19 (Espace Corbuha). Tout public, dès 8 ans.

 

Tchivå : Veillée en conte et musique près des chevaux - Cie. Renard Noire, dimanche 12 juillet - 20h30 - Champ Tchivå (espace Corbuha). Dès 8 ans.

 

Veillée contée autour du feu, samedi 11 juillet à partir de 21h30, dimanche 12 juillet à partir de 22h30. Tout public

 

Infos, réservation sur le site Festival du Conte de Chiny

 

 

Festival du Conte de Chiny                                                             Maison du Conte de Liège

 

Histoire d'un jardin d’été par Zia Marsiat

 

quand ? les samedi 11 et dimanche 12 juillet à 11h                 où ?     Verger (Espace Lorrène)

combien ?                                                                                 pour qui ? De 0 à 3 ans

Voyage plein de douceur où se mêlent contes, musique et marionnettes. Des histoires qui se déposent là où  de petites oreilles se tendent. Voir p. 2.

 ?   Il y a trois sortes d’hommes : ceux qui mangent les autres, ceux qui se font manger et ceux qui se mangent eux-mêmes.  Tchekhov

Maison du Conte de Liège                                                                Festival du conte de Chiny

 

Potée de contes à la liégeoise par les conteurs Maison et leurs amis

 

quand ? les 11 et 12 juillet, 13h30, 17h, 19h.                               où ? Chapiteau de Potée

combien ? gratuit.                                                                         Pour qui ? Tout public        

                 infos : 0497/61.51.05, 0476/65.37.83 ; maisonconteliege@gmail.com

Apéritif samedi à 18h.

Décontraction, bonne humeur, émotion.  Moments complices agrémentés de musique.

 

- le weekend du 11 et 12 juillet à 14h30, Au fil des histoires par Aurélie Béco

       à Bêche (Vielsalm) dans le cadre du festival Bitume (https://www.facebook.com/festivalbitume/).

       Adresse: Bêche, 6690 Vielsalm

Spectacle de contes intimiste, poétique, clownesque et qui fait réfléchir.

 

Festival du Conte de Chiny                                                            Maison du Conte de Liège

 

Paella de Contes par Maria Estalayo Vega

 

quand ? dimanche 12 juillet à 11h                                     où ? Salle de la Maison du Village

combien ? 12/6€                                                                 pour qui ? Tout public dès 5 ans

 Le pays où le riz devient jaune comme le soleil. Des histoires qui éveilleront votre appétit pour l’aventure, via un voyage partagé où l’humour, la poésie et la musique sont des épices essentielles. Spectacle en français  avec une touche d’espagnol. Voir p. 2.

 

- le 19 juillet à 14h.30, Scène Ouverte de Mons-Tournai et Cie, au Jardin Suspendu à Mons.

      Au chapeau 

Inscriptions : christian.veheyden@gmail.com (0472/041527) paulema@scarlet.be (0477-225647)

Venez avec un conte (durée approximative : entre 2 et 10 minutes), une chanson, un slam, une poésie,

 Formation – Atelier

 

Chiny 

 - Du mercredi 8 au dimanche 12 juillet, Conte d’intervention par Yvan Couclet et Etienne Piette
      Rue de Lorrène 3, 6810, Chiny. 400 € (hébergement et repas compris). Pour tous. 
      infos et inscription : 32 (0)61 32 07 56 ;
animation@conte.be   12 places disponibles

Apprendre à conter dans des lieux animés. Vous découvrirez comment capter l’attention d’un public de passage et adapter votre narration à l’environnement. Ce stage de cinq jours se compose donc d'une partie théorico-pratique et d'une finalité pratique "performance contée" sur le terrain les samedi et dimanche 11 et 12 juillet.

 

- du mercredi 8 au vendredi 10 juillet, Imaginer et raconter des histoires pour les tout-petits

    par Françoise Danjoux

Rue de Lorrène 3, 6810, Chiny . 300 € (hébergement et repas compris).  12 places disponibles.

Inos et inscription : 32 (0)61 32 07 56 ;  animation@conte.be

Conter aux très jeunes enfants demande une connaissance de la tradition orale et des différentes formes de récits adaptés à ce public spécifique : contes courts, premiers récits (comptines, jeux de doigts, enfantines, etc.), ainsi qu’un engagement dans leur interprétation.

  

                                                       Le cupide et l’envieux

 On dit « bête et méchant ».

Voici un petit récit moyenâgeux qui l’illustre à merveille.

 

Donc, nous avons Paul, le cupide et Pierre, l’envieux. Quel est le pire des deux ? A vous de philosopher pour en venir à bout.  Je les déteste pareillement.

Ainsi donc les voilà ce jour-là au marché du village occupés à dire du mal, à penser mal, à vivre mal. Lassés de toutes ces méchancetés réelles ou imaginaires, ils quittent ensemble la grand- place. Ils n’ont ni amis ni familles. Qui voudrait d’eux ? Même pas un chien galeux. Arrivés dans la rue du Bailly, ils tombent nez à museau avec un cavalier.

Celui-ci cherche son chemin. Ils se proposent pour le mener à bonne route.

Il y a toujours espoir de prendre quelques écus au manant, de gré ou de force.

L’homme n’est autre que St-Martin. Il a vite compris la manœuvre et se prend au jeu de tester leur bêtise autant que leur méchanceté.

-Je suis St-Martin. Je vais prendre sur la droite en direction de la chapelle.  Pour vous remercier de m’avoir guidé jusqu’ici, je donnerai à l’un ce qu’il veut et à l’autre le double.

L’un et l’autre restent sans voix, sans choix. Si l’un présente un souhait l’autre aura double ration. Ce n’est pas possible, ce n’est pas tenable. C’est proprement intolérable. Ils se taisent donc et baissent les yeux un long moment.

Enfin Paul se résigne à prendre la parole.

-Je ne peux ni ne veux demander argent ou richesse puisque l’autre aura le double.

Je demande donc de perdre un œil comme cela mon frère en perdra deux.

St-Martin accepte le souhait et fait donc l’un borgne et l’autre aveugle.

 Ils n’en retirèrent aucun des deux aucun profit.

 

 Réécriture de Michelle Troupin. De Jean Bodel, tiré de « Fabliaux et Contes du Moyen-Age » au Livre de Poche. Préface de Jean Joubert.  Nouvelle traduction, commentaires et notes de Jean-Claude Aubailly.

                                                                  Gremlins-machine

Des méchants, il y en a beaucoup dans les contes. Peut-être parce que chaque être humain comporte une part d’ombre. Faire le mal se découvre à tous les coins de rues, dans chaque foyer : un animal maltraité, un mari à la main leste, un enfant violent, un chef d’état invoquant « la restauration d’un empire territorial ».

Alors, pour souffler un peu, on décroche des médias et des réseaux sociaux.

Seul sont permis les chants d’oiseaux, les tulipes colorées, les pensées positives.

 

J’en suis là de ma réflexion quand j’arrive près de la maison.

Le nouvel ordinateur ! La nouvelle imprimante !

L’ancienne était parfaite mais décrétée obsolète par la « nouvelle fenêtre, en anglais bien sûr. » Promesse de trouvailles diverses, de stress fréquent, d’un nouveau secrétariat impeccable. C’est promis, tout sera parfait.

Je me gare sans me soucier de l’impatience masculine caractérisée.

Je rentre les bras chargés. Les chats sont tout excités. De nouvelles caisses donc de nouveaux jouets !

Ils y plongent alors que les fils y traînent encore. Oui, je suis de la génération des « fils », vieux relent du téléphone fixe, noir, posé dans le salon, sur un guéridon, sur un napperon en dentelles.

Mental training d’abord : « tout va bien se passer ».

Je monte l’ensemble. Au tour de l’imprimante, lourde, sombre, à l’air peu avenant.

J’aurais dû me méfier ! Dehors, le ciel s’assombrit, le tonnerre gronde, les éclairs fusent, l’engin grogne. Elle a fait sauter le wifi, elle a fait peur aux chats, elle a refusé de se soumettre, elle a promis de se syndiquer, elle a fait rater le barbecue. C’est sûr, c’est une figure diabolique technologique moderne.

Depuis, je prends mes précautions, je la salue matin et soir, m’inquiète de sa santé, m’intéresse à ses opinions. J’ai interdit aux chats de l’importuner.

Et dire, qu’il faudra bientôt changer les cartouches.

Elle a pris ses quartiers dans le salon. Plus moyen de lui échapper !

 

Moment vécu de et par Michelle Troupin.


 ?   Lorsque je raconte des histoires à mes enfants, peu importe que ce soit vrai ou pas, l’important est que je partage avec eux un moment joyeux et que je leur transmette une partie de ma vie, enjolivée ou pas. Saphia Azzeddine.

                              La longue chevauchée du sire de Chimay.

 

Jean de Croy est sire de Chimay. Maître des lieux, de tous gens, de toutes choses, de toute terre.

Il passe son temps à chasser. La traque, l’animal épuisé, à bout de force, c’est ce qui le fait vibrer.

Ce jour-là, la chasse se prolonge. Un grand cerf, un 12 cors touché, blessé s’enfuit.

Au loin, on voit son pelage ruisselant. On peut imaginer sa peur, on peut sentir sa détresse.

Il ne lâchera pas, c’est un vieux mâle, prêt à tout pour survivre. Jean de Croy le sait, le pressent. Ce sera un combat, un corps à corps, Jean face à la bête. C’est ce qu’il préfère.

Il renvoie piqueurs et veneurs. Il poursuit seul. D’abord le cerf tourne dans les campagnes avoisinantes. Jean, à sa suite, couche les blés les uns après les autres.

La dernière heure de la bête n’est pas loin.

Le soleil s’enfuit dans la nuit. Le cerf retrouve quelques forces, s’enfonce dans la forêt touffue. Jean le suit. Ils sont liés tous les deux par un pacte. A la vie, à la mort.

Qu’importe le prix à payer. Une lutte pareille vaut bien des champs ravagés, des cultures détruites.

Le cerf plonge enfin dans des ravines, des couloirs, des halliers. Jean n’arrive plus à le pister. Il descend de cheval. L’obscurité est profonde. Il sonne de la corne. Rien. Personne. L’écho lui répond. Il est perdu. Le temps passe. Soudain, des voix, des branches qui craquent. Jean est soulagé. Les paysans vont le ramener au château.

 Et que nenni !

Ces paysans-là, pour une fois, vont désobéir à l’ordre absolu. Ce seigneur qui saccage, jour après jour, leur travail, leur moisson, leur honneur mais qui sait réclamer l’impôt et l’obéissance. Ils s’emparent du crotté sire et l’emmène dans un puit profond abandonné.

-Tu croupiras là !

Chaque matin on descend une corde avec un pichet d’eau et un pain.

-Ta pitance pour la journée.

 

Jean se désespère. Il pense à sa femme, à sa famille. Il guette les bruits de la vie quotidienne. Un jet de lumière lui parvient par une faille dans la pierre, minuscule espace de clarté.

Les troupeaux qui passent, les rires des enfants, le chant des oiseaux, les cloches qui sonnent. Le temps se prélasse. Jean maigrit, il a faim. Il a froid. L’hiver s’invite tôt cette année-là.

On lui jette une légère couverture pour faire face à la bise glaciale et au gel glaçant.

 Jamais plus il ne songe à la chasse, à tuer, à meurtrir, à faire souffrir hommes et bêtes. Au printemps, la nature s’éveille.

Un petit berger vient faire paitre ses moutons à proximité. Pour s’amuser, il tire avec un arc. Une flèche vient se loger dans le petit creux lumineux. Jean attrape la flèche par un bout, l’enfant par l’autre. Le petit est terrifié lorsque Jean lui parle. Un puit abandonné qui s’adresse à lui.

-Va au château, dis à ma femme que j’ai survécu. Je suis prisonnier. Voici une pierre brodée de mon noble habit. Tu lui donneras. Elle le reconnaitra. Aide-moi et tu seras riche.

L’enfant va au château, donne la pierre à la dame. Elle sèche ses larmes. Elle appelle vassaux et chevaliers, nobles et bourgeois pour punir Couvin de l’horrible crime. On fait sortir Jean de sa prison de dessous la terre. IL a le cheveu blanc et l’âme calme.

De toutes manières, les gens de Couvin ont bien précisé qu’ils n’étaient au fait de quoi que ce soit.

Jean rentre chez lui, heureux et magnanime. Il a juste fait abattre le château de chasse. Plus jamais il n’a chassé. Il a préféré protéger la nature. D’ailleurs, on raconte aux alentours, qu’un vieux cerf à 12 cors a été aperçu sur sa pelouse l’année suivante.

 

Réécriture de Michelle Troupin. D’après « De bien curieux personnages in « contes et légendes d’Entre-Sambre-et-Meuse »   de Roger Foulon. Edition Paul Legrain.

 

Le Petit Poucet


Il était une fois un bucheron et une bucheronne.  Ils sont fort pauvres. Ils ont 7 garçons.  L’aîné a dix ans, le plus jeune, sept. On l'appelle le Petit Poucet.

Une année, la famine est si grande que ces pauvres gens décident de se défaire de leurs enfants.

Un soir que ces enfants sont couchés, le bûcheron dit à sa femme :

- Tu vois bien que nous ne pouvons plus nourrir nos enfants ; je ne saurais les voir mourir de faim devant mes yeux, et je suis résolu de les mener perdre demain au bois,

- Ah ! Pourrais-tu toi-même mener perdre tes enfants !

Son mari a beau lui présenter leur grande pauvreté, elle ne peut y consentir ; elle était pauvre, mais elle était leur mère. Cependant, elle finit par consentir.

Le Petit Poucet oit tout ce qu'ils disent. Il se lève de bon matin, et va au bord d'un ruisseau, où il emplit ses poches de petits cailloux blancs.

On part. Ils vont dans une forêt fort épaisse, où, à dix pas de distance, on ne se voit pas l'un l'autre.

Le bûcheron se met à couper du bois et ses enfants à faire des fagots.

Le père et la mère, les voyant occupés à travailler, s'éloignent d'eux insensiblement, et s'enfuient par un petit sentier détourné.

Lorsque ces enfants se voient seuls, ils se mettent à crier et à pleurer.

- Ne craignez point, mes frères ; mon père et ma mère nous ont laissés ici. Mais je vous ramènerai bien au logis : suivez-moi seulement.

Ils le suivent, il les mène jusqu'à leur maison.

Dans le moment que le bûcheron et la bûcheronne arrivent chez eux, le seigneur du village leur envoie dix écus, qu'il leur devait il y avait longtemps, et dont ils n'espéraient plus rien.

Le bûcheron envoie sur l'heure sa femme à la boucherie. Comme il y a longtemps qu'elle n'a pas mangé, elle achète trois fois plus de viande qu'il n'en faut pour le souper de deux personnes.

Lorsqu'ils sont rassasiés, la bûcheronne dit :

- Hélas ! où sont maintenant nos pauvres enfants ! Ils feraient bonne chère de ce qui nous reste là. Mais aussi Guillaume, c'est toi qui les as voulu perdre : j'avais bien dit que nous nous en repentirions. Que font-ils maintenant dans cette forêt ? Hélas ! mon Dieu, les loups les ont peut-être déjà mangés ! Tu es bien inhumain d'avoir perdu ainsi tes enfants !

Le bucheron la menace de la battre si elle ne se tait. Ce n'est pas que le bûcheron ne soit peut-être encore plus fâché que sa femme, mais c'est qu'elle lui rompt la tête, et qu'il est de l'humeur de beaucoup d'autres gens, qui aiment fort les femmes qui disent bien, mais qui trouvent très importunes celles qui ont toujours bien dit.

La bûcheronne est tout en pleurs.

- Hélas ! où sont maintenant mes enfants, mes pauvres enfants !

- Nous voilà ! nous voilà !

Elle court vite leur ouvrir la porte :

- Que je suis aise de vous revoir, mes chers enfants !

Ils se mettent à table, et mangent d'un appétit qui fait plaisir au père et à la mère.

Ces bonnes gens sont ravis de revoir leurs enfants avec eux, et cette joie dure tant que les dix écus durent.

Mais, lorsque l'argent est dépensé, ils retombent dans leur premier chagrin, et décident de les perdre encore.

Ils sont entendus par le Petit Poucet, qui fait son compte de sortir d'affaire comme il avait déjà fait ; mais il trouve la porte de la maison fermée à double tour.

Il ne sait que faire. Lorsque la bûcheronne leur ayant donné à chacun un morceau de pain pour leur déjeuner, il songe qu'il pourrait se servir de son pain au lieu de cailloux, il le serre donc dans sa poche.

Le père et la mère les mènent dans l'endroit de la forêt le plus épais et le plus obscur ; et, dès qu'ils y sont, les laissent là.

Le Petit Poucet ne s'en chagrine pas beaucoup, parce qu'il croit retrouver aisément son chemin, par le moyen de son pain qu'il avait semé partout où il avait passé ; mais il est bien surpris lorsqu'il ne peut en retrouver une seule miette : les oiseaux sont venus qui ont tout mangé.

Les voilà donc bien affligés ; car, plus ils marchent, plus ils s'égarent et s'enfoncent dans la forêt.

La nuit vient.  Ils croient n'entendre de tous côtés que les hurlements de loups qui viennent à eux pour les manger.

Il survient une grosse pluie, qui les perce jusqu'aux os ; ils glissent à chaque pas, et tombent dans la boue. Le Petit Poucet grimpe au haut d'un arbre, pour voir s'il ne découvrirait rien ; il voit une petite lueur comme d'une chandelle, mais qui est bien loin, par-delà la forêt.

Ils arrivent enfin à la maison. Ils heurtent à la porte, et une bonne femme vient leur ouvrir.

Le Petit Poucet lui dit qu'ils étaient de pauvres enfants qui se sont perdus dans la forêt, et qui demandent à coucher par charité.

Cette femme, les voyant tous si jolis, se met à pleurer, et leur dit :

- Hélas ! mes pauvres enfants, où êtes-vous venus ? Savez-vous bien que c'est ici la maison d'un Ogre qui mange les petits enfants ?
- Hélas ! madame, lui répondit le Petit Poucet, que ferons-nous ? Il est bien sûr que les loups de la forêt ne manqueront pas de nous manger cette nuit si vous ne voulez pas nous retirer chez vous, et, cela étant, nous aimons mieux que ce soit Monsieur qui nous mange ; peut-être qu'il aura pitié de nous si vous vouliez bien l'en prier.

La femme de l'Ogre, qui croit qu'elle pourrait les cacher à son mari jusqu'au lendemain matin, les laisse entrer, et les mène se chauffer auprès d'un bon feu.

L'Ogre revient. Aussitôt sa femme les fait cacher sous le lit, et va ouvrir la porte.

L'Ogre demande d'abord si le souper est prêt, et si on a tiré du vin, et aussitôt se met à table.

Le mouton est encore tout sanglant, mais il ne lui en semble que meilleur. Il flaire à droite et à gauche, disant qu'il sentait la chair fraîche.

- Il faut, lui dit sa femme, que ce soit ce veau que je viens d'habiller, que vous sentez.
- Je sens la chair fraîche, te dis-je encore une fois, reprend l'Ogre, en regardant sa femme de travers, et il y a ici quelque chose que je n'entends pas.

- Ah ! dit-il, voilà donc comme tu veux me tromper, maudite femme ! Je ne sais à quoi il tient que je ne te mange aussi : bien t'en prend d'être une vieille bête. Voilà du gibier qui me vient bien à propos pour traiter trois ogres de mes amis, qui doivent me venir voir ces jours-ci.

Il les tire de dessous le lit, l'un après l'autre. Les pauvres enfants se mettent à genoux, en lui demandant pardon ; mais ils ont affaire au plus cruel de tous les ogres, qui, bien loin d'avoir de la pitié, les dévore déjà des yeux.

Il va prendre un grand couteau Il en a déjà empoigné un enfant, lorsque sa femme lui dit :

- Que voulez-vous faire à l'heure qu'il est ? N'aurez-vous pas assez de temps demain.
- Tu as raison, dit l'Ogre : donne-leur bien à souper, afin qu'ils ne maigrissent pas, et va les mener coucher.

La bonne femme est ravie de joie, et leur porte bien à souper ; mais ils ne peuvent manger, tant ils sont saisis de peur.

Pour l'Ogre, il se remet à boire, ravi d'avoir de quoi si bien régaler ses amis. Il boit une douzaine de coups de plus qu'à l'ordinaire : ce qui lui donne un peu dans la tête, et l'oblige de s'aller coucher.

L'Ogre a sept filles, qui ne sont encore que des enfants. Elles ne sont pas encore fort méchantes mais elles promettent beaucoup, car elles mordent déjà les petits enfants pour en sucer le sang.

Elles sont toutes sept dans un grand lit, ayant chacune une couronne d'or sur la tête. Il y a dans la même chambre un autre lit de la même grandeur : c’est dans ce lit que la femme de l'Ogre met coucher les sept petits garçons ; après quoi, elle s'en va coucher auprès de son mari.

Le Petit Poucet, prenant les bonnets de ses frères et le sien, va tout doucement les mettre sur la tête des sept filles de l'Ogre, après leur avoir ôté leurs couronnes d'or, qu'il met sur la tête de ses frères et sur la sienne.

L’Ogre s’éveille.

- Allons voir, dit-il, comment se portent nos petits drôles.

L'Ogre sent les couronnes d'or :

- Vraiment, dit-il, j'allais faire là un bel ouvrage ; je vois bien que je bus trop hier au soir.

Il va ensuite au lit de ses filles, où, ayant senti les petits bonnets des garçons :

- Ah ! les voilà, dit-il, nos gaillards ; travaillons hardiment. En disant ces mots il coupe la gorge à ses sept filles. Fort content de cette expédition, il va se recoucher auprès de sa femme.

Aussitôt que le Petit Poucet entend ronfler l'Ogre, il réveille ses frères, et leur dit de s'habiller promptement et de le suivre.

Ils descendent doucement dans le jardin et sautent par-dessus les murailles. Ils courent presque toute la nuit, toujours en tremblant, et sans savoir où ils vont.

L'Ogre, s'étant éveillé, dit à sa femme :

- Va-t'en là-haut habiller ces petits drôles d'hier au soir.

L'Ogresse aperçoit ses sept filles égorgées et nageant dans leur sang.

Elle commence par s'évanouir. L'Ogre voit l’affreux spectacle.

- Ah ! qu'ai-je fait là ? s'écrie-t-il. Ils me le payeront, les malheureux, et tout à l'heure.

Il jette aussitôt une potée d'eau dans le nez de sa femme ; et, l'ayant fait revenir :

- Donne-moi vite mes bottes de sept lieues, lui dit-il, afin que j'aille les attraper.

Il se met en campagne, et, après avoir couru bien loin de tous les côtés, enfin il entre dans le chemin où marchent ces pauvres enfants, qui ne sont plus qu'à cent pas du logis de leur père.

Le Petit Poucet, qui voit un rocher creux proche du lieu où ils sont, y fait cacher ses six frères et s'y fourre aussi, regardant toujours ce que l'Ogre deviendrait.

L'Ogre, qui n’en peut plus de fatigue, s'endort.  Le Petit Poucet, s'étant approché de l'Ogre, lui tire doucement ses bottes, et les met aussitôt. Les bottes sont fort grandes et fort larges ; mais, comme elles sont fées, elles ont le don de s'agrandir et de s'apetisser selon la jambe de celui qui les chausse ; de sorte qu'elles se trouvent aussi justes à ses pieds et à ses jambes que si elles avaient été faites pour lui.

Il va droit à la maison de l'Ogre, où il trouve sa femme qui pleure auprès de ses filles égorgées.

- Votre mari, lui dit le Petit Poucet, est en grand danger : car il a été pris par une troupe de voleurs, qui ont juré de le tuer s'il ne leur donne tout son or et tout son argent. Dans le moment qu'ils lui tenaient le poignard sur la gorge, il m'a aperçu et m'a prié de vous venir avertir de l'état où il est, et de vous dire de me donner tout ce qu'il a de vaillant, sans en rien retenir, parce qu'autrement ils le tueront sans miséricorde. Comme la chose presse beaucoup il a voulu que je prisse ses bottes de sept lieues que voilà, pour faire diligence, et aussi afin que vous ne croyiez pas que je sois un affronteur.

La bonne femme, fort effrayée, lui donne aussitôt tout ce qu'elle a.

Il y a bien des gens qui ne demeurent pas d'accord de cette dernière circonstance, et qui prétendent que le Petit Poucet n'a jamais fait ce vol à l’Ogre ; qu'à la vérité il n'avait pas conscience de lui prendre ses bottes de sept lieues, parce que l’Ogre ne s'en servait que pour courir après les petits enfants.

Ces gens-là assurent le savoir de bonne part, et même pour avoir bu et mangé dans la maison du bûcheron. D’après eux, le Petit Poucet chausse les bottes de l'Ogre, va à la cour, où on est fort en peine d'une armée qui est à deux cents lieues de là, et du succès d'une bataille qu'on y a donnée.

Il va, disent-ils, trouver le roi et lui dit que, s'il le souhaite, il lui rapporterait des nouvelles de l'armée avant la fin du jour.

Petit Poucet rapporte des nouvelles, dès le soir même ; et, cette première course l'ayant fait connaître, il gagne tout ce qu'il veut ; car le roi le paie parfaitement bien pour porter ses ordres à l'armée.

Après avoir fait pendant quelque temps le métier de courrier, et y avoir amassé beaucoup de bien, il revient chez son père, où il n'est pas possible d'imaginer la joie qu'on a de le revoir.

Il met toute la famille à son aise. Il achète des offices de nouvelle création pour son père et pour ses frères ; et par là il les établit tous, et fait parfaitement bien sa cour en même temps.

 

M-Cl Desmette d’après Le Petit Poucet, de Charles Pessault in Contes des Fées, Livre Club du Libraire, 1657.

Le Petit Poucet de Charles Perrault est l’un des nombreux contes ATU700.  Bien des versions l’ont précédé. Je vois son apport dans une réécriture minutieuse et réaliste. Les personnages ont plusieurs facettes. Il ajoute ses réflexions.  Je vous conseillerais volontiers la lecture du texte intégral.  Et pourquoi pas en langue originale, facile comprendre. « Il estoit une fois … »

(Je vous rappelle que le règlement de la Poste nous impose des textes originaux ou des « d’après » et non la copie intégrale)


Le conte et quelques méchants

                                                                                                            M-Cl Desmette                                                                                                                           


Petite période glaciaire

Peut-on considérer comme méchant, le gel qui a anéanti toutes les récoltes pendant plusieurs années sous le règne de Louis XIV ?  Provoquant ainsi de sévères famines.

Le Père des enfants

Au lieu d’avouer que la nourriture partagée en deux sera plus abondante que partagée en neuf, le père parle de son chagrin à voir mourir ses enfants.  Au lieu de les tuer lui-même, il en charge les loups. Il menace sa femme de la battre si elle ne lui obéit pas.

Les Loups

Actuellement, on professe que les loups craignent les humains et s’en écartent.  Mais la famine était pour eux aussi.  Comment réagit un loup affamé ?

L’ogre

Gourmand de chair fraîche.  Ivrogne.  Tueur d’enfants. Les filles se sont-elles réveillées ?  Débattues ?

Y a-t-il encore actuellement de vrais ogres ?  Ou les enfants ont-ils à craindre les pédophiles de toutes sortes ?  La réponse est oui, hélas.

Les 7 filles de l’Ogre

Elles mangent de la chair fraîche comme leur père.  Elles mordaient les petits enfants pour en sucer le sang. J’ai entendu dire que dans les crèches, il fallait faire attention à ce que les enfants ne se mordent pas entre eux. 

L’alcool

Si l’Ogre n’avait pas été si saoul, il ne se serait pas obstiné à vouloir tuer les gamins le soir même.

En plein jour, il aurait reconnu ses filles et ne les aurait pas tuées.

La femme de l’ogre

Elle est, comme la mère des enfants, incapable de s’opposer aux volontés de l’ogre, son mari.

Et les femmes de nos pédophiles qui ferment les yeux ?

Poucet tueur ?

Poucet a-t-il voulu la mort des filles de l’Ogre ? Il en a au moins pris le risque.

Poucet escroc

Il use de son charme pour baratiner la femme de l’ogre, lui mentir et lui voler l’argent du ménage.

Le Roi

Il se contente de déclarer la guerre et d’envoyer les autres se faire tuer.  De provoquer séparations, destructions, blessures, deuils.

La société tout entière

Il y en aurait gros à dire et je n’ai quasi plus de place. J’épingle le patriarcat.

La différence entre les riches et les pauvres devant les aléas de la vie et particulièrement la famine.


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