lundi 1 février 2021

Mensuel Février 2021 / N°338


 

Mensuel de diffusion d’informations sur l’oralité,

les conteurs et les raconteurs.

février 2021 – N°338

 

P 912122 Bureau de dépôt LIEGE 1–4000  

Editeur responsable: Marie-Claire Desmette, av. E. Ysaÿe, 32/224  4053 Embourg

 

Au sommaire, ce mois-ci:

- Des vœux

- Un mois, des contes

- Nouvelles du monde du conte, ….

- Spectacles – Formations

- 4 articles  – 6 contes et extraits

 



 

                                                                                                                         Voir aussi p. 6.

In memoriam                                           Martine TOLLET

 J’hésite devant les mots qui vont suivre, car ils me sont douloureux. On a beau dire qu’il est naturel de laisser là son corps, un jour ou l’autre, et de partir je ne sais où, quand cela arrive à l’un des nôtres on ne peut s’empêcher de souffrir, de trouver cela stupéfiant, voire scandaleux. Notre amie Martine Tollet est morte brutalement, ce 30 décembre 2020, au dernier jour de notre stage d’hiver. C’est à n’y pas croire, mais c’est ainsi. Plus de mots échangés, plus de timbre de voix, plus de chaleur vivante, plus de tranquille ordinaire. Martine, tout à coup, n’est plus présente que dans nos mémoires.

C’est là maintenant qu’il faut la garder au chaud. (extraits)   Henri Gougaud

Martine Tollet a étudié les arts du spectacle à l’INSAS, en Belgique. 

Elle a travaillé en radio et en télévision à la RTBF comme scénariste et réalisatrice de formes courtes.

Elle s’est installée à Paris en 2001 pour se consacrer entièrement à la littérature orale, et y a ouvert un lieu: L’Atelier de la Parole et fondé une association: L'Oeil de la Source.

Elle a débuté en Belgique où elle a animé dans les années 90 un cabaret-conte à « La fleur en Papier Doré» à Bruxelles. 

Longtemps proche de l’enseignement d’Henri Gougaud, elle a aussi collaboré étroitement avec Bruno de La Salle au sein du Clio.

Elle a animé également à Paris depuis plus de quinze ans son atelier de pratique du conte un week-end par mois.

Outre des grands récits accompagnés de toiles peintes, dont elle s’est fait une spécialité, Martine aime raconter des contes merveilleux et plus particulièrement des contes d’Europe de l’Est, du Caucase et d’Asie Centrale. 

Elle a raconté un peu partout en France, mais aussi en Pologne, au Québec, en Belgique, en Mauritanie.

Martine racontait en solo ou accompagnée par des musiciens et des chanteurs.

Elle a publié, entre autres, « Plumage de corbeaux, contes, rêves et jeu archétype.


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UN MOIS, DES CONTES A LA BIBLIOTHEQUE DE FLORENVILLE

 


Le saviez-vous ?

La bibliothèque de Florenville, en partenariat avec l’Asbl Chiny Cité des contes, abrite un Fonds spécialisé « contes » très étoffé. Des albums, recueils, anthologies, théories du conte, quelques revues, des CD,… destinés aux adultes comme aux enfants. Une collection riche de près de 1900 ouvrages, l’une des plus importantes en Communauté française. La diversité des ouvrages permettra par exemple d’alimenter la hotte d’un conteur, d’animer un après-midi récréatif, de servir le travail d’un étudiant, d’animer une journée auprès des aînés, de nourrir l’imaginaire avant d’aller dormir.

Chaque mois de cette année 2021, nous vous proposerons une sélection de 4 ouvrages.


FEVRIER : CONTEURS QUEBECOIS A L’HONNEUR

 RECUEILS : La baleine d’Aubert, contes et récits du Québec, Marc Laberge. Paris, Editions Trois-Pistoles, 2005. On retrouve la verve de Marc Laberge pour transmettre ces histoires qui témoignent d’une société où l’oralité tenait un grand rôle. Illustré de photographies en noir et blanc.

 Contes traditionnels du Québec, Jocelyn Bérubé, Alexis Roy et autres . Montréal, Planète rebelle, 2002. A travers ces contes emplis d’amour et d’humour, l’auteur nous plonge dans le passé de son village redonnant couleur et vie aux images.

 Carnet d’une jeune conteuse, un regard sur les recruteurs d’imaginaire, Renée Robitaille . Montréal, Planète rebelle, 2003. Le parcours et le regard d’une conteuse qui compte au Québec !

 CD : Dans mon village, il y a belle Lurette, Fred Pellerin. Valence, Ouï-dire éditions, 2014. Des conteurs d’aujourd’hui rappellent à travers ces 8 récits traditionnels l’époque ou chaque village du Québec avait son « diseur de menteries » ou de « vérités revues ».

 Infos : Bibliothèque : rue de l’Eglise, 13 – 6820 Florenville

061/ 32 03 40 - www.bibliotheque-florenville.be bibliotheque.locale.florenville@province.luxembourg.be

 Encore des vœux, ils sont toujours bons à prendre, nous avons besoin de toutes les forces positives.

Voeux

 

Bonjour, bonne semaine, bon mois,... La Martinique partage ses rayons de soleil.

AMI vœux d'une Belle année 2021 !

J'ai laissé partir 2020 qui n'aura pas été un bon cru, particulièrement pour la culture et l'art.

Nous sommes là et avons beaucoup appris de cette année spéciale.

Je dis Merci à chacun et chacune pour la réalisation - ensemble - de nos actions.

Bienvenue en 2021 !

C'est un nouveau défi pour vivre nos rêves, atteindre nos objectifs respectifs. Rêvons !

Avançons sans oublier que sur les gens sur qui nous marchons quand nous montons, ce sont les mêmes que nous rencontrons quand nous descendons. Et, il n'est pas nécessaire d'essayer d'éteindre la lumière de l'autre en pensant que ça ferait mieux briller la tienne.

Je suis mon chemin. Energies !  2021 sera une Belle année, c'est décidé !

Je vous souhaite ce que je me souhaite : Donner et recevoir juste assez de ce qui m'est nécessaire pour être heureux chaque jour. Valer'EGOUY (voir plus loin)

 

Bonjour les amis du conte,
Une très bonne année 2021 à vous tous, que celle-ci soit meilleure que 2020 (ce qui ne devrait pas être trop difficile, du moins nous l’espérons ;) ) et remplie de beaux moments de partage !
Nous espérons surtout vous revoir bientôt en chair et en os, autours de belles histoires et un bon feu de bois.
Gros bisou de l'an nouveau, Benoit & Jessy

 

Bonjour aux personnes que je ne " vois" pas sur facebook. Je vous présente mes meilleurs vœux pour 2021. Un peu d'espoir, un peu de chance, beaucoup de joies, mille petits bonheurs, une manne de projet et une énorme bulle de santé. Bisous virtuels et au plaisir de vous revoirMichelle.

 

Nos meilleurs vœux pour 2021 …. Une année de vrais contes en direct, sans masque ni pour les spectateurs ni pour le conteur que vous pourrez écouter serrés les uns contre les autres, sans crainte, à moins d’1,5 m , dans la chaleur humaine réconfortante et bienveillante. Voici nos vœux pour cette année 2021.

Malheureusement, le grand monstre Covid ne nous laisse pas encore tranquilles mais le chevalier vaccin ne tardera pas à nous sortir de ce mauvais pas! D’ici là, nous essayons de faire preuve d’imagination pour vous proposer des activités aménagées.  Bonjour à toutes et tous, Philippe Noël

 

2021, Ça va commencer !

Quoi ? Une nouvelle décennie

Ah bon ! On va avoir du nouveau ?

Quel nouveau ? Comment ?

Du nouveau comme avant ? NON.

Pour 2021, je vous souhaite, je nous souhaite.

De l’eau qui coule en chantant,

De l’air à aspirer sans entrave, à plein poumons,

Une terre avec des vers de terre,

Des forêts naissantes (comestibles, urbaines, primaires, en muraille verte, en haies ou en jardin),

Des feux de joie avec nous toutes/tous dansant autour,

De la musique sur les places de village,

Des galettes aux plantes sauvages,

Des embrassades,

Des artistes à tous les coins de rue,

Des visages,

Un retour du vivant,

Avec des mammifères (et nous dedans !),

Des oiseaux,

Des poissons,

Des papillons,

Et d’autres vivants rampant, volant, galopant, dormant, sautant, butinant, …

Je rêve….

Mais on dit que « la rêverie vagabonde est nécessaire à une bonne hygiène de vie, à l’équilibre de l’homme dans la bourrasque quotidienne » (Bernard Pivot)

Bonne année                                       Paule


J'en profite pour souhaiter à  chacun et chacune

une très bonne année 2021

riche en surprises (un peu),

en belles rencontres (beaucoup)

en merveilleuses émotions (passionnément)

et en contes (à la folie). Jean-Claude Van Assche

 

Gardez-vous tous en bonne santé.  Et même dans l’adversité  gardez le moral. faites ce qui vous fait du bien. Espérons nous revoir rapidement pour à  nouveau avoir de vrais contacts.  En attendant soyez heureux, profitez de vos proches . Soutenons nous  en cette période troublée et n’ayons pas peur de nous contacter. on ne dérange jamais quand on a besoin de parler. cela arrive à  tous. 

Gros bisous désinfecté  à  toutes et tous. Pascale Pezzotti

 Souhaiter à tous … ce que vous voulez, Monique Ortmans

 Pas de bonne année cette année.

Quand on voit le bordel de l’an dernier, je vais faire dans la sobriété.
Et vous souhaiter la santé, l’amour et/ou l’amitié, avoir assez à manger et de la musique à écouter.
Des visites vous vous garderez et la foule vous fuirez.
Un masque vous porterez et vos mains vous laverez.
Ce n’est qu’au prix de ces pénibilités que l’an prochain vous serez.
Joyeux Noël et que passe vite l’année.

Bonne année 2021 et bien du courage pour ce qui nous attend au tournant. Sylvianne


Au plaisir de nous revoir très bientôt dans la vraie vie. Christian Schaubroeck

Bonjour amies et amis,

J'attendais que les spectacles reprennent pour vous en donner quelques nouvelles, comme de coutume. Mais de spectacles, il n'y en a pas. C'est calme plat sur horizon dégagé.
Du coup je me suis penché sur cette actualité empêcheuse de conter en rond, sur la vie qui nous fait des misères, et puis sur la comédie humaine pour rigoler un peu et s'émouvoir ensemble.
Je vous souhaite la patience de l'antirouille pour garder un moral d'acier à travers cette période corrosive (proverbe tout frais pondu pour vous, hé hé). Que ce petit mot soit un baume apaisant.
Serrons nous fort, au moins de cœur à cœur à défaut de contact plus tangible, comme les poignées de mains, les accolades ou les bisous de quand on était petits, l'année passée. Vous vous souvenez ?
Que l'année nouvelle vous soit bonne.  Serge Valentin, conteur.

 

Bises, et pour 2021... Solidarité, Résistance, Amour

... Des trucs sur lesquels nous avons le pouvoir.. (comme celui de réfléchir et d'éteindre la TV :-)

Amitiés, Catherine Caillaud,

 

Voici 2020, une année où finalement on se rend compte que malgré la situation sanitaire nous avons pu redécouvrir notre région grâce à de belles balades contées , (ré)écouter la radio  avec une nouvelle émission "Raconte & Nous" , imaginer l'après-Covid et le plaisir de vous retrouver plus beaux, plus forts et plus motivés que jamais  pour partager ensemble de belles histoires sur le chemin de l'imaginaire.  L'équipe de la Maison du Conte de Charleroi vous souhaite une année 2021 optimiste 

 

Que 2021 vous sourie de toutes ses dents,

Que 2021 guérisse vos maux et vos tourments,

Que 2021 vous apporte ces petits bonheurs, si précieux, pour être tout simplement heureux.  Joëlle Lartelier.                                                                                

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Nouvelles du monde du conte, des arts vivants, de la politique, des projets…

 

·      Valer'EGOUY nous a envoyé ses vœux de la Martinique.  Voici des liens où nous pouvons l’entendre

Mobile :  +596 696 455 150

http://www.valeregouy.com ---http://www.associationmartiniqueimages.com

https://www.youtube.com/watch?v=x66bD4z4qOM

https://www.youtube.com/watch?v=j9xWYh3VBIU&feature=youtu.be 

https://www.youtube.com/watch?v=bYg1fO0OAn8&index=2&list=PLndVmqmPG3OKYC8FGKX-aCBJU4fzTBVUH

 

·      J'ai relevé le défi lancé par France Bleu Occitanie.

Se balader dans la région, de contes en légendes, sous forme dialoguée et en 2minutes 30.. Si vous souriez..tant mieux. Actuellement, 3 capsules.  D’autres sont en préparation. Catherine Caillaud

C'est une petite exploration , hors de ma zone de confort...  https://youtu.be/Wk615N0wrpg

https://www.francebleu.fr/culture/patrimoine/cinq-contes-et-legendes-d-occitanie-1608736052

 

?For there is always light, if only we’re brave enough to see it. If only we’re brave enough to be it. Amanda Gorman

·      Des représentations à la Montagne Magique. Plusieurs représentations annoncées en adoptant le cadres des règlementations s’appliquant aux stages culturels pour enfants de moins de 12 ans.  Strictement sans les parents.  40 enfants séparés par bulle, par représentation

 

·      Still Standing pour la culture. Bruxelles. Place de la Monnaie, ce samedi 16 janvier. Les artistes dénoncent le black-out de la Culture. A quelques mètres de la rue Neuve, temple de la consommation, sur la place de la Monnaie, emblématique d’une certaine Révolution, les artistes s’asseyent devant les marches de l’Opéra. La neige tombe. Il fait froid. Soudain, une voix raconte, une autre chante, des corps dansent, rappent, une trompette résonne, des paroles dénoncent. Pourquoi cette inégalité de traitement ? Les droits culturels sont niés, bafoués. Et si les magasins fermaient deux jours semaine laissant place à l’ouverture des lieux culturels ? Parmi les intervenant.e.s, des artistes de toutes disciplines et aussi Christine Mahy, de la Plateforme citoyenne contre la Pauvreté ainsi qu’une infirmière de ‘Santé en lutte’. Elles appellent à la solidarité de tous les secteurs pour que vivent l’éducation permanente, la culture, le spectacles vivant. La trompette résonne. David Murgia clôture ‘Produire, Consommer’ - Consommer, Produire.. ils nous faut une autre alternative sinon… on va crever. Il fait froid mais j’ai l’impression que le cœur de Bruxelles et des participant.e.s s’est réchauffé pour combien de temps ? Des perspectives vont-elles s’ouvrir enfin ? Bernadette Heinrich, conteuse.

 

·      Le 20 janvier, la commission des affaires sociales de la Chambre commence l’examen du statut d’artiste.  Parmi de nombreuses propositions : le sortir de l’Onem., qui va être concerné, à quelles conditions le financement.

 

·     Le 22 janvier, Comité National de Concertation. Perspectives ? Le 5 février, un nouveau Comité de Concertation examinera si les chiffres s’améliorent.  Si c’est le cas, la culture pourrait avoir de meilleures nouvelles, à partir du 13 février.  « Le printemps sera …artistique. » Nicholas Christakis (médecin américain)

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.Message important à nos amis conteurs et organisateurs de spectacle

 

·      Envoyez-nous vos informations avant le 14 du mois précédant la publication,

·      un mois plus tôt pour les formations,

·      complètes et lisibles,

·      par poste à Marie-Claire Desmette, av. Eugène Ysaÿe, 32/224  4053 Embourg.  Tel : 04/367.27.06.

·      ou par courriel à maisonconteparole.liege@gmail.com                                         

·    Ne comptez pas sur les organisateurs de spectacle. Envoyez-nous vous-mêmes vos infos.

 

Idéalement, vos informations comportent:

organisateur,                           titre,                        genre d'activité,                       artiste(s),

date et heure,                           lieu,                        prix,                                       public cible,                       coordonnées pour infos et réservations,                           max. deux lignes de commentaire

N.B. Aucune mention tout en majuscules, svp.

C'est vous qui nous envoyez vos informations.

Veuillez ne pas les noyer dans une mise en page compliquée Epargnez-nous les recherches, l'exploration.

         Merci d'épargner notre travail bénévole_

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Spectacles

 

Les activités en « présentiel » suivant l’évolution de la situation sanitaire et les décisions du CNC

 

 

Centre culturel de Philippeville

Du bout des lèvres par Ria carbonez

 

quand ? le 5 février à 19h                                      où ? Les Halles, Phlippeville

combien ? 8/4/1,25€                                              

infos, réservations : 071/66.23.01 ; secretariat@culture-philippeville.be

Des origines de l’homme et de la femme, à la découverte de leur intimité.  Une plongée érotico-afro-disiaque empreinte de sensibilité.

 

Maison du Conte de Charleroi

Raconte & Nous

 

- le 8 février de 18 à 19h, rediffusion le dimanche de 13h à 14h.

Raconte & Nous vous parlera d'amour... toujours, en contes, en poèmes et en musique 

 

- le 22 février, de 18 à 19h, rediffusion le dimanche de 13h à 14h.

Raconte & Nous se parera des couleurs du Carnaval  

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ou ? Buzz Radio via votre ordinateur sur www.buzzradio.be ou sur 94.3 & 97.8 FM
Envie de (ré)écouter nos émissions précédentes ?  C'est possible en podcast sur http://www.buzzradio.be/podcasts/

infos : nicole.maisonducontecharleroi@gmail.com     www.contecharleroi.be Aussi sur Facebook !

 

Maison du Conte de Namur

 

- le 10 février à 20h30, Contes du dixième jour. Adultes, ados.3€

      En cas de confinement, conte chuchoté par téléphone. 0489/933.548.

 

- le 20 février à 20h30,  Choc … olala par Thérèse Mansion et Karine Moers. Adultes, ados, 10€.

      Blanc ou noir, fourré d’amandes ou de noisettes, sous la couette, le chocolat à savourer en petits morceaux et en mots.

 

- le 27 février à 15h, Poucet va semant, Samba va devant, par Jacinthe Mazzochetti et Julie Renson

      Adultes, ados, 8€.

      Conférence contée sur les chemins de l’exil.  Réalités migratoires dans la société actuelle et dans les contes de partout.  Soutien du Service Cohésion Sociale de la Ville de Namur.

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où ? Maison du Conte de Namur, 170/2, rue des Brasseurs, 5000 Namur

infos, réservation : 0489/933.548 ; maisonduconte.namur@gmail.cpm  www.maisonducontenamur.be

 

Maison du Conte et de la Parole de Liège-Verviers asbl 

                                                      

Contes d’amour avec

Yves Deplass, Selle de Vos, Cécile Didelot, Maria Estalayo, Régis Fabro et Michelle Troupin

 

quand ? le 12 février 2021 à 20h                          où ? chez vous, où vous voulez

combien ? gratuit                                                     animation : Belgazou                                         

réservation obligatoire pour obtenir le lien: reservationmaisonconteliege@gmail.com

infos : Laure Cech: 0497/61.51.05; Cécile Didelot: 0476/65.37.83

04/367.27.06 ;  0476 65 37 83 ;  www.maisonduconteliege.be Facebook

A deux jours de la Saint Valentin, pour la fête des amoureux, notre scène ouverte vous offre des contes d’amour.  Chez vous, en toute sécurité.

 

Conte en Balade                                                                                                                      Mots et merveilles

A nos amours par Muriel Durant, Geneviève Thulliez et Christian Pourtois accordéoniste

 

quand ? le14 février – 1ier  départ à 17h / 2ième  départ à 19h       où ?l'Hectolitre, Rue de l'Hectolitre 3, 1000 Bruxelles
combien ? libre (prix suggéré : 7€)                                               pour qui ? A partir de 10 ans

Réservation indispensable : info@conteenbalade.be / 0497 78 20 75. infos :  www.conteenbalade.be

2021, année de l’amour à distance ou en confinement ultra-rapproché ? Premiers balbutiements sentimentaux ou amours au long cours, les passions ne cessent d’être réinventées.

 

Formation – atelier

 

 

La Maison du Conte et de la Littérature en Brabant wallon

 

Le corps en expansion atelier avec Csilla Kemenczei et Vi Indigaïa le 13 février

                                                                                             Christine Horman et Vi Indigaïa le 14 février

 

quand ? les 13 et 14 février, de 9h30 à 18h          où ? Les Bruyères, Avenue des Arts, 11 - 1348 Louvain-La-Neuve

combien ? 160 euros

infos, réservation : 010/81 41 47 ; reservations@conteetlitterature.be

Exploration du corps autour des figures de Frida Kahlo, Mélusine et autres corps blessés.

 

Collecteur de terrain, ré-écrivain

Henri Pourrat

 


Henri Pourrat, né à Ambert le 7 mai 1887 et mort dans la même commune le 16 juillet 1959, Ayant recueilli la littérature orale de l'Auvergne, il est l'auteur de contes, romans et essais concernant cette région.

Etudiant en agronomie à Paris, atteint par la tuberculose, il doit se résigner à quitter la capitale pour retrouver un climat, jugé plus sain pour ses bronches et s'astreindre à une hygiène de vie rigoureuse. Il retourne donc à Ambert, et après une année 1905/6 particulièrement difficile où « le sort hésite entre la vie et la mort », la thérapeutique suivie donne des résultats prometteurs.

Dès 1911, Henri Pourrat commence à collecter les contes. .  . La dernière décennie de sa vie est presque entièrement consacrée à ce qu'il considère comme son œuvre maîtresse, Le Trésor des contes, ,       . Il se servait pour cela de la littérature orale de l'Auvergne, qu'il avait recueillie pendant des décennies, suivant les conseils d'Arnold van Gennep.

Les plus de mille contes et treize volumes du Trésor des contes constituent le plus grand recueil de contes au monde. Recueillis en Auvergne, ces contes ont une source commune à de nombreux pays sur tous les continents, l'inconscient collectif et une portée universelle.

L’œuvre de Pourrat a été traduite en anglais, allemand, espagnol, japonais, tchèque, slovaque et slovène. Des étudiants ont mené des travaux de niveau licence à thèse d'État au Canada, aux États-Unis, au Portugal, en Suisse, en Italie, en Belgique, en Irlande, au Japon, ou encore à Hawaï.

Pourrat le dit lui-même dans sa préface, le conte recueilli et recopié tel quel manque de la présence physique du conteur et de tous ses éléments significatifs: expressions du visage, intonations de la voix, gestes, déplacements, silences.  Pour pallier ce manque, il réécrit ses textes collectés.

 

D’après l’introduction de Bernadette Bricout in Le Trésor des Contes , Henri Pourrat,  Le Grand Livre du Mois, 2009.


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L’actualité littéraire mais pas que, m’amène à choisir un thème grave, qui a inspiré beaucoup de contes : l’inceste.  En voici quelques-uns.  Nous possédons un dossier sur ce sujet.  Il vous sera envoyé en pièce jointe sur simple demande à maisonconteparole.liege@gmail.com 

Marion, Peau d’ânon, la version d’Henri Pourrat se trouve p. 9.

 

Myrrha et Cinyras

 

Dans la mythologie grecque, Myrrha est la fille de Cinyras (roi de Chypre). Cinyras veut marier sa fille, mais celle-ci est en fait éprise de lui en secret. Elle tentera de mettre fin à ses jours affligée par la honte de cet amour interdit.

Avec l’aide de sa nourrice elle réussit à rejoindre le lit paternel. Après plusieurs nuits, Cinyras découvre avec effroi le visage de sa propre fille et il veut la tuer. Myrrha, enceinte de son père, court, abandonnée à elle-même dans les bois pendant neuf lunes où elle implore les Dieux de la bannir du monde des vivants et de celui des morts. Les dieux écoutent sa prière et la transforment en arbre à myrrhe. La myrrhe serait ses larmes lors de sa transformation en arbre. Myrrha accouche d’Adonis par une fente de son écorce. Par la suite, Adonis deviendra un dieu symbolisant la mort et le renouveau de la nature, avant d’être métamorphosé à son tour…

 

D’après les Métamorphoses d’Ovide.  Envoi de Marino.

 

Sainte Dymphe

       

Il y était une fois, en Irlande, un roi païen puissant, qui avait épousé une très-belle dame qu’il aimait passionnément. Ils ont une fille aussi belle que sa mère, nommée Dipne (Dymphe) qui se fait chrétienne, décide de vivre vierge.
La reine étant morte, le roi veut se remarier. Il jette les yeux sur sa propre fille, aucune autre femme ne lui parait aussi belle. Il lui fait, pour la séduire, toutes sortes de caresses et lui promet tout ce qu'elle pourrait désirer, si elle veut le prendre pour époux. Dipne répond qu'elle ne consentira jamais à un tel inceste. Le roi s’entête et déclare a sa fille qu'elle serait sa femme, bon gré mal gré. La jeune fille effrayée demande quarante jours de délai, et se recommande à Notre-Seigneur.

            La fin des quarante jours approche. Dipne consulte un saint prêtre irlandais nommé Gerbern, Le prêtre lui conseille de gagner du temps, afin de trouver moyen de s'enfuir, et s'offre de l'accompagner. Elle dit donc à son père qu'avant de l'épouser elle désire, pour se parer le jour de son mariage, plusieurs joyaux précieux, qu'elle croit impossibles a trouver, et promet de lui donner sa main aussitôt qu'il aura rassemblé ce qu'elle voulait. Le roi fait partir sur-le-champ des hommes de confiance à la recherche de ce qu'exigeait sa fille ; car il en est de plus en plus éperdument amoureux.
            Elle est au désespoir quand une occasion de s'enfuir se présente. Dipne s'embarque secrètement avec le prêtre Gerbern, ils arrivèrent à Anvers. De là, ils prennent des chemins écartés, se font bâtir à quelques lieues une cabane dans un petit bois, où ils vivent seuls et inconnus.
            Le roi apprend qu'elle s'est évadée. Il entre en fureur, s'embarque aussitôt.

Après l'avoir cherchée quelque temps en vain, il arrive à Anvers, où il séjourne, pendant que ses gens furètent dans le pays. Certains de ses serviteurs ayant dîné dans un village, payent l'aubergiste en monnaie d'Irlande. L'aubergiste leur dit qu'il avait déjà reçu tout récemment de cette même monnaie. Ils lui demandent qui la lui avait donnée. Cet homme répond que c'est une belle demoiselle étrangère, qui vit tout près de là avec un prêtre. On va annoncer au roi cette découverte.  A l’endroit indiqué, il y trouve sa fille. Il la prie de tenir enfin la promesse qu'elle lui avait faite de l'épouser. Gerbern fait des reproches au roi et veut le convaincre de n’en rien faire. Les gens du roi l’emmènent dehors et le tuent. Le prince trouve sa fille rebelle à ses volontés, son père furieux lui coupe la tête. Après quoi il va se pendre.
            On fête sainte Dipne le 15 de mai. On conserve ses reliques à Cambrai, à Saintes et à Ghèle en Brabant, où le P. Ribadénéira dit que les anges enterrèrent son corps dans un beau tombeau de marbre.

 

D’après l'Histoires des Saints et de la Sainteté chrétienne, tome IV, p. 35, De 605 à 814. Sous la direction de Pierre Riché, Professeurs d'Histoires médiévale à l'Université Paris X – Nanterre.  Hachette 1986.


 

Le roman de la belle Hélène de Constantinople

 

Antoine, empereur de Constantinople, épouse la nièce du pape.  Elle est très belle.  Elle meurt en donnant naissance à Hélène.  Pour consoler l'enfant, le père la prend dans son lit.  Au bout d'un temps, il veut épouser sa fille.  Il menace le pape et obtient sa permission.  Hélène s'enfuit avec la collaboration de sa nourrice, qui est brûlée vive.  Hélène  erre pendant longtemps, sous la protection d'un marin.  Son père la poursuit.  Hélène épouse le roi d'Angleterre dont elle a des jumeaux: Martin, qui deviendra Saint Martin, et Brice, qui sera le père de Saint Brice. Le roi part en croisade.  La mère du roi hait sa belle-fille.  Hélène est sauvée du bûcher, elle s'enfuit.   S'ensuivent des aventures compliquées.  Elle finit par être retrouvée par son mari et par son père revenu à de meilleurs sentiments.  Elle retrouve ses enfants.

 

D’après un long poème d'un auteur inconnu mis en prose par Jean Wauquelin pour le Duc de Bourgogne. 

Bernard Ribémont, « Jean Wauquelin, La Belle Hélène de Constantinople. Mise en prose d’une chanson de geste », Cahiers de recherches médiévales et humanistes,  2002.   Il existe également des études critiques de Marie-Claude de Crécy et de Claude Roussel


 

Peau d’âne

 

Mourante, une reine se fait promettre par le roi de ne prendre pour nouvelle épouse qu'une femme plus belle et mieux faite qu'elle. Après la mort de celle-ci, le roi accablé de tristesse dit à sa fille qu'il ne veut plus jamais la revoir. Le temps passe et le roi se voit dans l'obligation de se remarier pour faire un héritier. Ne manquant pas à sa promesse, il se met à chercher sa future reine, seulement aucune des femmes du royaume n'est assez belle pour qu'il puisse l'épouser. La seule personne capable de rivaliser avec la beauté de sa défunte femme n'est autre que sa propre fille, et le roi la demande en mariage.

Pour échapper à cette union incestueuse et sur les conseils de sa marraine, la princesse demande à son père par trois fois, pour sa dot, des robes irréalisables : elle demande d'abord une robe couleur de temps, puis une robe couleur de lune et enfin une robe couleur de soleil. Mais contre toute attente, il parvient toujours à les lui offrir. Elle lui demande alors de sacrifier son âne qui produit des écus d'or en guise de crottin, son plus précieux trésor, et le roi s'exécute. La princesse s'enfuit alors du château, revêtue de la peau de l'âne. Elle emporte avec elle sa toilette et ses plus belles robes.

Peau d'âne s'installe dans un petit village d'un royaume voisin et travaille comme souillon, vivant dans une simple cabane. Le prince d’un autre royaume, vient en visite au village, en se promenant arrive à sa maison et la voit, parée de sa robe couleur soleil. Ébloui par sa beauté, il en tombe amoureux et rentrant au palais se meurt d'amour. Il demande alors que Peau d'âne lui fasse un gâteau. En faisant la pâte du gâteau, elle laisse échapper sa bague dedans sans s'en rendre compte. Le prince, manquant de s'étouffer avec celle-ci, demande immédiatement que toutes les femmes et demoiselles du pays, de la plus noble à la plus humble, viennent essayer la bague au château. Aucune ne peut passer cette dernière. On fait alors venir Peau d'âne au château. Son doigt entre dans la bague, sa peau d'âne tombe et laisse apparaître sa plus belle robe. Le prince peut alors l'épouser, les fêtes pour leurs noces durent trois mois et laissent tous les plus grands princes du monde entier défiler.

Son père invité également, se rend compte de son erreur et demande pardon à sa fille, lui donnant sa bénédiction pour son mariage et sa nouvelle vie de reine.

 

D’après Peau d’Ane de Charles Perrault, sur Wickipédia, envoi de Roger Janssens.

 

(extraits de Peau d’Ane, in Pierre Saintyves, Bouquins, Robert Laffont, 1987.

Il trouva mesme un cauiste qui jugea que le cas se pouvoit proposer.

Mais la jeune princesse, triste d’ouïr parler d’un tel amour se lamenttoit et pleuroit tout le jour.

 

La princesse, admirant ce merveilleux habit, estoit à consentir presque délibérée.

 

Il en avoit banni tout amour criminel  de cette odieuse flâme, le peu qui restoit dans son ame, n’en rendoit que plus vif son amour paternel.


 

Version Grimm (extraits)

 


— Je veux épouser ma fille, car elle est le vivant portrait de ma femme morte, et je ne trouve nulle part une fiancée qui lui ressemble.

Ces paroles effrayèrent les conseillers.

— Dieu, dirent-ils, a défendu que le père épouse sa fille. D’un péché il ne peut rien sortir de bon. Le royaume s’en irait en ruine.

 

Lorsque la jeune fille apprit ce qu’avait résolu son père, elle fut prise de terreur

 

Peau de Pou (extraits)

 

Un empereur dont la femme était morte conçoit la détestable idée d’épouser sa propre fille.  Celle-ci y est fermement opposée et demande l’aide de sa nourrice. 

Sur le conseil de la nourrice, la princesse consent au mariage.

Le soir des noces, en entrant dans la chambre nuptiale, la princesse demande à son père de la laisser seule dehors un moment.  L’empereur se méfie.  La princesse se lie une corde à la main gauche et donne l’autre bout à l’empereur.  Il n’aura qu’à tirer si elle ne revient pas assez vite à son gré.  Dehors, la princesse et la nourrice attachent un vieux bouc à la corde. 

L’empereur est impatient, il tire sur la corde, le bouc tire aussi.  L’empereur va à la porte et le bouc se jette sur lui.  L’empereur appelle ses gens, dont la nourrice, donne l’ordre de tuer le bouc.  La nourrice se met à glapir :

- « Tu vois ce que tu as fait ?  Dieu te punit pour cette alliance coupable.  Il a changé ta fille en bouc cornu. »

 

D’après La fille de l’empereur dans la porcherie, extraits de Contes roumains, d’Arthur et Albert Schott, traduit de l’allemand par Denis Modigliani, Editions G.P. Maisonneuve et Larose, Paris, 1982. 


 

Marion Peau d'Anon

 


Il était une fois un roi qui avait une reine gente et claire.  Ils ont une fille, tout le portrait de sa mère.

Juste avant les 15 ans de la princesse, la reine tombe malade.  Sur son lit de mort, elle pense à sa fille qui aura une marâtre et fait promettre au roi de n'épouser qu'une femme qui lui ressemble.  Elle meurt.

Désespoir du roi.  Après 2 ans, le roi décide de se remarier.

- "J'ai juré devant témoin de n'épouser qu'une femme qui ressemblera à la reine.  Seule ma fille lui ressemble, je vais donc l'épouser."

La pauvrette va trouver sa marraine, qui habite un château de l'autre côté du champ.

- "Ton père est fou.  Essaie de le tenir en patience.  Demande-lui une robe couleur de temps."

- "Mon père, avant que les noces se fassent, je veux une robe couleur de temps."

Les gens du roi confectionnent une robe couleur de temps.

La princesse va retrouver sa marraine.

- "Demande-lui une robe couleur d'étoile."

- "Mon père, avant que les noces se fassent, je veux une robe couleur d'étoile."

Une robe couleur d'étoile.  Feignant d'être ravie, la princesse est catastrophée, elle retourne chez sa marraine.

- "Demande-lui une robe couleur de soleil."

Une robe couleur de soleil.  Retour chez la marraine.

- "Cette fois, tu dois t'en aller.  Prends un ânon qui portera tes bagages.  Demande à un domestique de le ferrer à l'envers.  Voilà une bourse d'écus et dépêche-toi."

La princesse part par les bois.  Le roi la fait chercher partout mais on ne la trouve pas grâce aux fers à l'envers.

La princesse se nourrit de faînes et de noisettes, elle boit l'eau des fontaines, s'inquiète de ce qu'elle deviendra.

Le pauvre ânon est tombé mort.  Les habits de la princesse sont en loques.  Elle n'ose pas mettre ses belles robes.  Avec son petit couteau, elle écorche l'ânon, se couvre de sa peau.  Elle arrive dans un autre pays.  Elle arrive à une métairie.

- "N'auriez-vous pas besoin d'une servante ?  Je m'appelle Marion."

- "J'ai une ribambelle d'enfants et tout l'ouvrage de la ferme.  Mais vous êtes une demoiselle."

- "Je donnerai à manger aux cochons, ne me repoussez pas."

Marion fait bien la besogne, de façon gaie et gentille.

- "Vous travaillez bien.  Combien voulez-vous gagner par an ?"

- "24 écus par an. »

- « Ce sont de bons gages et je mettrai quelque chose en plus tellement vous travaillez bien."

Sous sa peau d'ânon, elle vit là.  Elle fait le travail de la ferme, s'occupe aussi des enfants qui l'adorent.

Un jour, la fermière veut aller à la ville.

- "Marion Peau d'Anon, veille sur les enfants.  Empêche-les d'aller vers la mare.  Garde-les dans ta chambre."

Plus d'argent dans sa bourse, son mari a dû y puiser.

- "Je voulais acheter des bonnets de laine rouge pour les enfants !"  Marion va dans sa chambre à l'allée des chênes, en revient avec une poignée d'écus.

Toute la journée, elle s'occupe des enfants.  Les voilà couchés et elle est libre de son temps, va dans sa chambre.

Le fils du roi voit la lumière, voit une belle fille vêtue d'une robe couleur de temps.

La métayère revient avec ses achats et des biscuits au sucre rose.

A la fin de l'hiver, la fermière veut aller acheter des petits cochons.  Plus d'argent dans sa bourse.  Marion lui donne des écus.

Comme l'autre fois, Marion s'est occupée des enfants, s'est retirée dans sa chambre, a mis sa robe couleur d'étoile.

Le fils du roi la voit. – "Il n'y a pas plus belle en France."

Il rentre chez lui.

- "Mère, je veux me marier.  Je veux épouser Marion Peau d'Anon."

- "C'est de la folie.  Tu veux nous déshonorer ?"

- "Ce sera elle ou personne."

- "Ce n'est pas possible.

Le prince se retire dans sa chambre, tombe malade.  Un médecin est appelé.

- "Il a le mal d'amour, il faut le marier."

Le lendemain, le roi est allé à la métairie.

- "Où est votre domestique, mon fils veut l'épouser."

La fermière va chercher Marion, qui vient en sabots, habillée pour le gros ouvrage.

- "Voulez-vous épouser mon fils ?"

- "Moi, Marion Peau d'Anon !  Si j'étais une demoiselle !"

- "Mon fils vous veut.  Peut-il venir demain avec sa mère."

- "Je ne peux pas l'en empêcher."  Elle aurait pu s'enfuir mais n'y pense pas.  Peut-être a-t-elle vu le prince dans l'allée des chênes ?

Le lendemain, arrivent la reine et le prince.

- Acceptez-vous mon fils en mariage ?"

- "Mais, Madame, je ne suis qu'une domestique."

- "Les domestiques sont bien, tout comme les autres."

En elle-même, elle soupire.  Songe qu'elle est bien, cette Marion Peau d'Anon, elle parle bien.  La reine est à la fois triste, et contente de voir revivre son fils.  Le fils du roi ne voit que ses yeux clairs, plus clairs que le jour.

- "Demain, je viendrai vous quérir."

A la métairie, tout le monde est désolé de la perdre, surtout les enfants.

Le lendemain, arrive le prince.

- "Vous n'avez pas besoin de bagages, vous trouverez tout à la cour."  Elle s'en va comme elle est, toute sale, vêtue de grosse toile et par-dessus la peau d'ânon.

La veille des noces, elle demande à retourner à la métairie.  Elle apporte des cadeaux pour tout le monde.  Elle met sa robe couleur de soleil.

De belles noces.  Sans même savoir qu'elle était princesse, le roi a fait de la dépense, invité des seigneurs et même le père de Marion, sans le savoir.

Autour de cette fille de roi, les choses se remettent en place.  le père lui ouvre les bras:

- "Tu t'es sauvée et cachée sous la peau d'ânon.  Moi aussi, j'ai changé de peau.  J'avais rêvé.  Et maintenant, les robes que je t'ai fait faire t'ont amené le destin qu'il fallait.  Te voilà habillée de soleil."

 

D'après Marion Peau d'Anon, de Henri Pourrat, in Le Trésor des contes Livre III.


 

Comparaisons – réflexions

 

En comparant les contes publiés et évoqués ici, et encore d’autres, j’y relève des constantes.

Le père se justifie.  Même après un rappel de la prohibition de l’inceste, il n’y a pas d’opposition frontale au projet du père.  Parfois il y a approbation.  La fille est mal à l’aise, malheureuse ou terrorisée.  Elle cherche de l’aide et en trouve auprès d’une fée ou plus souvent sa nourrice.  Les manœuvres dilatoires sont inopérantes.  La seule solution est la fuite.  La fille vit courageusement de grandes difficultés.  Elle connaît un véritable amour.  Le père est puni ou revient à de meilleurs sentiments.  Dans aucun cas, l’inceste n’est consommé.

Quoiqu’en disent Perrault et La Fontaine, Peau d’Ane (et les contes de ce type) ne sont pas des historiettes plaisantes à écouter mais des drames investis dans la réalité.

Ces contes sont utiles.  Ils préconisent de chercher du secours et avertissent : votre parcours sera difficile.  Ils disent aussi qu’on peut en sortir et vivre un véritable amour. 

 

Actualité

 


Le code pénal belge ne parle pas d’inceste.  Il  y est question d’attentat à la pudeur et de viol.  Circonstances aggravantes si la victime est mineure.  Circonstances aggravantes si le coupable a autorité sur la victime.

 

La parution du livre de Camille Kouchner, « La Familia Grande », a provoqué des réactions en cascade : démissions, limogeage.  La création d’un compte «Metooinceste » inondé de messages.

 

La psychiatre, Muriel Salmona se veut optimiste.  Le mur du silence et tout le silence qui l’entretient se lézarde enfin.  L’inceste est répandu dans tous les milieux familiaux et sociaux.  En Europe, une femme sur 5 et un homme sur 13 disent avoir subi des violences sexuelles dans l’enfance et pour moitié, ces sévices ont lieu dans le cadre familial.

Le père ou le tenant-lieu de père se justifie par l’esthétisme, la liberté, le progrès.  On a longtemps dit que c’était la victime, qui par son comportement, fabriquait l’agresseur. (Nous voilà au mythe de Myrrha et Cinyras).

Il faut qu’on protège les victimes, qu’on les écoute, qu’on les soigne à la hauteur du préjudice subi.

 

Dans Léna, le supplément du Soir du 17 janvier 2021, un entretien croisé de Camille Kouchner, auteur de La Familia Grande, et Andréa Bescond, réalisatrice du film « Les Chatouilles » nous plongent dans l’univers, dans la vie des victimes.  Toutes les deux ont eu le courage de briser le lourd silence des années plus tard, faisant fi du tabou, de l’omerta et du regard redoutable de leur propre mère.

Toutes les deux ont été aidées par leur mari.

 

Si nous comparons la réalité aux contes, nous retrouvons la justification, le manque d’opposition.  Mais la réalité est plus dure.  Le recours naturel, qui devrait être évident, la mère, n’est pas une aide mais une ennemie.  L’inceste, hélas, est consommé et à de nombreuses reprises. 


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Pour finir avec ce dont nous avons le plus besoin

L’espoir

                                                                                 © Dominique Brynaert

Les temps étaient durs. Très durs.

Tempêtes, grêle, inondations, chaleurs extrêmes, insectes ravageurs étaient le lot de malheurs répétés pour tous ceux qui cultivaient leur lopin de terre.

Dans un petit village vivaient deux paysans dont les champs étaient voisins.

Dans le premier champ ne poussaient plus que chiendent, orties, ronces. Son propriétaire, défait, avait fini par ranger ses outils et ne se fatiguait plus qu’à se plaindre.

Dans le second champ, la terre continuait à être bêchée et les sillons gardaient leur alignement, même si la bonne fortune tournait le dos à celui qui s'obstinait à semer.

Rien ne se récoltait et tout effort semblait inutile.

Le premier paysan qui délaissait son champ ne manquait jamais de moquer le second paysan qui, à ses yeux, s’échinait en vain.

Un jour de canicule, sur la place du village, alors que le soleil brûlait à nouveau tout espoir de récolte, le premier paysan interpella publiquement le second.

·      Quel idiot fais-tu ! Tu uses tes forces et ta vie pour rien. Tu sèmes encore et toujours. Mais ta terre est une épouse stérile et tu fermes ta raison devant sa triste impossibilité à te combler. Ni blé, ni orge, ni houblon.  Il n’y poussera plus rien. Acceptes-en l’augure.

Un long silence s'installa après cette harangue. Chaque villageois attendait la réponse du second paysan.

Alors, celui que l’on savait aussi taciturne qu'obstiné prit enfin le temps de la parole.

·      Je n’ai certes aucune emprise sur la fureur du vent, sur les colères du ciel, sur la démesure du soleil, et bien peu sur la voracité des insectes. Mais je sais que ma terre est bonne et généreuse. J’ai vu mon père, et avant lui son père, recevoir ses dons.

Hier, c'est, en observant mes aïeux rire de l’abondance ou pleurer sur une misère passagère, que j’ai choisi de mettre mes pas dans les leurs.

Aujourd’hui, c’est en me voyant cultiver cette même terre, tandis qu’elle est en souffrance, que mes enfants peuvent décider de poser leurs pas dans les miens. Pas nécessairement avec la volonté de faire le même métier que moi.  Ce n’est pas la continuité qui est importante, mais l’exemple.

Comme moi, ils rencontreront dans leur vie des obstacles, des moments de solitude, des envies d’abandonner, mais s’ils gardent dans un coin de leur esprit l’idée d’un futur possible, même dans l'adversité, alors ma sueur aura été utile.

Tu me dis idiot. Mais qui est idiot ?  Est-celui qui sourit en imaginant la prochaine récolte ? Ou est-ce celui qui ne cesse de pleurer sur lui-même ?

Tu crois que je sème du blé, de l’orge, ou du houblon ?

Tu te trompes.

Ce que je sème, c’est de l’espoir.  

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L’Arbre à Palabres n° 13, Magazine indépendant de la forêt, 9ième année, Version bilingue français-néerlandais.  Des textes de tous genres, contes, poèmes, illustrations, textes difficilement classables.  De quoi satisfaire bien des lecteurs.

Abonnement 4 numéros : 20€ Belgique ; 24€ hors Belgique. 060/39.91.99. info@madamtout.be

 

 

Quelques lignes à propos de « La Grande Oreille », ce beau trimestriel sur et à propos du monde du conte. Le dernier numéro en date (n°82 - novembre 2020) s’intitule « Femmes en récits ». Il s’agit d’un best of consacré aux femmes avec une série d’articles et de récits déjà publiés mais pas que !

Comme d’habitude, une série (une quinzaine) de contes sur les femmes (sorcières, guerrières, etc…) font partie de ce magnifique magazine. Belle (re) découverte et bonne lecture !

Pour s’abonner : www.lagrandeoreille.com                           Marie-Noëlle HERBIET (Marino)

P.S. : Marie-Claire se désole de n’avoir jamais vu revenir les numéros gentiment prêtés par elle lors des veillées.

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